1er Forum international «Alimentation et cancer» les 12 et 13 janvier à  Casa

Les fruits et les légumes protègent contre le cancer

La consommation excessive en sel et l’excès de graisses le favorisent au contraire.

«Nous sommes confrontés quotidiennement aux questions des malades qui s’interrogent sur le mode alimentaire à suivre lorsqu’on est sous chimiothérapie ou sous radiothérapie. Mais la question qui revient le plus souvent est celle-ci : que doit-on manger pour éviter les maladies cancéreuses?». Ces propos sont du Dr Faouzi Habib, coorganisateur, avec les docteurs Daniel Serin et Moise Mamère (cancérologues français), du 1er forum international «Alimentation et cancer» qui se déroulera les 12 et 13 janvier 2007 à la faculté de médecine de Casablanca. Rappelons qu’une étude partielle a été menée par le Centre de recherche et d’information nutritionnelles (Cerin), en France, portant sur les proportions de décès par cancer. Elle montre que 35% sont liés aux mauvaises habitudes alimentaires, 22% au tabac, 11% à l’alcool, 10% aux infections, 3 à 6% aux expositions professionnelles, 3% aux facteurs géo-physiques et 2% à la pollution.

Le forum verra la participation de l’industrie agroalimentaire
Ce forum «Alimentation et cancer» est indispensable, convient le docteur Daniel Serin, d’autant plus que la communauté médicale et scientifique avance à petits pas, en raison des difficultés à évaluer avec précision les conséquences des habitudes alimentaires. En effet, concernant ces habitudes, en dehors de l’étude française précitée, aucune étude scientifique n’a été menée permettant de mettre en évidence une relation entre alimentation et cancer. Et si l’on avance que des équilibres alimentaires différents peuvent avoir des conséquences favorables ou freinants dans le développement de certains cancers, il n’y a toutefois pas, pour le moment, d’éléments précis indiquant qu’un aliment donné, couramment consommé, peut être cancérigène en lui-même, comme le sont le tabac, l’amiante ou les irradiations.

Ce qui est prouvé, par contre, c’est que la contamination des céréales par l’aflatoxine, toxine produite par une bactérie, dans les pays tropicaux a un rôle dans le développement du cancer du foie. Les aliments contenant des nitrosamines, comme les poissons salés conservés à la méthode chinoise ou les ragoûts, en Afrique du Nord, entraînent des cancers du naso-pharynx (voies digestives et respiratoires hautes). Et dans les deux cas, ces carcinogènes d’origine alimentaire interagissent avec un virus, le HBV, pour le foie et le EBV pour le naso-pharynx.

Des études menées depuis plus de 50 ans démontrent que les sujets consommant davantage de fruits, de légumes, de poissons et, dans une moindre mesure, des céréales, développent moins de cancers des voies digestives (bouche, œsophage, estomac et colon) ou respiratoires (bronches et poumons) et du pancréas.

Par ailleurs, le sel, consommé avec excès, joue un rôle dans le développement des cancers de l’estomac. Comment ? En causant des dommages à la muqueuse gastrique, il favorise la transformation cancéreuse des cellules. L’excès de poids et plus précisément l’excès de graisses constituent un facteur de risque non négligeable. Ainsi, la fréquence du cancer de l’endomètre (corps de l’utérus), à tout âge, de même que la fréquence du cancer du sein après la ménopause, sont augmentées quand il y a excès de poids.

Le forum «Alimentation et cancer» verra la participation de la société civile, de l’industrie agroalimentaire, des chercheurs des facultés des sciences de Rabat et de Kénitra, de l’Institut agronomique et vétérinaire HassanII ainsi que du ministère de l’agriculture.