Sahara : offensive diplomatique payante

Les Etats-Unis intègrent le Sahara dans les aides accordées au Maroc.

Au moment où le ministre des affaires étrangères algériennes s’entretenait, mardi 29 janvier, de la question du Sahara avec le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires politiques, Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, s’attaquait à l’un des rares bastions du Polisario, le Venezuela. Le Maroc a, en effet, fait part à Juan Guaido, président par intérim du Venezuela, du «soutien du Royaume à toutes les actions menées afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple du Venezuela à la démocratie et au changement». Pour sa part, Juan Guaido a exprimé sa volonté de «relancer les relations de coopération entre le Maroc et le Venezuela et de lever les obstacles qui ont pu entraver leur évolution». Un peu plus tard, dans la même journée, le Venezuela affirmait, par la voix de Manuel Avendano, conseiller aux affaires étrangères de l’Assemblée vénézuélienne, avoir l’intention de «reconsidérer sa reconnaissance de la RASD sous le gouvernement du Président par intérim Juan Guaido».

Peu avant, et lors de sa visite du 25 janvier au Maroc, le ministre des affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, a souligné que le conflit du Sahara, qui a «trop duré», exige une solution consensuelle rapide sur la base des «résolutions du Conseil de sécurité exclusivement» et l’implication de toutes les parties concernées. Cette déclaration intervient quelques jours après l’adoption par l’Union européenne de l’accord agricole qui inclut les provinces sahariennes. Un peu plus tard, c’est le Congrès des Etats-Unis qui a tranché en faveur de l’intégration du Sahara marocain dans les aides financières attribuées au Maroc à travers l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Cette décision, rappelons-le, va à contre-courant d’un projet déposé par le Sénat qui sépare les provinces du sud du territoire marocain et les exclut de toute contribution financière de la part de l’USAID.