Jeunes Africains au Forum Crans Montana : « ce qui est fait pour nous, sans nous, est fait contre nous »

Au Forum Crans Montana à Dakhla, les jeunes leaders africains ont appelé à leur intégration non seulement dans les réflexions mais aussi dans les décisions. Objectif : asseoir la paix et la sécurité dans le continent où 65% de population sont des jeunes.

Tenu du 14 au 17 Mars 2019 à Dakhla, le Forum Crans Montana a axé ses travaux lors de cette 5ème édition sur  cette population qui représente 65% des africains : les jeunes. “Bâtir une Afrique puissante et moderne au service de sa jeunesse” a été le thème central de cette édition. Ces jeunes issus d’un bon nombre de pays africains ont eu l’occasion d’échanger sur plusieurs sujets qui les préoccupent.

L’un des sujets les plus pressants est celui de “la jeunesse, paix et sécurité en Afrique”. Autour d’une table ronde, des jeunes se sont exprimés. Ils ont exposé la situation dans leurs pays respectifs et proposé des solutions en vue d’assurer la paix et la sécurité dans le continent.

Nos gouvernants doivent comprendre que nous n’avons pas besoin d’experts pour nous expliquer ce qui se passe chez nous. Les jeunes marocains sont les experts du Maroc, ils connaissent leurs problèmes et connaissent aussi les solutions à mettre en place”, a scandé Souleymane Satigui Sidibe, Secrétaire Général de l’Union panafricaine pour la Jeunesse. Estimant que le maintien de la paix et de la sécurité ne peuvent avoir lieu dans un pays ou même dans le continent sans la participation des jeunes, le SG de l’union panafricaine a ajouté que “ce qui est fait pour nous (jeunes. ndlr), sans nous, est fait contre nous”.

Responsabiliser les jeunes 

Khadim Diop, le président du conseil national de la jeunesse du Sénégal et vice président du conseil de la jeunesse Afro-arabe, rejoint cette position. Pour lui, “il ne peut y avoir de paix sans l’implication de la jeunesse”, a-t-il tranché, avant de s’atteler sur les facteurs qui brident la jeunesse, au Sénégal mais aussi en Afrique.

Pour lui, les défis sont multiples. Mais le plus pressant à son avis est celui des“ inégalités sociales”. Dans ce sens, il a exposé la situation de la jeunesse au sénégal. “l’Ouest de mon pays est plus développé que l’Est. Les jeunes de l’Est ne se sentent pas concernés par ce que nous réalisons comme activités à l’Ouest, où sont basés les universités, les hôpitaux ainsi que les infrastructures”.

Selon le représentant de la jeunesse sénégalaise, le problème est aussi d’ordre démocratique. Selon lui:  “alors que nous constitutions 65% de la population, dans le gouvernement nous ne representons que 1%”. Et d’ajouter, “sur les 156 députés, il n’y a que 5 jeunes”.

L’instauration d’une véritable sécurité en Afrique est synonyme de la responsabilisation des jeunes. Pour donner l’exemple, Khadim Diop a partagé ce que réalise le conseil dont il le président pour sensibiliser les jeunes de son pays sur le sujet de la paix et la sécurité. “Lorsque nous constatons des grèves dans des lycées, nous faisons appel aux leaders pour leur apprendre d’autres formes de lutte. Car, notre objectif est de former des médiateurs de la paix”, a-t-il précisé.

La responsabilisation des jeunes Africains va leurs permettre de ne pas être « utilisés » ou « manipulés ». « Pour remporter les élections, on fait appel aux jeunes. Pour brûler des pneus dans la rue, on fait appel aux jeunes. Mais pour accéder à la responsabilité, on nous dit que vous n’êtes pas matures”, a-t-il indiqué, en appelant les jeunes du continent à ne pas abandonner leur Afrique.