Les techniques de communication pour améliorer la relation médecin-patient

Elles facilitent les prises de décision, augmentent la satisfaction du patient et son adhésion à  la prescription médicale et améliorent le pronostic de la maladie.

La formation initiale des médecins ne les prépare pas à la gestion de la relation avec leurs patients, qui est pourtant au cœur de l’activité soignante quotidienne. Une bonne communication entre le médecin et le patient est capitale pour une prise en charge optimale des patients car elle facilite les prises de décision, augmente la satisfaction du patient et son adhésion à la prescription médicale et améliore le pronostic de la maladie. Par ailleurs, les aspects relationnels constituent une dimension essentielle de toutes les activités cliniques des professionnels de la santé, qu’il s’agisse du recueil des données pour élaborer un diagnostic, de l’écoute et de l’accompagnement des patients et de leurs familles ou encore de la démarche d’éducation thérapeutique.
Ce sont les principales recommandations du 1er congrès international de pédagogie en sciences de la santé, organisé la semaine dernière à Grenoble. Car un déficit de communication est en cause dans la plupart des plaintes judiciaires déposées à l’encontre des professionnels; celles-ci sont liées notamment à la perception par le patient d’un échec lors de l’échange d’information ou d’un manque d’attention vis-à-vis d’un patient de la part d’un médecin pressé. Jusqu’à une date récente, on considérait volontiers la communication médicale comme un art qui s’apprenait de façon implicite, dans le cadre de l’exercice de la profession ou comme relevant de caractéristiques individuelles des praticiens. Actuellement, plusieurs études montrent que les techniques de communication peuvent être apprises explicitement et qu’elles peuvent être enseignés, au bénéfice d’une amélioration de la relation médecin-patient. C’est ainsi que l’importance de cette aptitude clinique est reconnue par de multiples organisations internationales. L’«Accreditation council for Graduate Medical Education» exige qu’un programme dédié à l’apprentissage des techniques de communication (TC) soit inclus dans le curriculum des études médicales. L’«Americain Board of Medical Specialties», a inclu les TC dans leurs critères de certification et recertification des spécialités médicales.
Le «Royal College of Physicians and Surgeons of Canada» requiert que soient satisfaits des objectifs bien définis concernant l’apprentissage des techniques de communication et qu’une évaluation formelle des compétences des médecins en formation dans ce domaine soit effectuée. L’expérience du Liban, qui dispose de sept facultés de médecine, est édifiante. On a implanté un dispositif d’enseignement des TC, axé sur des cours offerts aux étudiants de la cinquième année de médecine, qui consiste à exposer les étudiants à une série de consultations médicales filmées, suivies de discussions sur les bonnes et les mauvaises techniques de communication. Et au département de Médecine de famille de l’Université Saint Josef, les étudiants bénéficient d’ateliers de formation sur des aspects de la communication médicale se rapportant à l’entrevue médicale, l’annonce d’une mauvaise nouvelle ou la gestion d’un patient difficile.
Un point important à signaler est lié à l’attitude positive des médecins enseignants à l’égard de la problématique de l’enseignement et l’apprentissage des TC. Pour quand l’enseignement des techniques de communication dans les quatre facultés marocaines de médecine.