Bouchra Baibanou, alpiniste marocaine raconte ses escalades

Bouchra Baibanou, alpiniste marocaine, est la première personne, d’une nationalité marocaine, à avoir grimpé les plus hauts monts de la planète. Elle nous raconte sa passion.

Enthousiaste et débordante d’énergie, Bouchra Baibanou est aussi une perfectionniste. Elle tient à ce  que son point de presse, organisé ce jeudi 10 janvier à  Casablanca avec l’aide de sa soeur ainée, se déroule sans la moindre fausse note. Un événement auquel la Vie éco est partie à la rencontre de cette aventurière hors norme.

En l’espace de 8 ans, elle est devenue la première personne, de nationalité marocaine, à avoir atteint les sommets des 7 plus hautes montagnes de la planète, de l’Océanie à l’antarctique, en passant par l’Europe, l’Amérique du Sud et du Nord, l’Asie en commençant par son continent : l’Afrique.

Une aventureuse dans l’âme   

Depuis son enfance, elle a pour seule et unique passion :  voyager. D’abord, en famille mais, petit à petit, elle a pris gout au voyage en solitaire. Un de ses principes : le pas à pas. Elle raconte, avec nostalgie : “c’est à l’âge de 10 ans que j’ai découvert la montagne, grâce aux colonies de vacances, à Kharzouza notamment, mais je ne faisais que des randonnées. Ensuite, c’est à l’âge de 16 ans que j’ai escaladé, non outillée, le Mont Toubkal, et sans même aviser mes parents”.

Depuis, la physicienne de formation, pur produit de l’école publique, et cadre au ministère de l’équipement a escaladé le Mont Toubkal plus de 30 fois. C’est en réussissant ses études qu’elle a pu avoir la bénédiction des parents pour continuer à escalader. “Au début, on n’acceptait pas qu’elle parte toute seule. Mais, grâce à son brillant parcours scolaire, les parents avaient commencé à lui faire confiance pour voyager seule”, témoigne sa sœur aînée.

Une nouvelle vie, un nouveau défi

En 1999, elle s’est mariée. Sa nouvelle vie n’a rien changé à sa passion, bien au contraire. Prochain sommet ? le plus haut du continent noir : le Kilimandjaro. “C’est avec mon mari que j’ai voyagé au nord-est de la Tanzanie en 2011”, précise-t-elle.

A cette époque, la future maman ignorait l’existence du challenge des 7 sommets. “C’est grâce à une rencontre avec un alpiniste Singapourien, au Kilimandjaro, que je l’ai appris”, se rappelle-t-elle. “Il m’avait encouragé à tenter l’aventure et  invité de le rejoindre au Mont blanc pour m’exercer”, ajoute-t-elle.

Depuis, elle a sillonné le monde entier pour atteindre les 6 fameux sommets des 7 les plus hauts. L’Elbrouz en Europe avec ses 5 642 mètres en 2012, l’Aconcagua ‎en Amérique Latine de 6 962 mètres en 2014, le Mont McKinley en Amérique du Nord de 6 190 mètres en 2014, la pyramide de Carstensz en Océanie d’une altitude de 4 884 m, l’Everest au Népal avec ses 8 848 mètres en 2017 et en décembre 2018, le Vinson en Antarctique avec ses 4 892 mètres. “Ce dernier était le plus difficile à cause des conditions climatiques défavorables auxquelles je devais faire face, tant à la montée qu’en descente”.

Un modèle de succès

A cause de ces conditions climatiques, “je suis resté, avec 4 autres femmes et notre guide argentin, coincée pendant 10 jours, au milieu de nulle part dans un endroit où il ne fait pas nuit. C’était une véritable prison mais j’ai beaucoup appris de cette expérience”, raconte-t-elle non sans fierté. “Pour elle, rien n’est impossible. Moi-même, elle a changé ma vie, en m’apprenant la positivité”, témoigne une proche de l’Alpiniste marocaine.

Si elle a pu accomplir son projet de grimper les plus hauts sommets de la planète, c’est certainement grâce à l’intensité de sa passion, conjuguée au programmes des préparations. “J’ai un programme quotidien. Je vais à la forêt Hilton à Rabat, chaque matin. Je m’entraîne également à la piscine du club du ministère et, bien évidemment, au Mont Toubkal”.

Mais, elle tient également à préciser que l’aide de ses sponsors lui a permis de réaliser son rêve. “J’avais financé l’escalade de deux premiers sommets. Ensuite, après avoir fait mes preuves, les sponsors m’ont apportée de l’aide pour compléter la série”, explique-t-il.