Des partis qui naissent, puis disparaissent

Depuis l’Indépendance, au moins une douzaine de partis politiques ont disparu. Deux formations phare, l’UNFP et le PDI, sont peut-être en train de vivre leurs derniers jours.

Combien de partis politiques ont disparu depuis l’Indépendance ? Le cas du PSD (Parti socialiste démocratique) est loin d’être isolé. Une autre formation répondant au même sigle PSD (Parti socialiste démocrate, cette fois) a fait une courte apparition au début des années 60 sur la scène politique avant de disparaître. Il est apparu, en continuation du fameux Front pour la défense des institutions constitutionnelles (FDIC), une coalition dont faisait partie le Mouvement populaire (MP) et le Parti de la constitution démocratique (PCD), également disparu. Le PSD et le PCD n’ont pas survécu à l’Etat d’exception décrété en 1965. Une autre formation datant de la même époque a disparu après 30 ans d’existence, le Mouvement populaire démocratique constitutionnel (MPDC) noyauté en 1996 par les islamistes du MUR avant de prendre le nom de PJD en 1998. En 2006, deux autres formations de la mouvance populaire ont cessé d’exister, le MNP et l’UD. Elles ont fusionné dans l’actuel MP. Un an auparavant, en 2005, c’est une OADP (créée en 1983) affaiblie par la scission du PSD qui a fini par se noyer dans la Gauche socialiste unifiée devenue plus tard le PSU.
Plus récemment, en 2008, cinq formations politiques de taille plus ou moins appréciable ont décidé de fusionner dans l’actuel PAM. Les versions initiales du PND (créé en 1982), d’Al Ahd (né en 2002) et du PED (créé en 2002) ont cessé d’exister au même titre que l’Alliance des libertés d’Ali Belhaj et le parti Initiative citoyenne pour le développement créé en 2002 par Mohamed Benhammou, l’ancien directeur du centre Lahcen Lyoussi, une sorte de think-tank affidé au MP.  
Bien sûr, Ahmed Alami, Abdellah Kadiri et Najib Ouazzani n’ont pu se faire à leur nouvelle condition et ont décidé de relancer une nouvelle version de leurs partis. Le PEDD, le PDN et Al Ahd ont de nouveau vu le jour. Deux d’entre eux, Al Ahd (1 siège) et le PEDD (2 sièges) ont gagné in extremis leur droit de cité au Parlement. Bientôt on n’entendra presque plus parler du PDI dont la création remonte à 1946 très affaibli sur le plan organisationnel. Il n’est, d’ailleurs, plus représenté au Parlement. Quant à l’UNFP qui a conduit le 4e gouvernement du Maroc (1958-1960), il a cessé toute activité après le décès, en 2005, de son fondateur Abdellah Ibrahim. Seul son capital symbolique subsiste.