Les bijoux en argent ont stagné à  12 DH/g

Leur prix est stable depuis plus de deux ans, en raison d’une faible demande. Les bijoutiers n’offrent que 5 DH par gramme aux particuliers vendeurs.

Parallèlement à l’envolée du cours de l’or ces dernières années sur les marchés internationaux, l’argent métal a également connu une flambée. En 2000, l’once d’argent s’échangeait à quelque 5 dollars avant de voir son cours décoller à partir de 2004. En 2011, la tendance s’est nettement accélérée et le métal a atteint un pic historique de 45,83 dollars l’once, avant de se stabiliser aux alentours de 30 dollars l’once actuellement.
Cela dit, au Maroc, les prix de l’argent ne suivent pas la tendance observée à l’international ces derniers temps. Après les 4 DH par gramme observés en 2005, les bijoux façonnés en argent sont proposés aujourd’hui à 12 DH le gramme. Certes, l’évolution ressort à 200% en 6 ans, mais il est à noter que le prix sur le marché local est resté stable depuis plus de 2 ans avec des variations ponctuelles de 1 DH, à la hausse comme à la baisse.
Les professionnels du métiers expliquent cette stagnation par la faible demande exprimée sur le marché. En effet, alors qu’il est en train de devenir une véritable valeur refuge sous d’autres cieux, l’argent n’est toujours pas le moyen privilégié par les Marocains pour leurs placements. Il sert toutefois aux manipulations effectuées sur l’or, notamment pour la conversion en 18 carats ou encore lors des soudures des bijoux. La faible cotation de l’argent a poussé les bijoutiers spécialisés à ne plus se référer à l’évaluation des bijoux par la pesée. Ils optent désormais pour une valorisation de la pièce dans son ensemble, sauf dans le cas des grosses pièces où les 12 DH/g sont respectés.  
Comme pour l’or, le marché de l’argent est lui aussi alimenté par des articles destinés à la casse ou à la vente en l’état. A ce niveau, le prix de rachat par les bijoutiers des articles en argent est en moyenne de 5 DH/g. Un prix qui laisse une marge assez confortable aux bijoutiers. Mais selon les spécialistes, cette marge ne fait que couvrir le temps que nécessite la vente des pièces.
Le Maroc n’importe pas d’argent métal ; au contraire, il en exporte. Les exportations d’argent brut ont atteint plus de 400 tonnes à fin novembre pour 2,2 milliards de DH. A la même période en 2010, le Maroc a dû exporter près de 300 tonnes à 1,3 milliard de DH. L’augmentation de la quantité exportée ne justifie pas les 69% de hausse de la valeur. Les sociétés exportatrices ont pleinement bénéficié de l’envolée des cours sur les marchés internationaux, en l’occurrence la Société métallurgique d’Imiter (SMI), filiale de Managem.
Notons que les prix des bijoux en argent proposés dans la région du Sud, notamment à Tiznit, sont nettement inférieurs à ceux pratiqués dans les métropoles. La raison est que la SMI exploite une mine dans les environs de cette ville. Les bijoutiers en profitent et utilisent la même méthode que celle des ouvriers pour l’extraction du minerai du sable extrait, ce qui leur permet d’obtenir une matière première à très faible coût.