Après 20 ans dans la finance, il investit la com’ et se fait un nom

Diplômé d’HEC Paris, Jamal Harouchi est recruté dès sa sortie, à  l’à¢ge de 22 ans, par l’ex-BCM.
Il a dirigé la Compagnie africaine d’assurances et Axa avant de tout laisser tomber à  42 ans.
Il crée l’agence Impact en 2002 et réalise, 4 ans plus tard, 70 MDH de chiffre d’affaires.

Le sourire charmeur et la démarche légère, Jamal Harouchi a un côté séducteur. Pondéré, il a le mot qu’il faut et les arguments qui convainquent sans se forcer. Mais l’homme est un faux calme et cache avec succès son côté un peu maniaque car il ne se contente pas d’être perfectionniste, il le revendique haut et fort.
Natif de Casablanca, en 1960, il est le quatrième enfant d’une famille qui en compte cinq, dont le père est commerçant et la mère femme au foyer. A aucun moment il n’a été question pour les enfants de prendre la relève de leur père dans le commerce du textile puis dans l’industrie. Leurs parents les laissent, en effet, mener leurs études et leur vie à  leur guise. Jamal, lui, après un Bac mathématiques, obtenu avec mention bien au lycée Lyautey, en 1978, se retrouve à  Paris au Lycée Louis Legrand pour une année de prépas. Puis, ce sera à  HEC Paris, o๠il obtient son diplôme en 1982.

Jamal Harouchi se souvient de cette période de sa vie avec délectation. De manière délibérée ou non, il avait alors déjà  appris à  «faire des affaires» en choisissant ses sujets de mémoire. Le premier travail, mené avec trois camarades, remporte le prix HEC, avec une récompense de 75 000 francs français à  la clé. Et comme il portait sur l’activité saisonnière du commerce du jouet, il a été vendu, en plus, aux opérateurs et associations qui y trouvèrent une mine d’informations. Pour les étudiants qui avaient conduit ce travail, ce fut une manne qui leur permit d’arrondir leur fin d’année scolaire. Autre exemple, le jeune Jamal avait choisi de travailler sur le tourisme et la perception que les Français ont du Maroc. Il eut la brillante idée de demander un financement au ministère marocain du tourisme, dirigé à  l’époque par Azzeddine Guessous, et quelle ne fut sa joie lorsqu’il se vit octroyer 100 000 FF, moitié par le département du tourisme et moitié par la RAM.
Autant qu’il s’en rappelle, Jamal Harouchi affirme avoir toujours été un mélange entre le «chaud» de l’artiste et le «froid» du stratège. Le chaud de la création et le détachement de l’analyse et du cérébral pur. Et, selon lui, il n’y a pas la moindre contradiction entre ces attitudes.

De la banque à  l’assurance, il a eu une riche carrière dans le secteur financier
On le voit bien, Jamal Harouchi appréhende les choses sans a priori et même avec un optimisme déterminé, et cela lui réussit. Dès qu’il obtient son diplôme, en 1982, il revient au pays. Il est recruté par la BCM qui avait obtenu une dérogation pour l’employer pendant les deux années du service civil, obligatoire à  l’époque. En fait, la BCM était allée le chercher sur le campus, lui faisant une proposition avant même qu’il eût terminé son cursus. Avec un salaire annuel de 72 000 DH, il n’était pas mal loti. M. Harouchi mènera une belle carrière dans cette institution et son passage, prévu pour deux années, durera jusqu’en 1994. Il se rappelle les différentes missions qu’il mena au sein de la banque et qui lui permirent de gravir les échelons pour devenir directeur délégué en charge du marketing, de la communication et de l’exploitation. La suite est aussi limpide. Il est appelé à  la tête de la Compagnie africaine d’assurance jusqu’en 1999 et restera encore en charge de ce qui deviendra Axa assurances pour assurer la transition jusqu’à  fin 2001.

Carrière réussie et postes à  la hauteur. De quoi être rassuré quant à  l’avenir. Pourtant, c’est l’aventure qui le tente. Le financier se laissera séduire par les sirènes de la com’. Pourquoi un nouveau départ à  42 ans ? Jamal Harouchi s’en explique : «En fait, j’ai sûrement porté l’idée de créer mon entreprise et je crois que c’est un projet qui a trotté dans la tête d’une majorité d’hommes et de femmes. Mais je suis persuadé que le moment de concrétisation dépend d’éléments sur lesquels nous n’avons pas de prise. Et le jour o๠il faut passer à  l’action s’impose de lui-même».

Il crée son agence d’abord pour se réaliser
Jamal Harouchi crée donc l’agence Impact, en 2002, et il mise dès le départ sur le capital humain. Il mettra dans cette affaire un million de DH, fruit de ses économies de haut cadre. Il se rappelle qu’il avait mis la moitié de la somme comme fonds de roulement, de manière à  payer les salaires pendant six mois sans compter sur les recettes. «Ma démarche était simple. Dans ma vie professionnelle, j’ai toujours été très exigeant avec les agences de communication. C’est pourquoi j’ai imaginé et structuré mon affaire pour répondre à  des clients alertes et méticuleux qui ont besoin de savoir o๠va leur argent et d’apprécier le résultat par rapport à  des objectifs quantifiables et évaluables».

Au-delà  du chiffre d’affaires, qui tourne actuellement autour de 70 MDH, Jamal Harouchi croit dur comme fer que c’est la capacité d’une entreprise à  se remettre en question pour anticiper sur les problèmes de satisfaction du client qui est déterminante. «Générer de la richesse peut relever de l’accident, mais cela ne peut être vrai pour la valeur ajoutée au client. J’y suis si attaché que je n’envisage pas de sortir de mon créneau qui est le conseil. Je comprends ceux qui vont aussi bien vers l’événementiel ou même la production. Mais ce n’est pas ma tasse de thé et puis j’ai créé une agence d’abord pour me réaliser. C’est cette richesse qui prime pour moi».