Le diagnostic précoce du cancer du sein, une obligation professionnelle pour le médecin

Au Maroc, 45 000 nouveaux cancers par an, toutes localisations confondues.
Le cancer du sein occupe la première place, suivi par le cancer du col
de l’utérus.

Le dépistage et le diagnostic précoces des cancers, particulièrement celui du sein, constituent un grand pas dans leur guérison. Si tous les spécialistes mondiaux en gynécologie obstétrique, en épidémiologie et en cancérologie s’accordent à relever ce constat, tous conviennent qu’on n’en fait pas assez pour établir ce dépistage. En Europe, le non-engagement des médecins, des ministères et des politiciens concernés est apparenté à une erreur médicale, voire professionnelle. Au Maroc, on est encore loin de ce débat, bien que les praticiens marocains continuent de voir dans leur consultation quotidienne des cas historiques de cancers très avancés donc irrécupérables.

Conscient de l’importance de cette donnée scientifique tangible, la Société royale marocaine de gynécologie obstétrique (SRMGO) a programmé, lors de son XXVe congrès national, qui aura lieu à Casablanca les 1er, 2 et 3 février 2007, une session de formation continue dédiée aux actualités diagnostiques et thérapeutiques des cancers du sein. Plusieurs questions seront abordées : évaluation et controverses autour des suites du traitement conservateur des cancers du sein. Biologie moléculaire et biologie clinique, place actuelle des thérapeutiques ciblées, interactions et rapports entre hormones et cancer du sein ainsi que l’importance de l’information dans le dépistage des cancers du sein.

Pour le docteur Houcine Maaouni, président de la SRMGO et praticien à la maternité Souissi du Centre hospitalier Ibn Sina (CHIS), la rédaction de consensus et de protocoles thérapeutiques en matière de diagnostic précoce et de prise en charge des cancers du sein s’avère une obligation pour le Maroc. Surtout à l’heure de l’Assurance maladie obligatoire (Amo) et du Régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (Ramed) qui entrera en vigueur en février 2007. D’autant plus que le cancer du sein occupe la première place parmi les 45 000 nouveaux cas de cancers, suivi par le cancer du col de l’utérus.

Huit sessions thématiques et deux grands symposiums constituent l’ossature du XXVe congrès national de la Société royale de gynécologie obstétrique. Ils traiteront de sujets aussi divers que la ménopause, la contraception, la coeliochirurgie, l’infertilité et la procréation médicalement assistée (PMA), ainsi que des techniques modernes d’information et de communication dans le dépistage des cancers.