Titres de créances négociables : un marché terne

A fin octobre 2018, l’encours global a progressé de 4%, à 70 milliards de DH. La hausse des émissions est exclusivement le fait des certificats de dépôt. Les certificats de dépôts sont majoritairement souscrits par les OPCVM.

Le marché des titres de créance négociables a marqué une hausse à fin octobre 2018. Sur la base des dernières statistiques disponibles auprès de Bank Al-Maghrib, les émissions de TCN ont totalisé 3,9 milliards de DH, contre 2,8 milliards à la même période en 2017. Dans le détail, les certificats de dépôt ont drainé 3,5 milliards de DH (contre 1,1 milliards de DH en 2017). Au moment où les bons des sociétés de financement ont totalisé 264 MDH, contre 1,4 milliard de DH en octobre 2017. Les billets de trésorerie, eux, n’ont pas enregistré plus de 143 MDH durant cette période, contre 320 MDH l’année d’avant.

Sur le compartiment des certificats de dépôt, cinq établissements bancaires ont levé des fonds à fin octobre, dont deux pour plus d’un milliard de DH chacun. Il s’agit d’Attijariwafa bank (1,2 milliard de DH) et Crédit du Maroc (1 milliard de DH). Les levées ont été majoritairement souscrites par les OPCVM à hauteur de 3,1 milliards de DH. Le gros des levées a été fait à court terme avec des taux variant de 2,41% pour la maturité comprise entre 32 et 92 jours à 2,64% pour celle de 93 à 182 jours. A noter qu’à la même période de 2017, les levées traitaient majoritairement sur des maturités longues de 3 à 5 ans, à des taux de 2,61% et 3,19%.

Les bons de sociétés de financement ont été, quant à eux, exclusivement émis par Eqdom (264 MDH). Les particuliers ont souscrit à la totalité de ce montant. A noter qu’à la même période de 2017, cette catégorie de souscripteurs désertait ce compartiment du marché.
A propos des billets de trésorerie (souscrits principalement par les OPCVM), seules Addoha (83 MDH), Résidences Dar Saada (50 MDH) et Jet Contractors (10 MDH) ont été actives en octobre. Toutes les émissions ont porté sur des durées de 93 jours à 182 jours, assorties d’un taux d’émission de 3,7% à 5%.

Dans ces conditions, l’encours global des titres de créances négociables a augmenté à près de 70 milliards de DH (+4% par rapport à 2017). Il est principalement constitué de certificats de dépôt dont le poids est de plus de 70%, mais dont l’encours a légèrement reculé de 2%, à 49,7 milliards de DH. Les bons de sociétés de financement pèsent pour leur part 26%, avec un encours de 18,4 milliards de DH, en hausse de 24%.

BMCE Bank détient le plus grand stock de certificats de dépôt

L’encours des certificats de dépôt est composé des titres de quasiment toutes les principales banques de la place. C’est BMCE Bank qui dispose du plus grand stock avec près de 8 milliards de DH, suivie de BMCI avec près de 7,2 milliards de DH et SGMB (6,7 milliards). Le gros est souscrit par les OPCVM à hauteur de 70%, suivis des établissements de crédit avec 22% du montant global.

L’encours des billets de trésorerie est, lui, constitué de titres de Managem (1milliard de DH), Addoha (423 MDH), Alliances Darna (283,1 MDH), Label’Vie (200 MDH), Oulmès (90 MDH), Résidences Dar Saada (70 MDH) et Jet Contractors (55 MDH).

Là aussi les gros souscripteurs sont les OPCVM avec un poids de 90%, suivis de loin des entreprises non financières, des particuliers, des établissements de crédit et des assurances et organismes de prévoyance.

Enfin, l’encours des bons de sociétés de financement compte principalement les gros du secteur, notamment Eqdom (4,6 milliards de DH), Maghrebail (3,6 milliards), Wafasalaf (3,6 milliards), et Sofac (1,8 milliard). Ce sont toujours les OPCVM qui arrivent en tête des investisseurs (69%), suivis des établissements de crédit et des assurances et organismes de prévoyance.
La tendance qui caractérise le marché de la dette privée devrait se poursuivre en 2019 selon des opérateurs approchés. Les obligations subordonnées et perpétuelles devraient continuer à bénéficier des faveurs du marché, compte tenu des avantages qu’elles procurent aux émetteurs, notamment en matière de consolidation de la structure financière.