Finances : les bons élèves de la première division

Les résultats des clubs de la Botola Pro sont positifs bien qu’ils ne réalisent pas de gains colossaux. Des clubs, comme le DHJ, arrivent à garder un équilibre entre la performance et les résultats financiers. La bonne performance sportive a eu un effet positif sur les finances du Wydad.

Si l’obligation de tenir des comptes certifiés n’a été renforcée que récemment, certains clubs comme le Raja ou le DHJ d’El Jadida le font depuis très longtemps. Mais, globalement, les efforts de restructuration des clubs entrepris dans le sillage de la professionnalisation du sport au Maroc portent leurs fruits. Les résultats des clubs ci-dessous le montrent.

Le DHJ maintient son équilibre

Sur le devant de la scène du processus de transformation des clubs en S.A, le DHJ est un des clubs qui réussit à maintenir un équilibre sain entre ses performances sportives et ses résultats financiers. Sa stratégie commerciale, surtout en termes de sponsoring, et sa politique de vente de joueurs portent leurs fruits annuellement. En 2017/2018, le club doukkali a réalisé un excédent de 6 MDH, le total des recettes ayant atteint 67 millions, contre 61 millions de dépenses. Les recettes de sponsoring et les droits de diffusion ont été respectivement de l’ordre de 17,3 et de 8,8 MDH. Au club jdidi qui en a fait une spécificité, les prêts et les ventes des joueurs ont rapporté respectivement 4,6 et 13,5 millions au cours du même exercice. Sans compter des gains dits exceptionnels issus d’abandons de contrats des joueurs pour un montant de 8,5 MDH.

Le FUS a choisi la pérennité

Le Fath de Rabat (FUS) est également l’un des premiers à avoir pris le chemin de la restructuration. Selon le président Hamza El Hajoui, la tenue d’une comptabilité certifiée par une commissaire aux comptes est une pratique qui a commencé au club depuis une dizaine d’années, bien avant la mise en place de la CCG de la FRMF. Au cours de cette période, le club a généré des recettes annuelles d’une moyenne de 40 MDH, avec un niveau de bénéfices qui varie de 1 à 3 millions. «Le bénéfice le plus élevé est atteint pendant les saisons qui ont connu un bon mercato», commente M. El Hajoui. En termes de recettes, le sponsoring génère entre 60 et 70%. Le reste est couvert par la billetterie (environ 5%), les loisirs (10%) et les subventions. «La variable provient de la vente des joueurs. Or, nous sommes sur une tendance stable au niveau des recettes et des dépenses depuis quelques années», souligne M. El Hajoui.

Le Raja sort du gouffre mais reste endetté

La situation comptable bénéficiaire, réalisée en 2017/2018 par les verts, avec un résultat net de 3,8 MDH contre – 115 MDH l’exercice précédent, a couvert une année 2016/2017 très difficile. Cette performance est d’autant plus positive que, sur le plan financier, la saison a commencé aussi mal que la précédente. «Ce résultat se décompose en un résultat net négatif de 3,7 MDH, sur la période du 1er juillet 2017 au 31 mars 2018, et un profit de 7,5 MDH sur la période du 1er avril 2018 au 30 juin 2018», lit-on sur le rapport financier 2017/2018 du club casablancais. Le même document explique ce retour à une situation positive par, à la fois, «l’augmentation des produits d’exploitation de 39% et la maîtrise des charges d’exploitation qui n’ont évolué que de 16%, mais aussi à des dotations aux amortissements et provisions qui ne concernent que la saison 2017/2018».
Au 30 juin 2018, le total «Actif» du club s’élève à 211,9 MDH. Ce montant recouvre, entre autres, la valeur du terrain et de l’académie du Raja en cours de construction (120 MDH), la valeur nette des contrats des joueurs (38 MDH) et les produits à recevoir (23 MDH dont 6 MDH de soldes anciens et douteux). «Au niveau du passif, les fonds propres et quasi fonds propres sont positifs à 8 MDH et les autres passifs s’élèvent à 204 MDH. Ce total de 204 millions fait ressortir une dette certaine de 80 MDH dont 32 millions étaient exigibles à court terme. Au 31 mars 2018, cette dette exigible à court terme était même de 50 MDH». Le fait le plus saillant de ces chiffres est que la dette du club constitue environ 20% de l’ensemble des dettes des seize clubs de la première division de la Botola Pro (395 MDH). Le club demeure pour autant le seul à mettre en ligne publiquement son rapport financier.

Le Wydad tiré par sa bonne performance sportive

Le Wydad, vainqueur de la Ligue des champions africaine en 2017, est également en lice pour remporter la même compétition cette année. Dans le sport business, l’effet d’une telle bonne performance sportive sur les finances est automatique. A propos des résultats financiers, les produits du WAC en 2017/2018 sont en nette augmentation par rapport à 2016/2017. Cette augmentation est constatée essentiellement dans les droits de télévision, les subventions et les primes (plus de 8,7 MDH), le transfert des joueurs (plus de 7 MDH) et la billetterie (plus de 3,2 MDH). Globalement, les recettes ont atteint en 2017/2018 114 MDH contre 91 millions l’exercice écoulé.
En ce qui concerne les charges, elles se montent à 83 millions, dont 46% (38,2 MDH) pour les salaires et les primes des joueurs. Le règlement des litiges et les déplacements des équipes ont aussi pesé lourd puisqu’ils ont constitué respectivement 19% (15,4 MDH) et 12% (9,9 MDH) du total des charges. Début 2018, le WAC avait cédé son attaquant vedette Achraf Bencharki au club saoudien Al-Hilal, à 54 MDH -montant non officialisé par le club-, une première offre du club saoudien s’élevant à 32 MDH ayant été refusée par le Wydad. En tout cas, cette somme n’apparaît pas de manière claire sur les résultats financiers 2017/2018 du club.

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