Devises : ne vous encombrez plus de liquidités

Chargez votre dotation sur une carte de crédit internationale.
Acceptée par la plupart des GAB et TPE internationaux, elle vous permet de payer moins de frais.
Seule la BMCE propose ce service pour le moment, mais vous n’avez pas besoin d’être client pour en bénéficier.

L’été est déjà là et vous avez certainement pensé à vos prochaines vacances. Voyager à l’étranger vous paraît un bon plan. Vous vous imaginez déjà sur les plages de la Costa del Sol ou en croisière sur le Nil. Peut-être encore préférez-vous un séjour culturel à Lisbonne où vous pourrez visiter des musées par dizaines, écouter du fado dans les petites ruelles de Betelem, contempler les azulejos du temps des Mauros… Quelle que soit votre destination, vous devez, outre les visas et autres commodités du voyage, penser à vous pourvoir en devises. Vous êtes un habitué et vous avez toujours réglé cela à la dernière minute auprès de votre banque ou de Bank Al Maghrib. Sachez qu’à partir de cette année, vous pouvez faire autrement. Plus la peine de trimbaler de l’argent liquide avec vous ou de vous encombrer de chèques de voyages que vous ne pouvez encaisser en dehors des heures d’ouverture des agences. Désormais, vous pouvez mettre votre dotation touristique (cf. encadré) sur une carte internationale. Les avantages sont multiples et réels.
Autrefois réservée à une catégorie de privilégiés (cf. encadré), la carte de crédit internationale est désormais accessible à tous. Sa démocratisation a été rendue possible grâce à une circulaire de l’Office des changes du 17 février 2004, qui en a élargi le bénéfice à toute personne titulaire d’un compte en dirhams convertibles ou en devises, ou d’une dotation dans le cadre d’une autorisation générale ou particulière. Autrement dit, quasiment tout le monde !
Quoique la possibilité soit ouverte à tous les intermédiaires agréés pour émettre ce genre de cartes, les banques ne se bousculent pas au portillon. Plusieurs d’entre elles se disent sur la brèche mais, jusque-là, une seule a franchi le pas. L’initiative est signée BMCE Bank mais celle-ci n’exige pas que vous soyez son client pour vous faire bénéficier de la carte internationale.

Moins cher que si vous achetiez des billets de banque
Il était grand temps pour les citoyens marocains qui se rendent fréquemment à l’étranger de disposer d’un moyen de paiement sécurisé et multi-monnaies. La «Carte Voyage» de BMCE Bank l’est. Carte de paiement et de retrait, elle est acceptée dans un large réseau de GAB (guichets automatiques de banque) et de TPE (terminaux de paiement électronique) à l’étranger. Elle donne accès à des monnaies autres que celles cotées par Bank Al Maghrib et supprime l’obligation de passer par une devise pivot. Ainsi, si vous allez, par exemple, en Corée du Sud, vous pourrez, une fois sur place, payer directement en wons au lieu d’acheter au Maroc des dollars (ou des euros) et de les échanger à Séoul contre la monnaie locale pour pouvoir effectuer vos achats. Vous éliminez ainsi le risque de change et gagnez les commissions prélevées par les agents de change que ce soit à l’achat ou à la vente de vos devises.

Le taux de change est celui en vigueur au moment de l’utilisation de la carte à l’international
Autre avantage : vous n’êtes plus obligé de rétrocéder vos devises à Bank Al Maghrib si vous ne les utilisez pas en totalité lors de votre voyage. Vous ne le saviez peut-être pas, mais vous devez en effet, de par la loi, céder sur le marché des changes les billets de banque étrangers n’ayant pas été utilisés au cours d’un voyage et ce dans un délai maximum de 30 jours après votre retour.
La carte est sécurisée par un code, ce qui limite considérablement le risque de fraude en cas de perte ou de vol de votre bout de plastique.
Son utilisation est souple. La carte est chargée au moment de la souscription, à tout moment de l’année ou à la veille de votre voyage à l’étranger. Vous pouvez la charger en totalité, à hauteur de la dotation autorisée (voir encadré), ou en partie. Dans ce cas, vous pouvez prendre la différence en billets de banque. Les promoteurs de la carte insistent également sur les cours de change compétitifs appliqués aux opérations utilisant la carte. À titre d’exemple, un paiement de 20 euros est débité en compte avec la contre-valeur de 224 dirhams environ, alors que cela vous coûtera 226 dirhams si vous optez pour un paiement en billets de banque.
Quant aux coûts, ils sont plutôt faibles. L’acquisition de la carte vous coûtera 50 dirhams, hors taxes, tous les deux ans. Pour ce qui est de l’utilisation, «à l’exception des retraits dans les guichets bancaires internationaux, qui sont facturés à près de 3 dollars par retrait, aucun frais n’est facturé aux clients pour les utilisations dans les commerces affiliés Visa : restaurants, hôtels, location automobile, magasins…», affirme-t-on à la BMCE. Le taux de change qui vous sera appliqué est celui qui est en vigueur le jour de l’utilisation de votre carte à l’international. Le plafond autorisé pour les retraits GAB varie, lui, selon les règlements du pays où vous vous trouverez, avec un maximum de 500 euros par jour, mais, au niveau du TPE, vous n’êtes limité que par le montant chargé sur votre carte.
La BMCE, qui se targue d’être le premier émetteur au Maroc, avec plus de 59 000 cartes, et qui dispose par ailleurs de l’unique carte accoudée à un compte sur carnet sur le marché local, a trouvé un mix intéressant. Elle a adossé la carte internationale à une ligne de crédit revolving. Cela veut dire que les utilisateurs de sa carte Oxygen existants et potentiels, clients ou non de la banque, peuvent activer le service à l’international

Avantage de taille : vous n’êtes plus obligé de passer par une devise pivot. Votre carte donne accès même aux monnaies non cotées par Bank
Al Maghrib, ce qui vous évite les pertes liées aux changes successifs.

Vous pouvez acquérir une carte internationale pour la modique somme de 50 DH hors taxes, tous les deux ans.

L’Office des changes particulièrement flexible
Sans pour autant éliminer les plafonds et libéraliser totalement le système de change au Maroc, l’Office des changes affiche des ambitions pour le moins claires en démocratisant la carte de crédit internationale : il désire « mettre à niveau le régime général des règlements entre le Maroc et l’étranger et promouvoir les moyens monétiques de paiement ».
Le dispositif mis en place par sa circulaire se veut donc flexible. En témoigne la liberté laissée aux banques pour l’achat de devises au moment de l’émission de la carte ou à l’occasion des paiements effectifs des dépenses réglées à l’étranger par utilisation de cette carte. Il n’a pas non plus fixé de limite à la date de validité de la carte dans la mesure où il a laissé le choix aux banques de l’émettre au moment du voyage ou à charger le montant de la dotation sur une carte déjà émise.
Il les a également habilitées à mettre à la disposition de leurs clients les fonds à l’étranger ou à émettre une nouvelle carte en cas de perte ou de détérioration de la leur. Dans la limite du reliquat non encore utilisé, bien entendu. Autre flexibilité voulue par l’OC, les bénéficiaires d’une dotation en devises peuvent se faire délivrer la carte soit pour la totalité de la dotation, soit pour une partie seulement et obtenir le reliquat en billets de banque étrangers .

Devises : ce à quoi vous avez droit
Vous avez droit à une dotation annuelle en devises de la contre-valeur de 15 000 dirhams. Cette dotation, dite «touristique», est valable pour tous les voyages à caractère privé, familial, culturel, religieux… Elle est majorée de 7 000 dirhams par enfant mineur, mais à condition qu’il soit inscrit sur votre passeport et qu’il vous accompagne lors de votre voyage.
Cette dotation est servie sans justification, en toutes devises billets de banque ou chèques de voyage, sur présentation d’un passeport en cours de validité. Elle peut être utilisée en un seul ou plusieurs voyages, mais avec un montant global qui ne peut dépasser, durant une année civile, les plafonds fixés.
La dotation touristique peut être cumulable avec toute autre autorisation générale ou particulière de l’Office des changes. Il faut entendre par là les allocations pour émigration à l’étranger, allocations pour départ – scolarité, allocation pour soins médicaux à l’étranger, dotations pour les missions et stages à l’étranger.
Notez que vous avez également droit – et c’est valable depuis novembre 2003 – à une dotation spécifique pour la Omra, en devises, pour la contre-valeur de 14 000 dirhams par année civile .