Driss Lachgar : « Les urnes vont sanctionner les coalitions contre-nature »

Pour le premier secrétaire de l’USFP, la Koutla est de l’histoire ancienne. Le parti fonde beaucoup d’espoir sur les prochaines élections.

On ne peut pas dire que le Premier secrétaire de l’USFP fait toujours l’unanimité, que ce soit au sein du parti ou en dehors. Cela dit, beaucoup lui reconnaissent ses prises de positions, certes atypiques, mais en tout cas franches et sans langue de bois. Driss Lachgar nous livre, en exclusivité, ses réflexions et analyses sur le paysage politique au Maroc, ses appréciations du gouvernement actuel et de la majorité, de l’alliance avec l’Istiqlal…

Pour commencer, comment se porte l’USFP et le champ politique de manière générale ?
Je peux dire que la politique revient sur la scène au Maroc. A une certaine époque, les Marocains se sont désintéressés voire ont démissionné de l’action et de la chose politique. Bizarrement, le fait déclencheur pourrait être l’engagement du Maroc dans le processus démocratique à travers l’avènement du premier gouvernement d’alternance (le gouvernement Youssoufi). En effet, la grande famille de gauche, notamment l’USFP, s’est retrouvée aux commandes, laissant un grand vide dans l’opposition. Et comme la nature a horreur du vide, l’opposition a été investie par des formations qui ont une conception spéciale de la politique. Certains partis mélangent le caritatif, l’associatif, le religieux… Ce mélange des genres était à l’origine d’une régression de l’action politique dont nous n’avons malheureusement pas pris conscience à temps car nous étions pris dans la gestion des affaires de l’Etat.

Quand vous dites «nous», vous parlez de l’USFP ou de la gauche en général ?
Je parle des partis progressistes et modernistes.

Mais il y a eu d’autres partis qui sont arrivés entre temps et qui ont occupé le paysage…
Ils ont essayé à leur manière et avec leur propre conception de la politique.

Il n’y avait pas que les partis à connotation religieuse dont vous parlez. Le PAM a lui aussi fait son apparition à cette époque…
Il y a une partie des acteurs politiques qui avaient estimé à tort que la gauche et particulièrement l’USFP avait vieilli et ne pouvait plus proposer un projet de société viable (alternative au projet conservateur) et encore moins le défendre et fédérer autour de lui. Ces acteurs ont estimé qu’il fallait une nouvelle formation politique capable de relever ce défi.
C’est pour cela d’ailleurs que j’avais combattu la genèse de cette formation. Beaucoup d’ailleurs considéraient à l’époque que l’USFP était bel et bien finie mais qu’on pouvait récupérer ses structures, ses militants, ses ténors pour faire un nouveau parti fort, le PAM en l’occurrence. Ce n’est pas un hasard si des contacts intenses avaient été établis avec beaucoup d’anciens de l’USFP. J’ai refusé ce schéma et l’Histoire m’a donné raison. Le PAM ne peut pas se construire une légitimité au détriment de la légitimité d’autres partis.

Beaucoup pourtant pensent que si l’USFP a régressé, c’est à cause de grosses erreurs comme par exemple le fait d’avoir déserté l’université alors que c’est de là que la parti tirait sa force dans les années 70 et même 80…
Très vrai. D’ailleurs, la jeunesse du parti, la Chabiba, qui était presque entièrement constituée d’étudiants, était pendant longtemps le bras principal de l’USFP. Quand Abderrahim Bouabid voulait organiser des meetings, c’est la Chabiba qui s’occupait de tout, depuis la logistique jusqu’à la mobilisation et l’encadrement des militants. Cela a toujours été le cas pendant des années. Mais malheureusement les luttes intestines, les animosités et la course aux postes ont détruit tout cela et nous ont fait oublier les fondamentaux et délaisser les bases. Beaucoup de cadres et de jeunes ont quitté le parti. C’est pour cela d’ailleurs que la reconstruction du parti, et cela a été bien spécifié dans ma plateforme initiale que j’ai présentée pour ma candidature au IXe congrès, passe obligatoirement par sa jeunesse. Et c’est pour cela aussi que depuis mon élection en tant que Premier secrétaire, je tiens à être personnellement présent dans toutes les rencontres qu’organise la jeunesse sans exception.

Certains analystes expliquent aussi la régression de l’USFP par deux éléments. Le premier est que, depuis l’alternance, beaucoup de militants ont quitté le parti, notamment des noms connus, des personnes influentes dans leurs régions, des sympathisants et autres. Le second facteur est que l’USFP n’a plus de positionnement clair et distingué dans le paysage partisan. Tantôt vous êtes à gauche, tantôt avec des partis conservateurs. Finalement, on ne sait plus où positionner l’USFP…
Au sujet de cette logique selon laquelle l’USFP est toujours partante pour être dans la majorité au gouvernement indépendamment de la couleur, je vous rappelle tout de même que l’USFP est le seul parti de la Koutla qui a refusé de se joindre à la majorité du PJD. Nous avons décidé d’aller dans l’opposition parce que nous considérons que nous sommes aux antipodes du PJD. Notre projet de société, notre système de valeurs et notre histoire sont tout le contraire de ceux du PJD. Pour ce qui est des militants qui nous ont quittés ou du vote sanction des électeurs, cela n’est pas le propre de l’USFP. L’être humain est par nature enclin au changement. A titre d’exemple, en Espagne, après le départ de Franco, les socialistes ont pris le pouvoir et ont accompli une véritable révolution. Mais cela n’a pas empêché les électeurs de les sanctionner en votant pour la droite. C’est une des lois de la nature. Et je dirai que l’invention la plus fabuleuse des démocraties occidentales a été cette notion d’alternance. Il est vrai que la logique des choses aurait voulu que
l’USFP cède sa place après le gouvernement de Youssoufi. Cela a fait débat au sein du parti. Certains étaient pour le fait de rester, d’autres pour quitter et, de la manière la plus démocratique, la décision a été prise pour prendre part au gouvernement Jettou.

Vous estimez que c’était là une des plus grosses erreurs de l’USFP ?
Non. Je ne considère pas cela comme étant une erreur. La décision de rester dans la majorité avait des avantages et des inconvénients. Le gouvernement qui a succédé à celui de Youssoufi a permis de réaliser de grandes avancées. Mais quand, plus tard, les électeurs nous ont sévèrement sanctionnés, puisqu’on a été classé 5e aux élections après avoir été premiers 5 ans plutôt,
l’USFP n’aurait pas dû prendre part au gouvernement mené par Abbas El Fassi. Là, en revanche, c’était une erreur.

Pourtant cela ne vous a pas empêché, vous personnellement, d’accepter d’être ministre dans ce gouvernement…
J’y ai pris part, en effet, et je considère que c’était une grande chance pour moi de pouvoir le faire. J’ai vécu toute l’ébullition qui a précédé le 20 février et cela m’a permis aussi de vivre et participer aux grandes mutations de la société marocaine qui ont mené à la nouvelle Constitution de 2011 puis aux élections anticipées la même année. Je peux vous dire que de mon poste au ministère chargé des relations avec le Parlement, j’ai pu contribuer à faire passer en un temps record -quelques semaines à peine- des textes de loi qui ont préparé le terrain aux élections de novembre 2011. Je peux vous assurer que l’exercice n’est pas du tout facile car il s’agissait de demander aux élus de voter des lois en vertu desquelles ils allaient écourter leur mandat pour revenir aux urnes. Je vous fais remarquer par la même occasion que l’actuel gouvernement est là depuis plus de deux ans et n’arrive toujours pas à sortir les lois organiques qui doivent traduire la nouvelle Constitution.

Certains considèrent que c’est tout simplement de l’opportunisme politique de la part de Driss Lachguar, ni plus ni moins…
Oui, on peut parler d’opportunisme mais de la part du parti et uniquement pour le parti, pas pour ma personne. D’ailleurs, je vous rappelle que je n’en ai tiré aucun avantage personnel puisque je n’ai pas cherché à avoir un poste au niveau communal. Aujourd’hui et avec du recul, j’estime que nous avons fait le bon choix.

On croyait que la Koutla était de l’histoire ancienne. Mais voilà que vous vous remettez avec l’Istiqlal. C’est une Koutla bis ?
Officiellement, et en vertu des décisions des instances de l’USFP, la Koutla n’existe plus. Dans le communiqué qui a suivi notre VIIIe Congrès, il est dit explicitement que le parti gelait toute activité dans le cadre de la Koutla. Par la suite, aucun des communiqués officiels émanant de nos instances ne fait mention de la Koutla. Pour nous, c’est une affaire classée. Cela dit, nous avons toujours tenu à rappeler que l’USFP restait ouvert sur toutes les forces politiques progressistes et démocratiques et l’avons exprimé de façon officielle. Notre récent rapprochement avec nos amis de l’Istiqlal n’a strictement rien à voir avec la Koutla.

Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, l’Istiqlal est plus de droite que de gauche. Comment pouvons-nous expliquer aux Marocains une telle alliance ?
Je ne suis pas d’accord avec vous. Aujourd’hui, l’Istiqlal partage avec nous les mêmes positions sur l’abolition de la peine de mort, par exemple, ou sur la question de l’avortement.

Oui, mais le référentiel de l’Istiqlal est historiquement conservateur et religieux…
L’Istiqlal s’est profondément métamorphosé. J’assiste personnellement à des rencontres de l’Istiqlal et je peux vous assurer que les cadres, les militants et les membres de leurs instances portent des idées très progressistes, très modernistes qui n’ont rien à envier aux positions de partis de gauche. Aujourd’hui, nous savons tous où se trouvent les forces conservatrices. Ce qui est sûr, c’est que l’Istiqlal n’en est pas une.

Peut-on dire sans se tromper que l’USFP et l’Istiqlal forment un bloc de centre ?
Oui, on peut considérer qu’il s’agit bien d’une coalition de centre-gauche. Avec un parti de gauche (l’USFP) et un parti du centre (l’Istiqlal).

Mais alors, dans un souci de clarifier le paysage politique, si l’on considère que le PJD constitue la droite, et votre coalition avec l’Istiqlal le centre-gauche ; qui peut-on mettre dans la gauche ? Le PPS par exemple ? Et où positionnez-vous un parti comme le PAM ?
Pour commencer, il faut dire les choses comme elles sont pour ce qui est du paysage politique. Aujourd’hui, il y a un parti conservateur et que je qualifie de rétrograde qui mène une coalition où on trouve, entre autres, un ancien parti de gauche (en l’occurrence le PPS) et le RNI dont l’historique est bien connu de tous. Les expériences à travers le monde ont toutes démontré que tous les partis non islamistes qui se sont alliés avec des partis islamistes finissent par s’écrouler. On l’a vu en Turquie et en Iran, à titre d’exemple.

Vous semblez donc pronostiquer la disparition de ces partis ?
Je me pose simplement des questions. Que proposera le PPS à ses électeurs dans deux ou trois ans ? Si l’expérience actuelle réussit, les électeurs vont récompenser le chef de file, à savoir le PJD. Pour le RNI, même si la situation est légèrement meilleure car on peut considérer qu’il est plus venu en «sauveur» et qu’il peut donc défendre son bilan sur cette base surtout que le parti s’appuie beaucoup sur des notables, il sera lui aussi sanctionné par rapport à son entrée dans une coalition contre-nature. En effet, comment peut-on faire oublier à l’opinion publique toutes les insultes et accusations que se sont échangées durant des mois le RNI et le PJD et qui ont été d’une rare virulence sur la scène politique marocaine ? Les Marocains ne sont pas bêtes et je pense que les urnes vont sanctionner tout cela au prochain scrutin.

Et l’USFP dans tout cela ?
A l’USFP, nous sommes en train de construire une alliance que nous considérons comme étant très cohérente avec l’Istiqlal, un parti avec qui nous partageons une partie de notre histoire de militantisme pour la défense de la nation et la lutte pour la démocratisation du pays.

Pourtant le bilan de l’alternance n’est pas en votre faveur et les électeurs vous ont bien sanctionnés lors des législatives de 2011…
Il y a quelques années, en effet, beaucoup considéraient le bilan de l’alternance comme étant négatif. Mais aujourd’hui, on regarde ce bilan avec beaucoup de respect et demain les électeurs pourront le comparer avec le bilan d’une nouvelle expérience. Ce sera le bilan de l’USFP et de ses alliés. Pour nous, donc, il était très logique que l’Istiqlal quitte la majorité et le gouvernement et nous étions toujours convaincus qu’il devait finir par rejoindre l’opposition.

Mais vous êtes d’accord que l’Istiqlal s’est retiré plus pour des querelles avec le PJD sur les modalités opérationnelles de fonctionnement du gouvernement que par souci de clarifier le paysage politique ou de cohérence idéologique…
L’USFP ne recherche pas forcément des alliés qui lui ressemblent exactement sur tout. Au contraire, chaque allié doit avoir sa vision, ses programmes et la richesse vient de cette complémentarité.

Le parti a été déserté de certaines catégories de militants comme les hommes d’affaires et les notables…
Aujourd’hui, nous travaillons à faire revenir ces camarades parmi nous. Nous ne ciblons pas des notables et hommes d’affaires qui cherchent à servir leurs intérêts mais ceux qui trouvent en notre parti la matérialisation de leurs valeurs et projet de société, des citoyens qui veulent contribuer au progrès de notre pays.
A propos d’hommes d’affaires, durant les quelques mois qu’a duré le printemps arabe avec toutes les craintes et les incertitudes qu’il a engendrées, nous savons tous que beaucoup de capitaux sont sortis du pays. Aujourd’hui, l’USFP réclame des actions de la part du gouvernement pour que les milliards qui sont à l’étranger soient rapatriés. Le pays a besoin de ces capitaux et le gouvernement doit faire preuve d’ingéniosité pour rassurer les investisseurs. Je ne veux pas faire dans l’alarmisme, mais je peux vous dire que la situation de notre pays est sérieusement inquiétante.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
Il n’y a qu’à voir la dernière décision du chef du gouvernement de geler tous les règlements des marchés et des commandes publiques d’ici le 31 décembre.

On a parlé çà et là d’une prétendue circulaire que personne n’a pu voir à ce jour. Pouvez-vous confirmer cette décision ?
Oui. Les cadres dans les différents ministères, dans les communes et les régions nous confirment que le chef du gouvernement a bien donné des instructions dans ce sens. Regardez la situation des liquidités bancaires et des crédits. Il est clair que notre économie est quasiment à l’arrêt. Et, paradoxalement, si notre économie arrive encore à tenir debout c’est grâce à tout ce qui a été accumulé du temps des gouvernements précédents, à commencer par celui de l’alternance.

Que pensez-vous de la nouvelle procédure de nomination aux hauts postes de responsabilité dans la fonction publique?
Ces mesures vont malheureusement hâter la dilapidation du patrimoine humain de notre administration.

Ne pensez-vous pas que c’est mieux en termes de transparence et d’égalité des chances ?
Il faut savoir que ces profils à qui nous imposons cette procédure compliquée sont courtisés tous les jours par le secteur privé et se voient proposer des conditions matérielles de loin meilleures. Ma crainte est que l’on vide tout ce qui a été construit dans ce pays au nom de grands slogans vides, sans suite.

A propos d’urnes, comment appréciez-vous la dernière annonce au sujet des élections communales attendues pour 2015 ?
D’abord, cela confirme la méthode de travail du gouvernement qui est tout sauf participative. Dans les démocraties qui se respectent, même si le chef du gouvernement est seul habilité à fixer les dates des scrutins, cela se fait dans un cadre concerté. Depuis qu’il a pris ses fonctions, le chef du gouvernement n’arrête pas de nous ressasser le même discours selon lequel si les élections se tiennent aujourd’hui, le PJD risque d’écraser tout le monde et que par conséquent il est préférable de temporiser.

Confirmez-vous que l’annonce faite par le ministre de l’intérieur, Mohamed Hassad, s’est faite sans concertation ?
Oui et le problème n’est pas tant dans la personne qui a la charge du ministère de l’intérieur. Je considère que le chef du gouvernement est le seul et unique responsable de tout cela. Nous sommes dans un Etat de droit et un pays d’institutions. L’annonce de la date des élections obéit à des procédures légales et à un formalisme bien normé. Il est anormal que le gouvernement fasse fi de tout cela et vienne nous annoncer une date sans respecter les formes. Avec de telles pratiques, j’ai peur qu’en 2015 le gouvernement nous dise que finalement il n’y a pas lieu de tenir d’élections et qu’il vaut mieux laisser les élus communaux finir leur mandat.

Pensez-vous cela possible ?
Pourquoi pas ? Avec la supériorité numérique de la majorité actuelle, nous voyons passer des textes et des dispositions des plus improbables.

Mais si l’USFP avait la même supériorité numérique, il aurait probablement fait de même…
Bien sûr que non. Nos valeurs nous interdisent d’avoir de telles pratiques. Et ce sont ces valeurs qui nous ont poussés à opter pour l’opposition en toute responsabilité.
Par ailleurs, nous avons déjà été aux commandes et avons non seulement respecter les procédures et règles d’usage, mais on s’est battu pour les renforcer. Le respect des procédures et règles est le meilleur garant du respect des institutions et la viabilisation de leur action.

Comment va le parti et où en sont les ébullitions scission…
Depuis sa création, l’USFP a toujours vécu ce genre d’ébullitions et de débats mais le parti est toujours resté en bloc et uni parce que tout simplement nous sommes un vrai parti et nous ne recevons de directives de personne.

Vous insinuez qu’il y a de «faux» partis…
Il ne faut pas se voiler la face. Aujourd’hui, les mémoires d’anciens militants foisonnent et les langues se délient. Nous savons tous qui, à un moment ou un autre, a poussé la création de tel ou tel parti. C’est dans ce sens que je disais que l’USFP est un «vrai» parti.

On vous connaît plus aujourd’hui pour votre casquette partisane que pour votre profession première, celle d’avocat. On a l’impression que vous l’avez délaissée…
Pas du tout. Depuis que j’étais tout jeune, je rêvais de devenir avocat, je le suis devenu et je le resterai toujours.

Pourquoi un tel rêve ?
Quand j’étais adolescent, au début des années 60, c’est moi qui avait la charge de lire les journaux à mon père qui n’avait jamais été à l’école, notamment des journaux comme Al Alam, Al Mouharrir… Parmi les articles que je lisais, il y avait ceux qui traitaient des grands procès de l’époque. Je me demandais toujours comment les avocats qui faisaient les plaidoiries pouvaient tenir des propos très graves mais n’étaient jamais inquiétés par les autorités. Je me suis dit que c’était exactement le métier que je ferai quand je serai grand pour dire tout ce que je veux en toute liberté.

La réalité de votre exercice correspond-elle à ce dont vous rêviez ?
Oui, surtout que j’ai choisi la branche pénale. Ceci m’a permis de travailler sur des dossiers très sensibles. Pour l’anecdote, il m’est arrivé de prendre la défense des personnes qui étaient détenues il y a quelques années et que je retrouve aujourd’hui sur l’estrade au Parlement comme élus. L’un d’entre eux est devenu même président…

Vous parlez de qui ?
Je ne peux pas vous dire le nom mais je me rappelle qu’il était en prison, que je l’assistais en tant qu’avocat lors des interrogatoires des juges d’instruction. Quelques années plus tard je m’adresse à lui au Parlement en l’appelant Monsieur le Président…