Les comptes des clubs de la Botola Pro se redressent

Les recettes de l’ensemble des clubs de la Botola pour la saison 2017/2018 ont atteint 610 MDH, une hausse de 20%. Les charges d’exploitation s’élèvent à 507 MDH, en progression de 12% par rapport à l’exercice précédent. La masse salariale de l’ensemble des clubs s’est appréciée de 5%, à 321 MDH.

Beaucoup de monde le dit : la gestion administrative et financière des clubs de football au Maroc est chaotique. Cette perception ne devrait plus durer. Depuis deux ans et suite à l’entrée en application de la nouvelle réglementation (voir encadré), les résultats financiers globaux de tous les clubs sont en amélioration. Selon M. Abdelaziz Talbi, président de la Commission de contrôle de gestion de la FRMF, le total des recettes courantes de l’ensemble des seize clubs de la première division de la Botola (2017/2018) est de 610 MDH, en hausse de 20% sur une année. «Cela est considéré comme une forte amélioration en comparaison avec les 5% qui étaient prévus», explique M. Talbi. Aucun secret quant aux raisons de cette belle évolution : «Les clubs ont amélioré leurs entrées. C’est aussi simple que ça. Il s’agit des recettes issues des contrats de sponsoring, des subventions, de la billetterie et de la vente des joueurs. Ce sont les principales sources de revenus des clubs», détaille M. Talbi.

Dans le même temps, les charges d’exploitation se sont appréciées de 12% pour s’établir à 507 MDH. «Les charges ont ainsi augmenté moins rapidement que le chiffre d’affaires. Donc nous pouvons dire qu’il y a une amélioration globale», commente le président de la Commission de contrôle de gestion de la FRMF.

La structuration demeure inéluctable

Les problèmes financiers ne sont pas pour autant résolus. Les fonds propres demeurent, à fin juin 2018, négatifs de 158 MDH, ce qui correspond en moyenne à 10 MDH par club. Les dettes, quant à elles, s’élèvent à 395 MDH pour des créances de l’ordre de 165 millions. Enfin, la trésorerie s’élève à 43 MDH. Ces chiffres montrent à quel point il faudra consentir des efforts pour assainir les comptes des clubs de première division. Des chiffres de la FRMF, il se dégage qu’il y en a qui sont sur la bonne voie. A juin 2018, onze clubs affichaient une trésorerie positive de 60 MDH. «Ce qui fait qu’il n’y a que cinq clubs qui ont une trésorerie négative de moins de 15 MDH», nous explique M. Talbi. Ces chiffres étant globaux, il est évident qu’il y en a qui s’en sortent beaucoup mieux que les autres. Quoi qu’il en soit, l’impact des résultats sportifs sur la situation financière des clubs, et vice versa, n’est pas automatique. Certains clubs, malgré leur situation difficile, arrivent à s’en sortir sur le plan sportif. Mais dans la plupart des cas, la relégation est inévitable. Dans le cas du Kawkab de Marrakech, la perspective de l’achat du club par un investisseur français, si cela se concrétise, sera salutaire. Une solution qui ouvrira fort probablement la voie à une nouvelle ère du football national. «Et à une gouvernance plus structurée», précise le président de la CCG. Cette structuration des clubs, le processus de transformation en S.A en cours y contribuera sans doute davantage. Les blocages rencontrés par les clubs en ce sens, notamment ceux dotés de multi-sections, ne feront pas arrêter le processus.

Depuis 2015, date de la mise en place de la Commission de contrôle de gestion au sein de la FRMF, seize clubs de la première division et quatorze clubs (sur seize) de la deuxième division ont été incités à respecter l’obligation de tenir une comptabilité patrimoniale. Leurs comptes doivent également être certifiés par un commissaire aux comptes. Cette étape a été considérée comme une grande avancée qui facilitera, de surcroît, la transformation des associations en S.A. Pour inciter les clubs à respecter ces obligations, la FRMF agit sur le volet du recrutement. Comment ? L’octroi par la fédération des licences durant le mercato dépend, pour les clubs en difficulté, de la réalisation d’un plan de restructuration, sur lequel figurent les projections financières. «Si le club respecte cet engagement, et améliore ses finances, nous autorisons le recrutement. Sinon, le recrutement est bloqué par la commission du contrôle de gestion», explique Abdelaziz Talbi.

 

«Les frais de personnel représentent 80% des charges d’exploitation»

Ce n’est pas une spécificité de la Botola nationale, les frais de personnel représentent 80% des charges d’exploitation. En 2017/2018, elles étaient de l’ordre de 321 MDH, en augmentation de 5% par rapport à l’année précédente (306 millions). Globalement, cette évolution montre une meilleure maîtrise des finances.
Par ailleurs, entre les petits clubs, offrant les plus basses rémunérations, et les ténors de la Botola, l’écart en termes de salaires est considérable. Si la masse salariale atteint environ 9 MDH chez les premiers, les grosses pointures en sont à environ 47 millions annuellement. Il va sans dire que ce sont les deux plus grands clubs de la capitale économique, le Raja et le WAC, qui paient les salaires les plus élevés de la Botola.

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