Hamza Aboulfeth, président de Genious Communications
3 octobre 2011
Lavieeco (25801 articles)
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Hamza Aboulfeth, président de Genious Communications

Sa PME qu’il a créée à â€ˆl’à¢ge de 22 ans réalise un chiffre d’affaires de 7 MDH et emploie 15 personnes. Radeema, Ingelec, Koutoubia, Institut supérieur de magistrature et l’Institut supérieur de l’information et de la communication…, Il travaille pour plusieurs grands comptes.

En voyant le succès rencontré par nombre de jeunes entrepreneurs, on se demande comment le crédit «Jeunes promoteurs» et le tout dernier programme «Moukawalati» n’ont pas réussi, ou pas assez. Oui, le cas de Hamza Aboulfeth, président fondateur de Genious Communications, société spécialisée dans l’hébergement et le développement de sites web, est éloquent. D’abord, par le jeune âge du fondateur, car ce Marrakchi n’a que 25 ans. Ensuite, par un cursus scolaire qui s’arrête à un BTS en informatique, renforcé par quelques formations courtes. Pourtant, la toute jeune PME qu’il a créée en 2008, sans avoir été incubée, emploie aujourd’hui une bonne quinzaine de personnes à Casablanca, Rabat et Marrakech, et réalise un chiffre d’affaires annuel de 7 MDH.
Hamza Aboulfeth est né dans la cité ocre en 1986, d’un père ophtalmologue et d’une maman enseignante. Il n’a pas la bosse des mathématiques, mais c’est un mordu de l’informatique. A 14 ans, il a bien flirté avec les hackers et a même été tenté par leurs méthodes. Il s’est pris au jeu et a réussi à entrer dans des sites marchands. Cependant, il a compris, fort heureusement, que ces pratiques n’allaient pas le mener bien loin, sauf dans la délinquance. Ce qui l’a aidé à se rattraper, c’est que, très tôt, il a découvert qu’il pouvait gagner de l’argent en offrant ses services. A 16 ans, il fournissait déjà quelques prestations qui lui rapportaient un petit pécule à la fin du mois. Après un Bac en sciences expérimentales obtenu en 2006-il a dû s’y prendre à deux fois, tant il était pris par l’informatique-, Hamza s’envole pour Lille pour préparer un BTS en informatique, car il a compris combien il était indispensable de maîtriser un tant soit peu la théorie.

Aucun crédit et ouvrir son capital à des associés ne le tente pas

En 2007, il rejoint l’Ecole pour l’informatique et les nouvelles technologies (Epitech) de Paris pour sa deuxième année. De retour au Maroc en 2008, il crée sa société avec un capital de 10 000 DH. Cependant, grâce à ses économies, il investit 100 000 DH pour les premiers PC et l’aménagement du bureau qu’il ouvre à Marrakech. Son premier contrat, qui lui rapporte 15 000 DH par trimestre, est signé avec le portail Casafree. «Je n’ai jamais eu besoin d’aller démarcher les clients car ils venaient à moi de leur propre chef, tant le besoin est énorme. Je n’ai pas, non plus, sollicité les banques car je savais d’avance ne pas avoir les garanties pour être éligible au crédit», explique-t-il. Après Casafree, suivront la Régie autonome d’eau et d’électricité de Marrakech (Radeema), l’Institut supérieur de magistrature (ISM) et l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC). Très vite, il est sollicité par d’autres grosses pointures comme Ingelec, Koutoubia… Aujourd’hui, des entreprises de toute taille et de secteurs différents font appel à ses services, à l’instar de Hit radio, des entreprises moyennes comme Installator ou encore Hespress.com, un des sites les plus visités au Maroc avec 600 000 visiteurs par jour.

Il vient d’être accrédité par ICANN et devient «registrar» au lieu de revendeur

Comme beaucoup de petites entreprises, il a fait les frais de la prudence des banques, et rappelle toute la peine à obtenir une «malheureuse facilité de caisse de 50 000 DH par mois». Ces contingences ne l’ont pas empêché d’aller de l’avant. Le capital a d’ailleurs été porté à 700 000 DH, mais Hamza Aboulfeth refuse opiniâtrement d’accepter l’idée de s’associer à d’autres personnes.
L’autre grande difficulté, cette fois-ci à caractère technique, est la connectivité. Avec huit abonnements, il a du mal à gérer les coupures répétitives de connexion. Pourtant, les perspectives sont prometteuses, car Genious Communciations vient d’obtenir l’accréditation d’Internet corporation for assigned names and numbers (Icann). Elle est «la première PME marocaine à avoir eu ce privilège et la 5e en Afrique», se félicite Hamza Aboulfeth. Dans la foulée, Genious a lancé de nouvelles solutions clés en main : la construction d’un site, un espace de 200 mégas, un nom de domaine en .com ou .ma, une interface d’emails professionnels… Et ce, à partir de 500 DH par mois. Un autre service d’hébergement va être commercialisé, à partir de 899 DH par an, avec un serveur dédié, et une nouvelle solution d’hébergement «cloud» (serveur virtuel) sera lancée à partir de 250 DH par mois. Bref, ce jeune a de la ressource et dispose d’un talent commercial inné malgré sa timidité apparente. Actuellement, le plus difficile pour lui est de trouver des profils pointus pour des métiers où sécurité et discrétion sont les maîtres-mots. Mais cela ne bride en rien ses ambitions qui sont de devenir une référence dans son domaine.