Bourse : les choix de BMCE Capital Research

Addoha et Résidences Dar Saada recommandées à l’achat. La société de recherche préconise l’accumulation de Attijariwafa bank, Crédit du Maroc et CIH Bank. L’action de CMT est à accumuler, toutefois la minière ne communique pas assez sur sa stratégie.

Le marché boursier cherche une direction depuis la clôture de la publication des résultats de 2018. Durant les 19 séances du mois d’avril (du 1er au 25 avril), le baromètre de la place s’est légèrement renforcé de 1,8% à 11 106 points, ramenant sa contre-performance depuis le début de l’année à -2,09%. Durant cette période post-résultats, les investisseurs prennent position et les analystes ajustent leurs estimations des valeurs de la cote. BMCE Capital Research (BKR) a publié récemment son Stock Guide où elle émet ses recommandations pour plusieurs (Cf Tableau). Nous en avons sélectionné celles qu’elle conseille d’accumuler ou d’acheter.

Immobilier

Addoha. Le cours était de 11,35 DH à la clôture de la séance du 25 avril (cours de référence pour toutes les valeurs qui suivent). Il devrait atteindre 16 DH, soit une hausse de 41%. Un potentiel de hausse que les analystes justifient par la résilience du groupe immobilier, dans un contexte sectoriel lourdement impacté par un recul de la demande en logements conjugué à une pression sur les prix liée à une recrudescence de la concurrence.
En 2018, Addoha est parvenu à préserver ses équilibres bilanciels, avec une réduction annuelle de 7,4% de sa dette à 5,7 milliards de DH. Et un maintien en territoire positif de son cash flow d’exploitation à 870 MDH.
Du point de vue des investissements à l’étranger, les projets dans les différents pays africains de présence constituent désormais un relais de croissance pour le groupe. Suite au succès des premières commercialisations, il entend accélérer son rythme d’investissement dans les pays en question, avec le lancement de deux autres programmes économiques et sociaux en Côte d’Ivoire, d’un projet d’appartements baptisé Bellevue Resort sous sa marque de haut standing «Prestigia». Et la livraison de projets en Guinée Conakry.
Dans ce sillage, le management table sur des préventes en Afrique de 2000 unités en 2019, pour un chiffre d’affaires sécurisé de plus de 900 MDH sur les deux prochaines années
Résidences Dar Saada. La filiale du groupe Palmeraie Développement entend poursuivre sa vision 2018-2020, orientée renforcement de son activité historique (l’innovation dans l’habitat social en adéquation avec la demande), combiné à la montée en puissance du segment moyen standing et au lancement de nouveaux projets en Afrique.
Une vision ambitieuse qui a d’ailleurs commencé à porter ses fruits, au vu des bonnes réalisations du groupe : le poids du segment social a été ramené à 63% dans les revenus globaux, contre un objectif compris entre 60% et 70% sur la période 2018-2022. Aussi, la part du moyen standing a été portée à 30%, contre un objectif de 25% à partir de 2018.
Dès 2019, le continent africain devrait contribuer à hauteur de 19% dans les revenus globaux du groupe et ce, suite à la livraison de la 1ère tranche du projet immobilier ivoirien, consistant en 2 000 unités sur une assiette foncière de 40 ha, dont la mise en chantier a démarré au 2e semestre 2018.
Au volet perspectives, le groupe table sur des préventes de 5 000 unités en 2019 et de 5 500 en 2020. Les livraisons devraient, elles, se fixer autour de 5 500 unités sur les deux prochaines années pour un résultat net consolidé devant atteindre à terme plus de 350 MDH.
La valeur recèle un potentiel de hausse de 66%.

Les titres à acheter, conserver ou accumuler

Banques

Attijariwafa bank. En bourse, le titre devrait s’établir à 490 DH, soit un potentiel de hausse de 14%, par rapport à son cours de référence du 25/04. Les analystes envisagent de bonnes performances pour ATW cette année. Pour ce faire, la banque devrait maintenir son coût du risque stable sur les années à venir, suite à ses efforts de provisionnement depuis 2012. Elle devrait aussi développer sa stratégie de digitalisation, notamment à travers l’application de paiement mobile de Wafacash. Et, marquer une pause, sur le court terme, en matière d’acquisitions à l’international, compte tenu de la forte consommation engendrée par ce type d’implantations, aussi bien en fonds propres qu’en ressources. Le groupe devrait ainsi développer l’activité de sa filiale égyptienne ayant pour objectif de gagner 1,3 pt de part de marché à 2% d’ici 2020.
Crédit du Maroc. Le renforcement continu des indicateurs financiers de Crédit du Maroc est le fruit de sa stratégie de croissance. La banque semble s’investir davantage dans son développement, notamment à travers le lancement de trois projets majeurs pour un investissement d’un milliard de dirhams sur les quatre prochaines années, dont la modernisation du système d’information, la construction de son siège de 13 000 m2 à 330 MDH et le lancement du projet «Agence du Futur». L’amélioration de son profil de risque se poursuit à travers l’assainissement des anciens dossiers et la constitution d’une Provision pour Risques Généraux (PRG) égale à deux fois son résultat net (près de 660 MDH).
CIH Bank. Suite au renforcement prévu de ses fonds propres à travers une augmentation de capital de 500 MDH devant avoir lieu cette année, la banque devrait présenter des perspectives très favorables se manifestant notamment par l’amélioration continue de ses indicateurs financiers (hausse prévisionnelle du PNB de 5,6% sur la période de 2018 à 2020). Et, la diversification de la nature de ses créances avec une amélioration de la part des crédits hors immobiliers à 41,2% en 2018 (contre 33,5% en 2017). Tenant compte de ces éléments, BKR table sur un cours cible de 311 DH (contre 284,05 DH au 25 avril).

PER 2019 par secteur d’activité

Assurances

Wafa Assurance. Après une année marquée par une forte augmentation de la sinistralité nette de 350 MDH provenant principalement de l’automobile et des risques de pointe, la compagnie compte agir sur différents leviers, à savoir l’évolution vers des tarifs personnalisés, la mise en place de restrictions en termes de dispositif d’indemnisations. Et l’arrêt de l’inclusion de certains services complémentaires gratuits dans les contrats d’assurance afin d’en réduire l’impact. Compte tenu de la solidité des fondamentaux de l’assureur et en attendant les retombées positives des mesures devant être instaurés, les analystes recommandent d’accumuler le titre dans les portefeuilles.
Saham Assurance. L’assureur devrait afficher des performances en hausse sur les années à venir, notamment grâce aux mesures prévues pour faire face à la sinistralité, notamment la poursuite de la mise en place de mesures anti-fraude, la restriction des prestations d’assistance gratuites. Et l’adhésion au principe de fixation des tarifs, selon le profil de risque des clients proposé par l’ACAPS.
Compte tenu de ces éléments et de la chute du cours en ytd (-26,1%), les analystes conseillent d’accumuler le titre qu’ils valorisent à 1 224 DH.
Atlanta. La recommandation d’accumuler le titre est motivée par certains éléments, notamment la stratégie commerciale agressive d’Atlanta traduite par le lancement de produits innovants. Sa capacité à faire face à l’application de la SBR, grâce à une marge de solvabilité de 310% en 2018, largement supérieure au minimum réglementaire. Et, sa volonté de renforcer son positionnement en côte d’Ivoire et ses parts de marché. La société de recherche fixe un cours cible de 64DH contre 53,40 DH en bourse.

Autres valeurs

Price to book(cours/actif net) 2019 des secteurs

Cosumar. Après une année 2018 plutôt difficile, les analystes tablent pour le groupe sur une amélioration des réalisations financières 2019, profitant notamment d’un redressement attendu de la prime de blanc sur le marché mondial de sucre, devant induire une reprise des exportations nationales, comme en atteste leur bond de 46,7% à 67,7 KT pour 251,8 MDH (+33,8%) à fin février 2019. Du démarrage des activités de la nouvelle unité de conditionnement et de commercialisation de sucre en Guinée-Conary au 3e trimestre 2019 et celle de la raffinerie de l’Arabie Saoudite au 4e trimestre 2019. Et de la non concurrence de la charge exceptionnelle de 167 MDH relative au contrôle fiscal dont Cosumar a fait l’objet. Pour toutes ces raisons, les analystes conseillent d’accumuler les titres du sucrier de la place dans les portefeuilles.
Delta Holding. Le titre en bourse devrait s’établir à 40 DH selon les estimations. Ces dernières tiennent compte de plusieurs éléments, notamment la poursuite du développement de l’activité export de sel gemme à partir du port de Casablanca sur des navires de plus de 40 000 tonnes, permettant une amélioration de la logistique maritime et ainsi d’augmenter les quantités exportées en Europe et en Amérique.
La poursuite d’une politique d’innovation avec l’acquisition de nouveaux moyens de production plus performants, la mise en œuvre de méthodes de gestion prudente. Et, l’importance du carnet de commandes évalué à 5,4 milliards de DH (soit 19 mois du CA).
Label’Vie. Les analystes tablent sur une consolidation de son rythme de croissance en 2019, du fait notamment de l’effet sur une année pleine des nouveaux points de vente, des magasins et hypermarchés et du dynamisme prévu des ventes des boissons alcoolisées suite au glissement des mois sacrés de Chaabane et Ramadan vers les mois de mai et juin 2019. Ainsi que de la poursuite de sa politique d’optimisation des charges opératoires et de la transformation attendue de sa filiale Aradei Capital en OPCI, devant induire une meilleure remontée de dividendes.
Sothema. La même recommandation d’accumulation est formulée pour le titre de la société spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de médicaments, qui devrait s’établir à 2 011 DH. Le potentiel du cours est boosté notamment par son positionnement judicieux sur le marché local avec une large gamme de produits couvrant plusieurs pathologies, le doublement de sa capacité de production de sérums pour mieux répondre à la demande locale et internationale. Le potentiel important à capter en Afrique de l’ouest avec la montée en puissance progressive de sa filiale sénégalaise Waph. Et l’éventuelle entrée sur le marché européen avec le lancement d’une gamme de compléments alimentaires via sa filiale implantée en hollande Leiden Pharma.
Total Maroc. Les analystes conseillent d’acheter les titres du 3e distributeur de produits pétroliers au Maroc. Compte tenu de sa capacité récurrente à surperformer son marché avec des écoulements en hausse de 13% en 2018, une stratégie d’investissements ambitieuse qui consiste notamment en l’élargissement du réseau de distribution (12 ouvertures en 2018). Une politique innovante avec le développement continu de concepts à forte marge et dont le taux de pénétration est en perpétuelle hausse. En plus d’une éventualité de décompensation à venir du marché du gaz de butane devant avoir a priori un impact positif sur les résultats de l’opérateur. Au volet boursier, le groupe offre un rendement de dividende supérieur à celui du marché.
Compagnie minière de Touissit. Dans un contexte actuellement marqué par un retour à la normale des conditions d’exploitation, les analystes conseillent d’accumuler le titre CMT dans les portefeuilles, sur la base de l’avancement du projet d’extension de la mine avec une augmentation de la production estimée à 25% pour atteindre 370 000 tonnes par an à partir de 2020 avec des cash-costs en amélioration de 10%. De la capacité récurrente de CMT à renouveler les réserves de la mine, du lancement probable d’une production aurifère une fois la certification de ressources de 1,5 tonne confirmée (une tonne selon les dernières informations dont dispose BKR). Ou encore du climat social redevenu vraisemblablement apaisé.
Toutefois, les analystes continuent d’attirer l’attention sur le manque de communication quant à la stratégie de la société et à la nature compliquée de la structure de son actionnariat. Par ailleurs, le niveau de distribution observé en 2018 serait difficilement réitéré en 2019, au regard de sa capacité bénéficiaire normative, ainsi que des niveaux de réserves vidées. D’autant plus que la société a entamé le remboursement du prêt contracté auprès de la Berd destiné à financer son projet d’extension de la mine Tighza.

Dividend Yield (dividende/action) 2019 des secteurs