Asmae El Hajji, la jeune femme qui veut inciter les jeunes à occuper l’arène politique

Élue à la tête de réseau associatif Tariq Ibnou Ziyad Initiative (TIZI), le 12 novembre 2018 , Asmae El Hajji a été sélectionnée parmi les 46 Emerging Leaders lors des dialogues de l’Atlantique, le forum organisé par Policy Center For The New South, entre le 14 et 16 à Marrakech. Portrait.

12 novembre 2018, Tizi, l’association créée en 2011 et qui milite pour l’amélioration de la conscience citoyenne des jeunes marocains, vient d’élire sa nouvelle présidente pour un mandat d’un an. Asmae El Hajji est par ricochet la plus jeune présidente de Tizi. Elle n’a que 26 ans  mais des ambitions sans limites pour les jeunes marocains.

Travailler, c’est la solution 

Cette native de Mohammedia ne s’imaginait pas militer pour la promotion de la conscience politique puisque “n’avais pas une profonde conscience politique. Ce qui me taraudait, c’était de me sauver”, nous dit-elle non sans fierté. Car, cette jeune a dû faire des choix pour se maintenir et, surtout, ne pas perdre du temps.

Après avoir acquis les bases dans le privé, du primaire au collège, Asmae El Hajji a poursui ses études dans le public, jusqu’au doctorat, qu’elle est en train de préparer dans le domaine de la responsabilité sociale et environnementale.

Avec un baccalauréat scientifique et faute de moyens financiers, elle n’a pas pu se rendre en France pour intégrer des écoles d’ingénieurs où elle avait été admise. Au risque de passer une année blanche, elle a opté pour un choix « simple » : intégrer la faculté de sciences juridiques, économiques et sociales de sa ville natale, puisqu’elle ne pouvait se déplacer à Casablanca, où est basée la faculté des sciences.

« Parallèlement aux études, j’ai dû travailler dans un centre d’appels rien que pour l’argent de poche, en profitant du laxisme de la faculté en ce qui concerne la présence », explique-t-elle. En faisant le va-et-vient entre le travail et les études, Asmae El Hajji a pu décrocher son master en ressources humaines, en 2014. Grâce à ce diplôme, elle occupe le poste de responsable formation et qualité dans un établissement hôtelier à Marrakech.

“Capitaine de Tizi”

Fille de marin, Asmae El Hajji a une passion : le bateau à voile. “Ce sport m’a appris l’humilité. Dans la mer, on se rend compte à quel point nous sommes rien et c’est ainsi qu’on comprend ce qu’est la valeur humaine”, décrit-elle.

La compréhension de la valeur humaine l’a conduite à la voie de l’associatif dans le but d’aider les autres. “Dans ma ville, je militais dans des associations qui organisaient des caravanes médicales dans les régions reculées du royaume”. Pour elle, cette approche, n’est point la solution. Car, “le problème réside dans le système, qu’il soit celui de la santé ou de l’éducation”, ajoute-elle.

Le bénévolat a conduit l’actuelle présidente de Tizi à un atelier sur le leadership que l’association avait organisé en 2015. “A la fin de l’atelier, j’ai compris que des connaissances en leadership peuvent aider ceux qui sont dans le besoin”. En intégrant Tizi, Asmae El Hajji s’est investie corps et âme dans cette cause de démarcher les jeunes et les sensibiliser par rapport à l’importance de s’intéresser à la politique, de s’y mêler.

Parce que le système politique produit des lois qui affectent notre quotidien, il faut s’y investir, et non pas s’attendre à une contrepartie  de quelque nature que ce soit”, insiste-t-elle.  Son objectif :  mobiliser les jeunes pour qu’ils deviennent actifs dans l’arène politique : au sein d’un parti, un syndicat ou autre. “Pour atteindre cet objectif, nous rallions, dans le cadre de café-conférences, le leadership à la politique” explique-t-elle.

Grâce à son activisme et son sens du leadership, Asmae El Hajji a été sélectionnée, sur une étude de dossier, pour participer au programme “Emerging Leaders’” du Policy Center For The New South, le Think Tank qui a organisé les dialogues de l’atlantique à Marrakech, parmi 46 d’autres jeunes issues d’une vingtaine de pays de l’Atlantique. “Comme j’ai postulé à ce programme et j’ai été sélectionnée, j’invite les jeunes marocains à s’intéresser à ce genre d’événements, où on rencontre et apprend des gens du monde entier ”, conclue-t-elle.