A presque une année au pouvoir, Akhannouch fait le bilan de son action

A Agadir et devant plusieurs milliers de jeunes de son parti, réunis pour la 4e édition de l’Université d’été, le chef du gouvernement a présenté ce qui pourrait être assimilé à un bilan d’étape.

On s’en souvient tous, c’était à Agadir que le président du RNI annonçait, en juin de l’année dernière, les cinq engagements et les 25 mesures de son programme électoral. C’était dans la même ville, un peu plus de trois ans plus tôt, que Aziz Akhannouch a annoncé pour le première fois l’offre politique de son parti. C’était en février 2018, à l’occasion d’une session du conseil national du RNI. Hier, vendredi 9 septembre, le président du RNI, devenu entre-temps chef du gouvernement, a présenté ce qui pourrait être un bilan d’étape de sa première année au pouvoir.

S’adressant à quelque 5.000 jeunes RNIstes réunis en assemblée à Agadir à l’occasion de la 4ème édition de l’Université d’été du parti, le chef de l’exécutif a ainsi mis en avant le bilan des réalisations de son parti à la tête de l’Exécutif, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à mener les réformes sociales promises lors des élections communales, régionales et législatives du 8 septembre 2021. Dans ce sens, Aziz Akhannouch a passé en revue les mesures prises afin de préserver le pouvoir d’achat et d’améliorer les revenus des citoyens ainsi que l’ouverture du dialogue social avec les centrales syndicales au cours d’une année exceptionnelle marquée par une conjoncture difficile.

En termes concrets, a notamment souligné Aziz Akhannouch dans son intervention, le gouvernement a, effectivement, accordé un appui réel aux familles et professionnels qui ont le plus été affectés par la crise. Une enveloppe de 10 milliards de DH a été consacrée en ce sens à la lutte contre les effets de la sécheresse. Le budget de la Caisse de compensation a été porté de 16 milliards de dirhams (MMDH) à 32 MMDH. Sur cette enveloppe, 17 MMDH ont été consacrés à la subvention du gaz butane. La bonbonne de gaz de 12 kg que les citoyens ont continué à acheter à 40 DH coûte réellement 140 DH. Un montant de 7 MMDH a été consacré à la subvention du blé tendre pour que le prix du pais soit maintenu 1,20 DH. La caisse de compensation a également débloqué une enveloppe de 26 MMDH pour soutenir les prix de l’électricité. Ainsi quand le citoyen reçoit une facture de 100 DH sa consommation réelle est de 175 DH. L’État supporte pour lui le reliquat, c’est-à-dire 75 DH.

 

L’AMO, même pour les étrangers

 

En même temps, l’État a versé une aide de 2,750 MMDH aux professionnels du transport pour que la hausse des prix du carburant ne soit pas impactée sur le prix des marchandises et sur les tarifs du transport public. Le gouvernement a également accordé un appui financier au secteur touristique dont le montant s’élève à 2 MMDH, a précisé le chef du gouvernement.

Les mesures du soutien du pouvoir d’achat des ménages ne se limitent pas à ce niveau. Le gouvernement a également entrepris de verser la totalité des arriérés de promotion des fonctionnaires qui ont été gelés pendant deux années. Cela représente une enveloppe de 8 MMDH. Il a également reversé au entreprises des arriérés de TVA de l’ordre de 13 MMDH.

Le président du RNI a aussi mis l’accent sur la reprise du dialogue social et la dernière décision d’augmenter avec effet immédiat, à compter du mois de septembre, de 5% du SMIG et de 10% du SMAG. Abordant cette fois le chantier royal de la généralisation de la couverture sociale, Aziz Akhannouch a rappelé que son équipe a planché sur ce chantier de manière à ce que la généralisation de l’AMO soit effective pour 11 millions de Marocains d’ici la fin de l’année. A cette échéance, en plus des catégories déjà couvertes à ce jour, tous les Ramedistes vont basculer vers l’AMO. La couverture médicale obligatoire sera effective non seulement pour les Marocains, mais également pour les étrangers résidant régulièrement dans notre pays, a notamment précisé le Chef du gouvernement.

Plus encore, et en exécution des orientations royales, ce sont quelque 7 millions d’enfants et 3 millions de familles, en situation de précarité, qui vont bénéficier des aides publiques directes, versée au bout de chaque mois. S’arrête sur ce point, Aziz Akhannouch a tenu à souligner que son parti n’a jamais été contre les aides matérielles directes accordées aux citoyens. Par contre le parti a toujours été contre des aides accordées à l’aveuglette de manière discriminatoire sur fond de calculs politiques. Aujourd’hui, ajoute-t-il avec la mise en œuvre du registre social unifié, plus aucune partie ne pourrait exploiter ces aides à des fins politiques ou autres. Le seul critère pour en bénéficier c’est de les mériter.

 

Le pari de l’emploi tenu

 

Cela dit, poursuit le président du RNI, les premières aides mensuelles directes seront versées aux bénéficiaires à compter de fin 2023. Par ailleurs, les chantiers de la retraite et de l’indemnité pour perte d’emploi avancent de manière soutenue. Dans le secteur de la santé qui a toujours été parmi les priorités du RNI, la réforme avance à pas de géants. Pour la première fois, le gouvernement a pu élaborer en même temps un projet de loi avec tous les textes applicatifs nécessaires à sa mise en œuvre. Et tout cela dans un temps record. En parallèle, un dialogue social a été engagé avec les partenaires sociaux qui a abouti à une revalorisation substantielle des salaires des médecins et des infirmiers. Cette mesure entre en vigueur à compter de janvier.

Dans le secteur de l’enseignement, le slogan « les enseignants d’abord », brandi par le RNI lors de sa campagne électorale est en phase de se concrétiser. A peine le gouvernement nommé, un dialogue a été engagé avec les partenaires sociaux qui a abouti à un accord d’étape. Un statut valorisant et motivant pour les enseignants est en cours de finalisation. En même temps et à l’occasion de l’actuelle rentrée scolaire, 20.000 jeunes candidats, sur un total de 95.000, vont entamer leur formation pour intégrer le corps de l’enseignement.

S’agissant de l’autre priorité du RNI, l’emploi, le gouvernement a mis en place le programme « Awrach », qui va générer 250.000 emplois temporaires sur deux ans pour un budget de 2,25 MMDH. A fin août dernier, ce programme comptait déjà 74.000 bénéficiaires en partenariat avec 4.500 associations et coopératives. L’objectif de 100.000 bénéficiaires pour la première année sera atteint. De même, un autre programme, « Forsa », a été également lancé. A ce jour, 18.000 projets ont été sélectionnés dans le cadre de ce programme, 1.000 projets ont déjà reçu le premier acompte du financement. En parallèle, l’économie nationale a créé des postes d’emplois. Ils s’élèvent, au terme des six premiers mois de l’année, à 236.000 postes d’emploi nets.

Quant au chantier de la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, le chef du gouvernement affirme que tout en travaillant actuellement sur l’intégration de la langue dans l’administration, l’Exécutif a déjà déployé un budget de 200 millions de DH pour ce chantier. Rien que pour cette année, le gouvernement a déjà mobilisé 1.000 cadres amazighophones qui vont être affectés aux départements de la Justice et de la Santé.

Notons enfin que pour les personnes en situation d’handicap, une catégorie jusque-là presque marginalisée, le gouvernement a mis en place un soutien aux associations actives dans le domaine du handicap. Il a ainsi mobilisé une enveloppe de 500 millions de DH par an au profit des personnes handicapées, ainsi qu’il a procédé à la création d’une catégorie d’enseignants spécialisés dans l’accompagnement des personnes en situation d’handicap dans une démarche d’inclusion scolaire.

Tout dernièrement, et pour les foyer qui ont été affectés par les incendies de forêts, le gouvernement a pris des mesures urgentes pour un montant de 290 millions de DH. Il a, de même, été procédé à la signature d’un accord visant à réduire l’impact des incendies auprès des communautés concernées.