Plébiscite pour le bilan à mi-mandat du président Faouzi Lakjaâ et son équipe

Construction de plusieurs infrastructures sportives n L’apport financier de la fédération s’élève à 350 MDH par saison sportive. Convention historique entre la FRMF et la Fondation Mohammed VI des champions sportifs.

On a rarement vu, en tout cas pas ces dernières années, une assemblée générale de la Fédération royale marocaine de football se tenir dans un climat de sérénité et de consensus positif pour l’équipe en place. C’est dire que la dernière assemblée générale de la FRMF, qui s’est tenue mardi 9 février à Skhirate, était assez singulière. Certes, parce que, d’abord, elle intervient dans une conjoncture footballistique nationale spéciale avec notamment les derniers résultats décevants de la bande à Fakhir mais aussi sur fond de polémique et de rumeurs sur un éventuel départ de Baddou Zaki. Mais l’AG du 9 février était surtout très attendue parce que toute la grande famille du foot au Maroc attendait impatiemment de découvrir le bilan à mi-mandat du nouveau président, Faouzi Lakjaâ et de son team. Et pour résumer d’entrée de jeu, on peut dire qu’au terme de 22 mois de travail les résultats sont probants, comme en a d’ailleurs attesté la majorité des interventions des membres qui ont suivi l’exposé du président Lakjaâ, en ouverture de séance, et les présentations préliminaires des rapports moral et financier.

Faut-il rappeler qu’il y a 22 mois, au moment de l’élection du nouveau président, beaucoup restaient dubitatifs quant à sa capacité à honorer les promesses qu’il avait alors exprimées ? Aujourd’hui, l’ambiance a nettement changé. C’est que les chantiers annoncés lors de l’investiture du nouveau comité directeur ont tous été lancés aussitôt, certains sont au stade de l’amorce, la plupart sont au quart, voire à la moitié de leur réalisation, et quelques-uns sont pratiquement achevés.

A commencer par les infrastructures sportives qui constituent un levier incontournable du développement du football. C’est ainsi que le 4 juin 2014 fut signée une convention réunissant les ministères de la jeunesse et des sports, de l’intérieur, de l’équipement et des finances autour de la FRMF pour lancer un chantier ambitieux. Il s’agit de la construction de pas moins d’une centaine de terrains de compétition en pelouse synthétique, 11 centres de formation, 11 sièges pour les ligues régionales à réaliser sur la période allant de 2014 à 2016 avec une enveloppe de 1,5 milliard de DH. Toute une organisation a été mise en place pour concrétiser cette convention visant à consolider l’infrastructure sportive nationale, qui en est à ce jour à 60 terrains de compétitions livrés.

L’importance des subventions

L’investissement en infrastructures a porté aussi sur l’évolution du Centre national de formation Maâmora de la FRMF, qui devra abriter l’ensemble des activités de la direction technique nationale et des concentrations des équipes nationales.

Afin d’accompagner le développement des différents championnats, un soutien supplémentaire a été consenti afin d’augmenter les subventions accordées, et une rigueur particulière a été imposée dans la mise en place et le respect de la programmation, notamment pour la division élite dont la diffusion régulière toutes les cinq journées du programme est issue d’une coordination avec le détenteur des droits TV et avec les intervenants sécuritaires. L’apport financier ainsi consolidé s’élève à plus de 350 MDH dans ce secteur par saison sportive, dont près de 280 MDH dans les subventions accordées aux clubs, le reste étant réparti entre les Ligues, l’arbitrage, les primes et les compétitions africaines.

Le football féminin n’est pas en reste. Il a été défini comme axe majeur de développement comme annoncé lors du premier rassemblement des amateurs à Mohammédia bénéficiant de la mise en place d’un championnat national U17 et l’inscription pour la première fois de l’équipe nationale U17 féminine en compétition internationale.

De même, le championnat national de futsall dont la commission permanente est en charge de la gestion sur de nouvelles bases, a bénéficié d’une valorisation en temps de visibilité, d’une part, grâce aux finales organisées par la FRMF en 2014 et en 2015, et, d’autre part, grâce à une programmation régulière instaurée auprès du diffuseur national. C’est dans un contexte de préparatifs de tout premier ordre avec des infrastructures sportives et logistiques prêtes à accueillir le plus grand événement d’Afrique que le Maroc a été contraint de demander le report de la compétition en raison de la menace du virus Ebola, et ce, le 17 octobre 2014.

Des partenariats clés

Dès lors, une série de réunions a été engagée avec la CAF, focalisant toutes les énergies afin de résoudre cette situation qui s’est malheureusement conclue le 6 février 2015 par une lourde sanction de la CAF, écartant, d’une part, le Maroc de la CAN 2017 et 19 et assortie, d’autre part, d’un montant d’indemnités significatif. Une décision qui a sonné le glas des espoirs des Marocains assoiffés de titres. La FRMF s’est alors investie sur le plan juridique, s’entourant des meilleurs experts pour tenter de faire appel auprès du TAS de cette sanction qui paraissait démesurée et fini par avoir gain de cause lors de l’audience historique du 17 mars 2015 à Lausanne. Une victoire sans précédent.

Le renforcement des ressources mises à contribution pour le développement du football fut marqué par une mesure à forte connotation sociale, puisqu’il s’agit non seulement d’assurer l’ensemble des acteurs de football mais de définir un soutien au régime des retraites des professionnels de cette discipline. Le 3 juin 2015 fut signée une convention historique entre la FRMF et la Fondation Mohammed VI des champions sportifs.

Le soutien aux équipes nationales et au développement du football national a bénéficié de donations exemplaires annuelles de bank Al Maghrib, de l’OCP et de la Caisse de dépôt et de gestion qui définissent ainsi un levier majeur de ressources investies dans le développement du football et le soutien aux équipes nationales.

Les autres partenariats dans ce domaine arrivant à échéance ont été reconduits, plus particulièrement celui qui lie la FRMF à Maroc Telecom qui fut augmenté et revu pour quatre années supplémentaires, notamment avec la mise en œuvre du naming du championnat national d’élite, désormais Botola Pro Maroc Telecom.

Evidemment, cette assemblée générale a été l’occasion pour le patron de la FRMF de revenir sur les performances des sélections nationales. Laconique, il a affirmé que «les équipes de certains pays en état de guerre et ne disposant que de peu de moyens arrivent à réaliser de belles performances», assurant qu’en dépit de tous les moyens que nous offrons à nos équipes nationales, «nous avons une crise de résultats».

Mais le peuple du foot et ses responsables ne désespèrent pas pour autant. Le travail de fond réalisé ces deux dernières années et celui aujourd’hui en cours finiront bien par nous sortir de la spirale des mauvais résultats.