Espace Zettat : Questions à  Abdeljalil Bakkar, Président de l’association «Initiative urbaine»

« L’espace est ouvert à  tous les jeunes qui sont en difficulté ».

 La Vie éco : Pourquoi avez-vous lancé l’opération Zettat ?

 L’idée remonte à la création de notre association en 2002. Un de nos premiers soucis a été l’accompagnement des jeunes à l’insertion professionnelle. On est parti du constat qu’on est tous des jeunes du quartier et qu’on connaît les problèmes que rencontre cette catégorie de la population dans la recherche de l’emploi. Les jeunes souffrent du manque d’information, de méconnaissance de l’importance de supports comme la lettre de motivation ou le CV… Il fallait également faire prendre conscience à nos jeunes que l’Etat n’était plus un grand employeur et qu’il fallait se tourner vers le privé. Un secteur qui est exigeant aussi bien au niveau des qualifications qu’au niveau personnel.
Nous avons commencé par organiser des ateliers ponctuels de recherche d’emploi avec une agence privée de recrutement. En 2008, nous avons adhéré à un pôle Formation Insertion Professionnelle (FIP). Nous avons alors rencontré des associations de tout le Maroc travaillant dans l’insertion professionnelle de populations spéciales comme les anciens mineurs, les ex-cultivateurs de cannabis, des personnes aux besoins spécifiques ou encore les jeunes de la rue. Ce qui nous a poussés à formaliser cette action, en créant à partir de janvier 2013 l’espace Zettat, au sein même des locaux d’«Initiative urbaine».

 Qu’est-ce qu’un jeune peut espérer de l’espace Zettat ?

L’espace accompagne le jeune, l’informe, l’oriente et le forme afin qu’il décide lui-même de sa destination finale. C’est un espace qui sert à responsabiliser le jeune en le rendant autonome. L’espace Zettat, c’est de l’accueil et de l’écoute, mais aussi de la formation. Nous avons organisé des ateliers de formation en comportement, techniques de vente, sur le CV, la lettre de motivation, les techniques d’entretien.

Quelle est la population cible ?

Des jeunes en difficulté, c’est-à-dire des personnes qui n’ont pas accès à l’information. Nous nous occupons également de jeunes qui n’ont pas de diplômes comme le bac ou qui n’ont tout simplement aucune qualification. Théoriquement, l’espace est ouvert aux jeunes de 15 à 30 ans, mais il nous arrive aussi de recevoir des personnes de 35 ou de 40 ans, à la recherche d’un emploi.

Quels sont les obstacles que vous rencontrez dans le cadre de ce programme ?
Notre premier problème, c’est que les intervenants du secteur, entreprises, Etat et même le citoyen, n’ont pas encore compris qu’une association travaille sur l’insertion professionnelle. Au niveau de l’Etat, il y a peu de financements destinés à aider les associations à réaliser ce genre d’objectif. Nous avons également été confrontés à la rareté des profils de conseillers à l’emploi, parce qu’il n’y a tout simplement pas de formation de ce genre de profil. Il nous a fallu former nos propres accompagnateurs à l’emploi, ayant en plus la fibre associative nécessaire à ce genre de travail.