Chambres professionnelles : un avant-goût des prochaines alliances post-électorales ?

• Arrivé en tête avec plus de 28% des sièges, le RNI préside aujourd’hui, et pour le mandat qui débute, 23 Chambres professionnelles sur un total de 38.
• Il a montré qu’il reste ouvert à toutes les alliances politiques.

Avec un total de 638 sièges sur 2230, le RNI domine les élections des Chambres professionnelles qui se sont tenues il y a près d’un mois, le 6 août. Il a ainsi remporté 28,6% des sièges alors que le PAM et l’Istiqlal, arrivés second et troisième, ont remporté, respectivement, 16,28% et 16,1% des sièges. Cela est connu. C’est juste pour rappeler qu’avec cette prestation électorale le RNI aurait pu faire valoir ce mandat populaire franc pour tenter d’asseoir son hégémonie sur ces institutions. Il n’en a rien été. Moins de 24 heures après l’annonce des résultats, il a publié un communiqué conjoint avec le PAM et l’Istiqlal annonçant que les instances régionales des trois formations ont conclu un accord portant sur la gestion des trois Chambres, CCIS, agriculture et artisanat.

«Cet accord a été conclu afin de préserver les règles d’une concurrence loyale entre les parties, de maintenir la stabilité des Chambres professionnelles et de renforcer leurs rôles», affirment les signataires, exprimant leur attachement à l’ouverture sur le reste des composantes représentées dans ces Chambres. Effectivement, le RNI a été porté à la présidence de la Chambre d’agriculture, le PAM celle de l’artisanat et l’Istiqlal dirige la CCIS. Plus tard, un candidat SAP a pu remporter la présidence de la Chambre de la pêche maritime avec l’appui des élus USFP. Le parti a annoncé par la suite que le président sortant, qui en est à son troisième mandat, avait intégré ses rangs.

L’important qu’avec 23 sièges, juste derrière les SAP, le RNI disposait d’une majorité confortable au sein de la CCIS. Il est également le premier parti dans les élections de la Chambre de la pêche maritime. Un signe sans doute de son ouverture sur d’autres formations politiques pour former des équipes dirigeantes cohérentes dans d’autres institutions. Pour rester dans les Chambres professionnelles, cette logique est restée dominante lors de la formation des bureaux dirigeants. En effet, là où le RNI est majoritaire, c’est une alliance de plusieurs partis, y compris le PJD, qui est portée aux commandes. On retrouve dans ces alliances ses alliés traditionnels, le MP et l’UC, mais également l’USFP, l’Istiqlal et même le PAM.  Au final, même largement en tête, le RNI ne préside que 60,5% de la totalité des 38 Chambres professionnelles. Il dirigera ainsi, durant le mandat qui commence, 75% des Chambres d’agriculture (soit 9 sur 12), 66% des Chambres d’artisanat et 66% des Chambres de commerce d’industrie et des services.