MRE : Une feuille de route tracée pour attirer les compétences marocaines à l’étranger

Création de réseaux géographiques, par corps de métiers, de réseaux des entrepreneurs…, plusieurs actions ont été concrétisées dans le cadre du programme de mobilisation des compétences. Plusieurs organismes nationaux et internationaux sont impliqués.

Depuis quelques années, le Maroc multiplie les efforts afin d’attirer les compétences marocaines résidant à l’étranger. Estimés à près de 5 millions de personnes dont 80% sont établies en Europe, les MRE représentent en effet un levier potentiel pour contribuer aux enjeux de développement socio-économique du Maroc.

Le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration estime également à plus de 400 000 les MRE qui ont un niveau Bac+5 et plus, et le taux d’émigration des Marocains «très qualifiés» dans les  pays de l’OCDE est de 16%. C’est sur cette base que le ministère a tracé ses objectifs qui constituent la feuille de route de son programme de mobilisation des compétences, à savoir offrir un cadre à ces compétences pour les informer sur les opportunités de leur implication, leur permettre de développer des partenariats avec les acteurs publics et privés marocains ou inscrire ces partenariats dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale et accompagner les porteurs de projets.

Parmi les actions concrétisées, on peut citer à titre d’exemple la création de réseaux géographiques (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France), la création de réseaux thématiques (réseau des compétences médicales marocaines du monde, réseau des dirigeantes et chefs d’entreprises marocaines du monde, réseau des avocats marocains du monde, réseau des artistes marocains du monde, réseau des environnementalistes marocains du monde), le financement du programme FINCOME pour la mobilisation des chercheurs et scientifiques marocains du monde (en partenariat avec le CNRST), ou encore la mise en place du programme «Business Leaders» pour la mobilisation des entrepreneurs marocains du monde (en partenariat avec Injaz Al Maghrib).

Un portail pour informer sur les opportunités d’affaires

Il faut souligner également que plusieurs organismes participent à cette feuille de route. Hormis le ministère, on peut citer plusieurs organismes nationaux et internationaux, notamment le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME), la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, l’Observatoire de la communauté marocaine résidant à l’étranger, l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), le ministère des affaires étrangères et de la coopération, l’USAID, la Commission européenne, l’Agence internationale pour le développement économique et social…

D’autres initiatives sont également en cours de réalisation. Elles concernent notamment la réalisation d’une étude sur la contribution des compétences marocaines résidant à l’étranger dans les différents chantiers de développement du Maroc, la création d’un réseau des journalistes marocains du monde ou encore la mise en place d’un programme d’encouragement des jeunes entrepreneurs marocains résidant à l’étranger (en partenariat avec StartUp Maroc). D’autre part, le ministère s’est également doté de la plate-forme «Maghribcom», un portail de mise en circulation de l’information en termes d’opportunités d’affaires, de collaboration ponctuelle, d’investissement ou d’emploi. Son objectif est de servir de tremplin pour établir des partenariats «gagnant-gagnant» entre, d’une part, les opérateurs économiques, les universités et les institutions de recherche au Maroc, et, d’autre part, les compétences marocaines du monde, de manière temporaire ou pérenne.

Sur le registre des investissements, le Maroc a également mis en place le dispositif «Fonds MDM-Invest» afin d’accompagner les investisseurs MRE potentiels. Seuls les projets supérieurs à 1 MDH sont concernés par ce fonds. Les investisseurs potentiels doivent disposer de 25% au minimum du montant total du projet d’investissement, sous forme d’un apport en devises à verser dans un compte en dirhams dédié au projet. Peut également être pris en compte au titre de cette quote-part l’apport en devises provenant d’un compte en dirhams convertibles ou d’un compte en devises. De même que 10% du montant de la quote-part des MRE dans le  projet peut être  sous forme d’une contribution non remboursable, avec un plafond de 5 millions de dirhams. Enfin, le reliquat peut être financé soit par un crédit bancaire soit par tout autre apport en numéraire.

A noter que seuls les secteurs de l’industrie et services liés à l’industrie, l’éducation, l’hôtellerie et la santé sont  éligibles à ce mécanisme.