Le secteur immobilier coté promet de belles réalisations

Addoha et Alliances sont recommandés à  l’achat, la CGI à  conserver. Déficit de logements sociaux, mesures incitatives pour l’habitat à  la classe moyenne…, autant d’éléments qui plaident pour une amélioration des bénéfices. Les promoteurs devraient faire face à  la rareté du foncier.

Les promoteurs immobiliers cotés à la Bourse de Casablanca ont clôturé le premier semestre de cette année sur des réalisations satisfaisantes. En effet, malgré le ralentissement des transactions immobilières, les bénéfices du secteur qui englobe Addoha, la CGI et Alliances se sont inscrits à la hausse de 4,4%, à 974 MDH pour un chiffre d’affaires agrégé de l’ordre de 6,6 milliards de DH, en croissance de 7,8%. Cette amélioration des prestations devrait se poursuivre sur les deux prochains exercices. C’est du moins ce qui ressort des analyses des sociétés de bourse de BMCE Capital et d’Upline Group.

Partant de ce constat, les deux intermédiaires boursiers recommandent d’acheter les titres Addoha et Alliances et de conserver la CGI compte tenu des perspectives de croissance qu’ils offrent. Le cours de la première valeur devrait atteindre 72,80 DH, selon BKB et 77 DH, d’après Upline Securities, ce qui offre un potentiel de hausse compris entre 25,3% et 32,5% respectivement par rapport au cours de clôture de la séance du 28 octobre. Pour sa part, le cours d’Alliances devrait poursuivre son ascension pour atteindre 669,20 DH selon la première société de bourse, ce qui présente une décote de 39,4%. La seconde, elle, prévoit que le cours du promoteur atteindrait 624 DH, soit une progression potentielle de 30%. Quant à la CGI, elle est valorisée à 552,60 DH par BKB et à 590 DH par Upline Securities. Son cours devrait ainsi enregistrer une baisse comprise entre 21,6% et 16,3%.

De manière générale, le secteur immobilier offre des perspectives intéressantes, compte tenu du déficit de logements sociaux dans les grandes villes du pays, mais également des mesures d’encouragement mises en place dans ce segment jusqu’en 2020. Il y a aussi les nouvelles incitations au profit de la classe moyenne et l’élargissement de la base des bénéficiaires du fonds de garantie Damane Sakane à cette frange de la population et les MRE, qui devraient apporter du business aux promoteurs cotés.

En tout cas, Addoha dispose déjà d’un chiffre d’affaires sécurisé de 17,70 milliards de DH, en hausse de 10,6% par rapport à fin 2012, ce qui correspond à 32 091 compromis de vente. En outre, dans le cadre de son plan stratégique 2013-2015, la société s’est engagée à réduire son BFR essentiellement par la limitation de ses investissements fonciers (un budget maximum de 700 MDH par an réservé exclusivement au social) et par la diminution de ses délais d’encaissement. Le promoteur table aussi sur son développement à l’international pour doper ses revenus. Il a de ce fait signé de nouvelles conventions d’investissement avec les autorités du Niger, du Sénégal et du Congo Brazzaville. Plus avancé en Côte d’Ivoire, Addoha devrait lancer la commercialisation de la première tranche de 600 unités au début de 2014, sur un total de 7 000 unités prévus à terme. Par conséquent, les analystes tablent en 2013 sur des bénéfices de 1,89 milliard de DH, selon BKB, soit une légère hausse de 0,7% par rapport à 2012, contre une augmentation de 4% pour Upline avec un résultat de 1,9 milliard de DH

Le marché africain constitue un relais de croissance pour Alliances également où elle a lancé un programme de 7 800 logements sociaux à Abidjan, ce qui devrait générer un revenu de 250 MDH en 2014, équivalent à la livraison de 1300 unités. A l’instar d’Addoha, le promoteur a mis en place une politique visant l’optimisation du BFR à travers l’abaissement du niveau d’acquisition du foncier. Notons dans ce cadre que la réserve actuelle devrait garantir 8 à 10 ans d’activité. De plus, le promoteur devrait capitaliser sur sa nouvelle structure de recouvrement pour accélérer la récupération de ses créances. D’un autre côté, le groupe compte alléger sa dépendance au segment social, en développant les autres pôles. Ainsi, à l’horizon 2016, chacun des pôles d’activité devrait participer au chiffre d’affaires à parts égales. Cependant, cela ne devrait pas empêcher les bénéfices du groupe de se contracter de 33,4% à la fin de cet exercice pour s’établir à 582,70 MDH selon Upline. BKB, elle, prévoit un résultat de 602,60 MDH, soit un repli de 31%.

Enfin, la CGI qui disposait à fin juin d’un chiffre d’affaires sécurisé de près de 8 milliards de DH devrait mettre en vente de nouveaux projets, essentiellement sur l’axe Rabat-Casablanca où la compagnie cherche à se renforcer. Elle devrait en effet entamer la commercialisation de projets à Aïn Aouda, Val d’Or, la vallée du Bouregreg et Hay Riad ainsi que de nouvelles tranches à Anfa et au niveau de Casa Green Town. Parallèlement, 17 000 m2 de surface de bureaux devraient être mis en location au niveau de la marina de Casablanca. Pour le segment social, la filiale Dyar Al Mansour ambitionne de livrer 2 500 unités à la fin de l’année, pour un chiffre d’affaires avoisinant 600 MDH. Tous ces projets devraient se traduire par des bénéfices de 382,60 MDH prévus par BKB contre 385 MDH, selon Upline Securities, en amélioration de 21% et 22% dans l’ordre.
Malgré ces prévisions, les analystes attirent l’attention sur plusieurs difficultés touchant le secteur immobilier, relatives notamment à la rareté du foncier qui tirerait à la hausse le prix des terrains et au tassement des ventes, principalement dans le haut de gamme et le résidentiel touristique. Upline Securities pense également que le segment social pourrait être affecté par un ralentissement. En cause, la fixité des prix de vente du m2, couplée au renchérissement des matériaux de construction et des produits énergétiques. Ceci pourrait, aux dires des analystes, mettre les marges des promoteurs sous pression et diluer par conséquent l’intérêt porté à ce segment.