107 sièges pour le PJD mais pas si confortable que cela

Avec l’Istiqlal mais sans l’USFP et le PPS, il devra obligatoirement s’allier au MP pour se retrouver majoritaire avec un siège de plus seulement, l’apport de l’UC serait déterminant. Avec les voix de l’USFP, il peut former une majorité où siégeraient trois partis seulement.

Avec ces remous qui agitent la classe politique, le PJD pourrait même se retrouver dans une posture peu enviable. Du haut de ses 107 sièges, il doit négocier ferme tout en gardant de vue le fait que ses cercles d’alliance risquent de se rétrécir comme une peau de chagrin. Les islamistes qui avaient cru bon de jouer à fond la carte de l’ouverture sur l’ensemble du spectre politique doivent y réfléchir à plusieurs reprises avant d’abattre leurs cartes. Au vu des signaux lancés un peu partout, l’arithmétique pourrait leur jouer un mauvais tour. L’Istiqlal est, jusqu’à ce jour, le seul allié objectif et déclaré. Mais cela n’est pas suffisant. Les deux partis ne représentent que 167 sièges alors qu’il en faut 198 pour former une majorité. Le PJD doit bien chercher à gauche et à droite pour boucler sa majorité. Un «oui» de l’USFP pourrait en principe lui permettre cela. A trois, le PJD, l’Istiqlal et l’USFP totalisent 206 sièges, soit un peu plus de 52% et avec le PPS, la majorité atteindrait même 57% de sièges.
Si le PJD devait faire appel au MP, à la place de l’USFP, il arrivera certes à former sa majorité, mais difficilement. Les trois partis, PJD, Istiqlal et MP, totalisent seulement 199 sièges. Avec le PPS, ils auraient 55% des sièges. Dans les deux cas, le Maroc serait dirigé, pour la première fois depuis près d’un demi-siècle, par un gouvernement dans lequel ne siège aucun parti dit de l’Administration. Mais le PPS jouera-t-il le jeu sans l’USFP ?
Néanmoins, le PJD pourrait gouverner un peu plus confortablement on s’ouvrant également à l’UC. La coalition PJD, Istiqlal, MP et UC, disposerait de 222 sièges, soit 56%. Mais l’idéal pour le nouveau chef de gouvernement, et c’est d’ailleurs son souhait, c’est de gouverner avec l’ensemble des partis de la Koutla. Dans ce cas, une combinaison dans laquelle se trouvent la Koutla et le PJD totalise 224 sièges. Avec le MP ce sera une majorité plus que confortable. Là on parle d’une force parlementaire de 256 sièges, soit  près de 65% de la composition de la première Chambre.
En somme, les islamistes sont conscients des contraintes qu’impose l’arithmétique électorale. C’est sans doute pour cela que la direction du parti agit avec une extrême prudence et après une profonde réflexion. C’est pour cela aussi que chaque décision est concertée dans le cadre du secrétariat général. Ce dernier devait d’ailleurs tenir sa première réunion après la nomination d’Abdelilah Benkirane le jour même, c’est-à-dire mardi 29 novembre. Les premières tractations devaient démarrer à l’issue de cette réunion, et c’est naturellement l’Istiqlal que les frères allaient voir le premier.