Hicham Najdi, une compétence marocaine dans l’hôtellerie de luxe aux Maldives

Depuis avril 2019, Hicham Najdi est en mission au Banyan Tree Tamouda Bay pour faire de la saison estivale une réussite. Ses années d’expérience à l’hôtel Marina Smir lui ont permis d’accéder aux responsabilités du Banyan Tree. Après le Vietnam et les Maldives, le groupe lui promet une belle carrière de par le monde.

Après la succession de deux directeurs étrangers depuis l’ouverture en 2016, le Banyan Tree Tamouda Bay accueille pour la première fois un directeur marocain très au fait des spécificités de la région Nord du Maroc. Hicham Najdi a pris les rênes du Banyan Tree Tamouda, hôtel en bord de mer de 92 villas avec 3 restaurants et spa, situé à Tamouda Bay, la station balnéaire de luxe près de Tétouan, en avril 2019. Au regard de ses années d’expérience à l’hôtel Marina Smir (groupe Kabbaj) de 2007 à 2009 en tant que directeur de la restauration et DG de l’hôtel entre 2013 et 2016, M. Najdi a été appelé pour améliorer l’attractivité commerciale de l’hôtel du groupe Madaef, fonds d’investissement de la CDG dédié au pôle touristique qui accueille nationaux, MRE et étrangers dont une forte proportion de Chinois.

Mettant en parenthèses son poste de DG de l’hôtel Banyan Tree Vabbinfaru et de l’Angsana hôtel aux Iles Maldives, cet homme de terrain issu d’une fratrie de 4 frères et sœurs a posé ses bagages à Tamouda Bay jusqu’à la fin de l’été. «Il a de bonnes idées, et est très minutieux sur les détails, surtout dans la restauration et connaît beaucoup de monde dans la région Nord. Il sait fédérer les équipes et apportera sûrement un nouveau souffle à l’hôtel. Mais je crains que 3 mois ne soient pas suffisants pour influencer réellement la destinée de l’hôtel», remarque Hassan Boulahrire, DG de l’hôtel View Rabat et ami de M. Najdi. Sa femme et son fils l’attendent aux Maldives alors que sa mission à Tamouda Bay ne fait que commencer. Néanmoins, il se pliera à la volonté de sa hiérarchie basée à Singapour tant que le besoin se fera sentir.

Un familier de l’Asie du Sud-Est

Grâce à son expérience à Marina Smir, le destin lui a permis de prendre attache avec les responsables de la chaîne de luxe Banyan Tree. «A l’époque où l’hôtel était en construction, les équipes du Banyan Tree venaient en visite dans la région pour s’enquérir de l’état d’avancement du projet et s’il répond parfaitement aux directives du groupe. Il faut savoir que le Banyan Tree est impliqué directement dans la conception de l’hôtel et du choix de l’architecture et de l’aménagement des villas. J’avais aidé l’ex-DG Christian Langlade à mener à bien l’ouverture en 2016», déclare Hicham Najdi.

Du haut de ses 48 ans et après 13 ans passées au Canada (bachelor en administration des affaires et en hôtellerie de l’Université du Québec à Montréal en poche) en plus de ses huit ans d’expérience au Maroc, ce natif de Casablanca est repéré par les responsables de la chaîne hôtelière. On lui propose de s’expatrier au Vietnam après un voyage d’immersion à Phuket en Thaïlande où la chaîne a construit son premier hôtel, 25 ans auparavant. «C’est au moment où je me préparais à postuler pour le poste de DG d’Angsana Ryad Marrakech, autre marque du groupe Banyan Tree au Maroc, que je fais la connaissance du numéro 2 du groupe. Il me propose de travailler au Vietnam après une invitation à Phuket en Thaïlande. Je suis dès lors chargé de gérer Angsana Lang Co, un hôtel de 229 chambres situé dans un parc de 250 ha dont un golf. L’hôtel engageait 1000 employés dont 200 jardiniers. L’enjeu était d’adapter les Vietnamiens aux codes du luxe et de leur apprendre le goût du métier», explique M. Najdi. Il restera avec sa petite famille pendant deux ans dans ce beau pays asiatique où le tourisme fait ses premiers pas. Sa femme, laissant une carrière de conseillère en image à Casablanca (à l’époque où son mari était directeur de la restauration au Novotel Casablanca) le suivra dans cette expérience où elle fait même du home schooling (école à la maison) pour leur fils âgé de 7 ans aujourd’hui au profit d’une belle carrière qui se profile pour son mari.

Un patron très investi dans son travail

Après le Vietnam, cap vers les Maldives, cette destination de rêve que le groupe Banyan Tree a contribué à façonner dans le luxe et rendre célèbre. Leur premier hôtel a été construit en 1995. «Banyan Tree est un groupe qui investit dans des endroits éloignés et croît énormément dans la main-d’œuvre locale. L’une de ses missions est le développement des destinations qu’il a menée avec succès à Phuket et aux Maldives. Il s’est fixé le même résultat avec la CDG dans la région de Tamouda Bay», déclare M. Najdi. Très bon cuisinier, à ses heures perdues, M. Najdi gère depuis 2016 le Banyan Tree composé de 48 villas 5 étoiles de luxe et Angsana (45 villas 5 étoiles). «Hicham gère une île-hôtel éloignée de 30 minutes en bâteau rapide de la capitale Malé, où nous vivons. Il est très investi et donne toute son énergie au travail avec une grande disponibilité pour ses clients et ses équipes. Il est très proche de ses collaborateurs et aide beaucoup. Deux Marocains de son ancienne équipe travaillent aujourd’hui aux Maldives», dévoile Souad Atari, épouse de M. Najdi.

Dans ces îles proches de l’Inde, il fait entre 28 et 35° toute l’année avec des pluies en saison de mousson. La commercialisation de la destination pour une clientèle majoritairement chinoise, européenne, russe et originaire des pays du Golfe est plus ou moins aisée. Son nouveau challenge marocain est un peu plus corsé. Avec une forte saisonnalité (le taux d’occupation moyen du Banyan Tree Tamouda Bay est de 60 à 70% pendant les mois de juin, juillet et août), la destination a besoin d’étaler sa clientèle sur toute l’année. «Tamouda Bay ressemble aujourd’hui à l’Espagne dans les années 1980. Il faut lui donner du temps et mieux développer la capacité. Avec l’arrivée de St Regis Tamouda Bay (une centaine de chambres et de suites) et du Ritz Carlton, un resort luxueux doté d’un golf 18 trous, l’aura de la station balnéaire va sûrement augmenter car les amoureux de ces marques hôtelières, d’où qu’ils viennent, aiment les suivre partout où elles s’installent dans le monde. Mais il faudra plus d’investissements en 4 et 5 étoiles et la création d’autres golfs ainsi que la conversion de l’aéroport de Tétouan en aéroport international et surtout un meilleur marketing pour la région Nord caractérisé par ses joyaux tels que Chaouen, l’arrière-pays…», explique-t-il.
L’avenir de Tamouda Bay semble s’éclaircir malgré les nuages et les pluies de l’hiver qui s’abattent sur la région. Dans quelques mois peut-être, Hicham Najdi cédera sa place à un nouveau DG. Après le retour aux Maldives, son ambition sera servie car le groupe propriétaire de 45 hôtels en Asie développe des projets en Colombie, à l’Ile Maurice, au Mozambique, en Turquie, en Grèce, en Autriche, au Japon, en Corée, en Chine…