Othmane Choufani, le parcours du big wave rider

Très jeune, Othmane a choisi de faire carrière dans le surf. D’Agadir à la Colifornie, en passant par le Portugal, il a défié les plus grandes vagues du monde. Après l’initiation à Agadir, il a perfectionné son art au Lycée René Cassin de Bayonne et au pôle France Surf de la Fédération française de surf.

Mavericks en Californie, Nazaré au Portugal, Puerto Escondido au Mexique, Jaws à Hawaï, Tafernicks à Agadir… à 27 ans, Othmane Choufani, jeune prodige des grosses vagues, a défié tous ces gros spots. Et il continue d’aller de l’avant sur la scène mondiale du surf de gros. Le jeune Marocain, appelé aussi par ses pairs ‘‘Hotman’’, ne cesse de relever les défis à travers la planète en surfant sur les plus gros swells. Il fait partie aujourd’hui des 30 meilleurs surfeurs mondiaux dans le club très fermé des surfeurs de grosses vagues.

A 22 ans, en 2014, il a été le premier Marocain et arabe à avoir chargé Mavericks. Un an auparavant, il avait été également le plus jeune big wave rider à surfer sur la vague de Nazaré au Portugal, une des plus grosses et aussi une des plus dangereuses à l’échelle mondiale. Il a, à maintes reprises, connu la reconnaissance mondiale en étant nominé dans sa catégorie. L’an dernier, pour la deuxième année consécutive, Othmane a décroché son ticket pour le «Ride Of The Year» de la World Surf League Big Wave Awards, en étant nominé à deux catégories : «Le Ride of the Year et le Biggest Puddle Entry». Il s’est distingué après avoir surfé dans quelques-unes des plus grosses houles de cette décennie.

Exercices physiques et méditation pour affronter les vagues

Plus qu’une passion, chasser les plus grosses vagues est son métier à plein temps pour lequel il se prépare constamment physiquement et mentalement. Quand il parle des spots qu’il a bravés, ses yeux brillent et son discours devient captivant. «Le surf de gros est un marathon, c’est beaucoup de travail, d’exercices physiques et de méditation avant que toute cette préparation rencontre l’opportunité à travers une grosse vague. C’est pour dire que les surfeurs professionnels de grosses vagues ne sont pas des preneurs de risques mais plutôt des calculateurs de risques», explique-t-il.

Originaire d’Agadir, son histoire avec l’océan est née très tôt sur les plages du nord de la station balnéaire. «Dès l’âge de 9 ans, j’ai découvert mon amour pour le surf et depuis je n’ai pas arrêté d’en pratiquer», souligne Othmane. Après avoir appris durant son très jeune âge sur le tas, il a été encadré tout au long de sa période de collège, pendant quatre ans, par son professeur d’éducation physique, Hervé Pignoges, dans le cadre des activités sportives de son établissement scolaire le Collège Paul Gauguin et aussi au sein de l’Agadir Surf club. Il multipliait aussi les stages en France pendant ses vacances et a participé à plusieurs compétitions à l’international. «Le surf pour moi n’a jamais été un passe-temps. Dès mes débutss, j’ai voulu en faire une activité professionnelle», dit-il. C’est ainsi, qu’avec le consentement de ses parents, il opte en 2007 pour une filière de sport étude en intégrant le Lycée René Cassin à Bayonne et le pôle France Surf, qui est la structure la plus élevée de la filière de haut niveau de surf de la Fédération française de surf. «J’ai été admis dans ce cursus en tant que surfeur marocain grâce à une convention entre la Fédération royale marocaine de surf et la Fédération française de surf», indique-t-il.

Durant quatre ans, il a pu ainsi combiner un enseignement académique et un entraînement intense dans sa discipline sportive de prédilection. Tout au long de ces années, il n’a cessé de se démarquer dans plusieurs compétitions internationales, soutenu dans cette étape de son parcours par la marque Rip Curl. Mais à 19 ans, tout en se lançant dans des études supérieures dans une école de commerce à Bordeaux, il fait le choix parallèlement du surf extrême.

Son objectif est de se qualifier au Big Wave Tour

Aujourd’hui, il ne se fixe pas de limite dans la chasse des vagues géantes. En 2017, il a réussi à inscrire le spot de surf marocain appelé Tafernicks aux XXL Awards. «Mon souhait est d’inscrire le Maroc dans la liste des grands pays du surf», avance-t-il fièrement. De la persévérance, il en a indéniablement. Mais comme tout professionnel sportif, il a besoin d’être soutenu par des sponsors pour se consacrer à sa carrière, car l’investissement pour se hisser encore plus haut est énorme. «Ce sont 15 à 20 voyages par an à travers le monde et donc beaucoup de dépenses, notamment en logistique», précise-t-il. Aujourd’hui, il est accompagné par la marque Quiksilver et l’établissement touristique Paradis Plage, implanté à Agadir, qui ne cessent de croire en son potentiel et les retombées qu’il génère en tant que vecteur d’image et de succès. Aujourd’hui, il continue à en vouloir. Il souhaiterait vivement se qualifier cette année sur le Big Wave Tour présenté par la World Surf League. «C’est très dur d’y accéder. Il n’y a que 12 places et trois compétitions par an dans cet événement mondial qui en outre accueille aussi 12 invités sélectionnés», explique le sportif professionnel. Mais Othmane n’a pas fini de nous surprendre assurément. Son ambition pour aller de l’avant dans sa carrière est aussi grande que les vagues XXL qu’il affronte.