Il rêvait de devenir ambassadeur, il sera expert en projets immobiliers

Son père voulait qu’il devienne avocat, il laissera tomber ses études
de droit après deux ans.
Aux Etats-Unis, il se passionnera pour l’urbanisme et fera un mastère
en immobilier, spécialité investissement et développement.
Bouznika Bay, Tanger Free zone, Casa City center, Jorf Lasfar…, il a apporté sa
touche à de grands projets.

S’il est vrai que le destin des hommes se joue très souvent en relation avec leur environnement, notamment familial, il y a toujours un moment où l’on doit revendiquer la liberté de donner à sa vie une touche personnelle. Né en 1968, à Marrakech, dans une famille aisée, Kacem Benslimane est une parfaite illustration de ce constat. Enfant, il fut si sage que son père, avocat, qui le destinait au droit comme lui, ne trouva aucune difficulté à le convaincre de suivre ses pas. Mais au bout de deux années à la faculté de droit de Rabat, Kacem se rend compte que ce n’est finalement pas la filière qu’il veut suivre. C’est alors qu’il change son fusil d’épaule, en douceur mais avec fermeté. C’est alors pour lui un nouveau départ dans la vie, le bon, le vrai. Il ira aux Etats-Unis, où il passera huit années, d’abord comme étudiant, ensuite pour y entamer sa vie active.

Pas tout à fait dans le domaine qu’ il avait prévu, cependant. En effet, dès son plus jeune âge, Kacem Benslimane rêvait de devenir ambassadeur. Il avait de qui tenir puisque son grand-père, tout comme son oncle, tous deux grands commis de l’Etat et versés dans la diplomatie, font partie des personnes qui ont eu une grande influence sur sa manière d’appréhender le monde. Aujourd’hui il se retrouve versé dans l’immobilier et l’urbanisme. Des spécialités qu’il a rencontrées aux Etats-Unis, un peu par hasard, au gré de ses études, et qui ont fini par le séduire.

L’architecture et l’aménagement des espaces des villes américaines seront le premier déclic
Mais commençons par le commencement. L’enfant Kacem était plutôt discret dans ses études. Elève moyen, il veut passer inaperçu, comme beaucoup d’enfants brillants qui veulent se fondre dans la masse, un peu comme s’ils avaient peur de montrer leurs aptitudes et de se retrouver sous les feux de la rampe, mais aussi d’avoir à faire des efforts pour rester à la hauteur d’une réputation.
Pas matheux pour un sou, cet ancien élève de la Mission française obtient un Bac sciences économiques en 1988, à Marrakech. Sa maîtrise des langues, l’anglais en particulier, est un atout qui l’aidera par la suite. Arrivé aux Etats-Unis en 1990, il se souvient avoir été frappé par les tours, les squares et l’organisation de l’espace dans les villes américaines qu’il a visitées. Premier déclic.
Au pays de l’Oncle Sam, il obtient, pour commencer, un bachelor en business administration, option gestion immobilière. Depuis, son attirance pour ce domaine ne le quittera plus puisqu’il fera un mastère en immobilier, spécialité «investissement et développement». Il affûtera ses armes en travaillant aux USA pendant deux années, avant d’avoir le mal du pays. A son retour, il intègre le ministère de l’intérieur, au moment où la réflexion sur la création des agences urbaines y bat son plein. Il sera associé à cette création, et cela lui permettra de capitaliser sur sa formation.

Cette période de près de deux années, préambule à sa vie active au Maroc, qui intervient après son retour en 1998, le prépare à son intégration dans Alliances Développement immobilier, une structure privée où il est nommé chef de département en charge de grands projets comme Bouznika Bay, Sofitel Essaouira, Tanger Free zone et Casablanca City Center. Tout de suite après, il rejoint CMS Morocco Operating Company, filiale de l’américain CMS Energy Dearborn. Il s’occupera durant huit ans du parc industriel de Jorf Lasfar, un projet dans lequel est également impliqué le groupe suédois ABB. Et c’est là, justement, qu’il est associé à la négociation avec l’Etat marocain des conditions d’investissement, à la conception du montage financier et au tour de table des investisseurs locaux et étrangers, tout comme à l’apurement du foncier. Ces années-là vont faire de lui le spécialiste de l’immobilier qu’il est aujourd’hui. Tant et si bien qu’il finira par décider de créer sa propre entreprise.

Il aide les maîtres d’ouvrage à mieux suivre leurs chantiers
Manque de moyens oblige, ce sera, pour commencer, une petite start-up qu’il baptisera Urbanis. Son fonds de commerce : l’assistance à la maîtrise d’ouvrage. Urbanis s’adresse aux particuliers comme aux promoteurs immobiliers pour leur apporter conseil et accompagnement en matière immobilière. Cela va des formalités d’autorisation au conseil fiscal et à la coordination entre intervenants dans un ouvrage, en passant par la maîtrise des délais et le suivi des chantiers. Malgré des débuts difficiles, Urbanis est aujourd’hui, après seulement une année d’existence, en charge de plusieurs projets immobiliers dans différentes villes, notamment Marrakech, El Jadida, Mohammédia ou Berrechid. Le secret de sa réussite ? : «J’offre à mes clients, explique-t-il, des services qui les déchargent de métiers dont ils n’ont pas la maîtrise et je peux même les conseiller en matière de choix de matériaux comme d’ailleurs, plus globalement, dans la conception des espaces et toute la gestion et la coordination des projets et des chantiers». Pour ce spécialiste de l’immobilier, de telles structures sont nécessaires parce que l’immobilier est affaire de spécialiste et puis, ajoute-t-il, «quand vous déléguez, vous pouvez améliorer la qualité des ouvrages, de l’espace, parfois en dépensant moins». C’est faire de l’immobilier, mais autrement.