Mot clef "Fadel Boucetta"

Que pourra donc faire le président du Parquet général face à cette corporation très soudée et regroupée dans des organismes bien structurés ? La question semble se poser avec d’autant plus d’acuité que, lors de la récente ouverture de l’année judiciaire, le président a réclamé davantage de moyens matériels afin, justement, de garantir son indépendance par rapport à l’Exécutif.

Les délits commis sont minimes, surtout des petits larcins dont les auteurs sont, le plus souvent, des personnes ordinaires au casier judiciaire vierge. Mais comme dit l’adage, l’occasion crée le larron. Et c’est par un effet de groupe que les jeunes banlieusards s’enhardissent, s’encouragent mutuellement, voulant profiter de leur passage en ville pour faire, si l’on ose dire, «quelques emplettes».

Equité, respect des droits des justiciables, protection des faibles contre les puissants, application des lois et des règlements, tels sont les principes qui sous-tendent les décisions de la Justice. Mais on se rend compte, qu’au fond, elle crée autant d’insatisfaits que de satisfaits.

Alors, «y a-t-il des témoins», demande benoitement le président, à tout hasard ? «Dieu est témoin» -formule souvent utilisée en arabe dialectal-, répond spontanément l’un des protagonistes. Flottement dans la salle, et bref hésitation du président, qui prend quand même le temps de consulter rapidement ses assesseurs. «Irrecevable», tranche alors le président.

Il est intéressant de remarquer que tous les fonctionnaires œuvrant dans un tribunal ne font pas partie de la même administration. En effet, pour d’obscures raisons de gestion, et apparemment pour sécuriser les fonds transitant par un tribunal, les agents du tribunal relèvent tous du ministère de la justice, qui a la charge de tous les tribunaux du Royaume, à l’exception des agents comptables, qui, eux, relèvent du ministère des finances !

« Vous pouvez prendre la main de votre épouse, Monsieur, le tribunal vous y autorise », conclut le juge. Obéissant à l’injonction amicale du magistrat, le jeune homme prit la main de la jeune dame, Déclenchant, à la surprise générale, une réaction spontanée des personnes présentes dans la salle…qui se levèrent debout comme un seul homme et se mirent à applaudir le couple…

Une fois la plainte déposée, le dossier atterrit sur le bureau d’un substitut du Procureur, voire du Procureur en personne, si les montants en question sont très élevés ou si l’une des personnes mises en cause se trouve être une personnalité.

Les représentants du Parquet ont aussi l’accréditation d’OPJ, Officier de police judiciaire. le titre, qui date du Protectorat, se voulait dans le but de faciliter les enquêtes policières… «Sous la supervision du Parquet compétent», comme on dit chez nous à la Télé. Diantre! Un magistrat policier? En principe, cela ne pourrait être, partant du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Un juge appartient au monde judiciaire, et un policier relève du système exécutif.