Affaire Belliraj : la mobilisation se renforce autour des politiques arrêtés

Le démarrage du procès prévu le 16 octobre.
Société civile, partis de gauche et PJD se mobilisent autour de l’affaire.
Sit-in, pétition, conférence, une série d’actions prévues d’ici la fin du mois.

Procès ou pas procès ce jeudi 16 octobre ? Alors que certains faisaient état d’un possible report, la résistance s’organisait autour des six hommes politiques arrêtés le 19 février dernier dans le cadre de l’affaire. L’abandon des poursuites ou au moins un procès équitable sont les principales revendications du comité de soutien à la défense des 6 hommes politiques arrêtés(*) dans le cadre du réseau Belliraj. Le meeting de solidarité organisé jeudi 9 octobre dernier à Rabat par le comité de soutien a regroupé, en plus des familles des accusés, les militants les plus emblématiques des droits humains au Maroc. Parmi eux, Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH, Amina Bouayach, présidente de l’OMDH, Abdelkader Alami, de la Ligue marocaine des droits de l’homme, proche de l’Istiqlal, Seddik Lahrach du Forum Vérité et Justice, Abdelmajid Hassani, secrétaire général du CMDH, Abdelali Hami Eddine, membre du bureau exécutif de Mountada Al Karama, dont M. Raggala est l’un des membres fondateurs. Côté partis politiques, si les militants des partis de gauche sont des habitués de ce genre de manifestation,la présence de leaders islamistes tels Saâdeddine El Othmani, Lahcen Daoudi, Mohamed Yatim du PJD, Fathallah Arsalane et Mohammed Moutawakil d’Al Adl Wal Ihssane ainsi que des membres du Mouvement unicité et réforme a été très remarquée.
Les intervenants ont dénoncé les vices de forme qui ont émaillé l’instruction de ce dossier, notamment les déclarations «hâtives» du ministre de l’intérieur Chakib Benmoussa «de nature à conditionner l’opinion publique nationale», dixit Khadija Ryadi.

Le marketing au secours de la protestation
De source proche du comité de soutien, ce dernier a programmé des actions en vue de faire pression sur les autorités afin de garantir un procès équitable aux accusés. A l’heure où nous mettions sous presse, mercredi 15, le comité de soutien avait décidé d’organiser un sit-in devant la Cour d’appel de Salé le matin du procès. Parallèlement, un petit comité préparait une conférence pour la fin du mois, sur les arrestations des politiques, à laquelle devraient participer des ONG et experts internationaux. Enfin, il a été décidé la création d’un site web pour médiatiser davantage l’affaire, et engranger le maximum de soutien à l’international à travers la signature de pétitions qui seront remises aux autorités marocaines.

(*) : Il s’agit de Mostafa El Mouatassime, Mohamed Marouani, Mohamed Amine Raggala, Abdeilah Maaelainine, Hamid Najibi et Abdelhafid Sriti.