El Fassi seul candidat à  la succession d’El Fassi ?

Abdelouahed El Fassi part avec deux avantages de taille : il est le fils du fondateur de l’Istiqlal et jouit d’une grande popularité. Sa candidature pourrait souffrir d’une «tare» : il s’appelle El Fassi et manque de charisme.

«Nous serons prêts pour la fin du mois. Ce sera un peu difficile mais nous allons y arriver». Au comité préparatoire du XVIe congrès de l’Istiqlal, l’heure est plutôt à l’optimisme. Cela bien que le parti n’ait pas encore tenu l’essentiel des 70 congrès régionaux qui vont désigner les futures congressistes. Pour le reste, les textes de base que doit discuter et adopter le congrès sont prêts. Reste une inconnue : qui succédera à Abbas El Fassi, à la tête du parti depuis février 1998.

Pour le moment seul Abdelouahed El Fassi, fils du fondateur et beau-frère du secrétaire général sortant, a manifesté (non offciellement) son intention de briguer le poste. «Il en parle dans presque toutes les réunions auxquelles il prend part», affirme Abdeljabbar Rachdi, président de la commission de la pensée, de la culture et de l’information issue du comité préparatoire. D’autres candidats potentiels ?

«Personne n’est assez fou pour se jeter déjà à l’eau. Il va se faire massacrer bien avant le jour du congrès», confie une source très au fait des rivalités au sein du parti. Si Abdelouahed El Fassi a annoncé sa candidature sans craindre d’être malmené c’est, confie une source du comité exécutif, parce qu’il jouit d’une grande estime au sein du parti. C’est d’abord le fils du fondateur, c’est un grand avantage. En plus, sa popularité est telle qu’il a toujours recueilli le plus grand nombre de voix lors de l’élection des membres du comité exécutif. C’est donc le candidat consensuel indiqué. Sauf que sa candidature présente deux défauts : il est de la famille El Fassi et sa désignation au poste pourrait nuire à l’image d’un parti ouvert que l’Istiqlal tente de donner de lui. Son deuxième point faible c’est qu’il manque de charisme, selon les Istiqlaliens mêmes. Toutefois, rien n’est encore joué. La tradition veut que les prétendants au poste ne se manifestent qu’à la dernière minute. Elle veut également que le secrétaire général fasse l’objet d’un consensus. «L’Istiqlal est comme une grande famille, les décisions importantes font l’objet d’un consensus. Cela n’empêche toutefois pas que les mécanismes de la démocratie soient actionnés et respectés», affirme Abdeljabbar Rachdi.

En d’autres termes, il se peut que le conseil de la présidence impose, comme c’est le cas au dernier congrès, son propre choix que le congrès sera tenu de valider. Sauf que les temps ont changé et les Istiqlaliens aspirent au changement. A tous les niveaux.