Une valorisation des activités traditionnelles, payante en temps de crise

Si des cotations semblent tenir tête à la morosité du marché en ces temps de vaches maigres, ce sont bien les valeurs défensives. Le premier holding privé du Maroc, Ona, non content d’en détenir plusieurs à travers son portefeuille d’activité, porte tous ses efforts sur leur développement. C’est ainsi qu’une consolidation des métiers traditionnels opérée tout le long de 2008 par le holding a été rapportée unanimement par les analystes. Dans ce sillage, plusieurs opérations stratégiques se sont concrétisées, notamment à travers la poursuite de la croissance des activités de grande distribution et le redressement du secteur agroalimentaire grâce à l’amélioration des performances industrielles et des synergies post-acquisition au niveau de Cosumar, la bonne tenue de l’activité de Centrale Laitière et le redressement des marges de raffinage de Lesieur suite à la fin de la guerre commerciale l’ayant opposé précédemment à Savola Morocco.
L’année 2009 ne sera pas moins riche en concrétisations importantes. Un rendez-vous décisif pour le groupe est la publication de sa nouvelle stratégie au mois de mars de cette année. Mais, déjà, les grands axes de la feuille de route à dévoiler se dessinent. Maintenir une stratégie gagnante, bien sûr, en consolidant la croissance du groupe dans les métiers de la grande et moyenne surface et de la distribution en Afrique et en poursuivant l’amélioration de la productivité et des parts de marché dans le secteur agroalimentaire. Mais aussi participer à l’appel d’offres pour l’octroi de la troisième licence mobile 2G pour Wana, faire constituer un portefeuille de gisements éoliens par Nareva, renforcer des activités immobilières en ciblant des projets de grande taille et à plus forte rentabilité et, enfin, accompagner Attijariwafa bank dans sa stratégie de développement à l’international, notamment au Maghreb et en Afrique de l’Ouest et Centrale.
Tout cela devrait être opéré sur fond d’opérations sur capital d’envergure. L’équipe dirigeante n’en fait plus mystère, il s’agira de se désengager d’un certain nombre de participations jugées non stratégiques et d’ouvrir le capital d’autres filiales (probablement Onapar, Marjane, Optorg et Sopriam), notamment via des introductions en Bourse. Il y a néanmoins une ombre au tableau. Il s’agit, bien sûr, du pôle télécoms qui continue de plomber les résultats du holding. Malgré tout, au terme de 2008, le groupe Ona devrait réaliser un chiffre d’affaires consolidé de plus de 37,8 milliards de DH (+15%). En 2009, le volume d’affaires consolidé et le Résultat net part du groupe devraient s’élever respectivement à près de 42 milliards de DH (+11%) et à 1,5 milliard de DH (+11%). Reste pour le cours du titre à intégrer ces bonnes perspectives. Un pari loin d’être gagné quand on sait que l’action Ona a cédé 19,5% du 13 octobre 2008 au 12 janvier 2009 pour s’établir au cours de 1 280 DH.