Bonnes perspectives pour les industries agroalimentaires cotées

Brasseries du Maroc renoue avec la croissance en 2016. Cosumar récolte les fruits de la bonne campagne sucrière et de sa stratégie d’expansion. Lesieur, malgré un contexte toujours difficile, est à conserver dans les portefeuilles.

BMCE Capital a publié ses recommandations pour trois valeurs du secteur agroalimentaire. Rappelons que le secteur a bouclé les 6 premiers mois de l’année en cours sur de bonnes performances, avec un résultat net global de 950,7 MDH, en hausse de 38,5%.

Ainsi, les analystes recommandent d’accumuler le titre Brasseries du Maroc dans les portefeuilles et le valorisent à 2 098,2 DH (contre un cours de 2 250 DH le 15 novembre). La société adossée au groupe français Castel est actuellement le seul opérateur industriel sur le marché marocain de la bière avec une part de marché de plus de 95%. Sur le 1er semestre de l’année, le brasseur national a accusé une baisse de 2,5% de son chiffre d’affaires, à 923 MDH. Une évolution qui intègre une baisse des ventes de la bière, due notamment au glissement du Ramadan vers le 1er semestre et à la poursuite de la fermeture des caves d’alcools dans la grande distribution. Toutefois, le groupe devrait profiter notamment de la stabilisation de la fiscalité sur les boissons alcoolisées, de la poursuite de la baisse des cours du malte, qui lui ont déjà permis de réaliser un gain de près de 3 MDH, mais également de l’amélioration de la politique de distribution avec une optimisation de la flotte logistique ainsi que le développement de la distribution directe, étant plus rentable et permettant une meilleure maîtrise du circuit. Dans ces conditions, les ventes à fin 2016 devraient augmenter de 3%, à 2,3 milliards de DH, et le RNPG de 12,3%, à 295,7 MDH.

Pour sa part, Cosumar a pu tirer profit cette année d’une excellente campagne sucrière, portant son taux de couverture des besoins nationaux à près de 50%, contre 43% à fin 2015. A fin juin 2016, le groupe a hissé son chiffre d’affaires à 6,2 milliards de DH, en hausse de 12,1%, pour un RNPG en amélioration de 27,6% à 515,6 MDH.

Evoluant dans un contexte caractérisé par une détente des cours des hydrocarbures et d’une poursuite de la hausse des prix du sucre brut, le groupe devrait poursuivre sa croissance durant le 2e semestre. Il devrait aussi profiter d’une consolidation des performances de son activité export à travers notamment l’augmentation de la capacité de raffinage de l’unité de Casablanca à partir du 2e semestre 2017, et de la poursuite des efforts en termes de Recherches et Développement et d’accompagnement des agriculteurs dans le cadre des préparatifs de la campagne nationale 2016/2017. Le sucrier devrait également profiter de sa stratégie de développement de l’amont agricole national en s’appuyant sur les plans d’actions entrepris dans le cadre du Contrat-Programme sucrier 2013-2020 et du Plan Maroc Vert. Ainsi que de l’amélioration de la compétitivité et de la flexibilité de l’outil industriel, en cours de finalisation pour un investissement de 1,08 milliard de DH. Par ailleurs, le groupe vient d’annoncer la fusion par absorption de sa filiale Sucrerie raffinerie de l’Oriental (SUCRAFOR) afin d’optimiser les moyens et renforcer les synergies entre les deux entités, leur permettant d’accroître leurs performances globales.

Sur le volet international, Cosumar a posé sa pierre à l’édifice en Arabie Saoudite, avec une prise de participation de 43% dans le capital de la société «Durrah Advanced Developement Co».

A la lumière de ces éléments, les analystes tablent sur une hausse de 8% des ventes du groupe, à 7,5 milliards de DH, et une embellie de 31% du résultat net, à 842,6 MDH. Dans ces conditions, le titre devrait atteindre 258,60 DH (contre 273 le 15 novembre). Les analystes recommandent de l’acheter.

La 3e valeur analysée par la société de bourse est Lesieur Cristal. Evoluant dans un contexte économique peu encourageant, la filiale du groupe Avril a bouclé le semestre sur un recul du chiffre d’affaires de 2,7%, à 1,9 milliard de DH et un RNPG suivant la même tendance baissière à 93 MDH (-8,8%). Pour le 2e semestre de l’année en cours, les réalisations financières du groupe devraient ressortir en baisse par rapport à la même période de l’année précédente. Suite à la jonction de plusieurs paramètres, à savoir le ralentissement de la croissance économique, et l’effritement des cours de l’huile d’olive à l’échelle internationale, induisant une dégradation des opportunités d’exportation de l’huile d’olive marocaine. Aussi, la poursuite de la baisse des cours des oléagineux devrait affecter les revenus du groupe sur l’activité Huile de table.

Face à ce contexte, le groupe devrait continuer à bénéficier de la solidité de son assise financière, affichant un désendettement de 328 MDH au 1er semestre 2016, et ce, en dépit d’un programme d’investissement lourd de 405 MDH, étalé sur la période 2014-2017. Lesieur devrait également profiter de sa capacité d’innovation et de transformation du capital de ses marques phares (Taous, El Keff, etc.) à travers le lancement de nouveaux produits.

Compte tenu de ces paramètres, les analystes prévoient pour le groupe un chiffre d’affaires à fin 2016 de 3,9 milliards de DH, en recul de 2,1%, et un résultat net de 166,4 MDH (contre 200 MDH à fin 2015). Dans ces conditions, le cours cible est de 131,60 DH, soit un potentiel de hausse de 9,2% par rapport à son cours du 15 novembre. Les analystes recommandent de conserver le titre.