PJD : la fuite en avant

Pour sortir de sa crise interne, le parti remet au goût du jour le débat sur la monarchie.

Même après son débat interne, organisé il y a près de deux semaines, le PJD est loin d’avoir réglé tous ses problèmes. Certains analystes verront certes, dans la réintégration, depuis mardi, du trublion et ancien député d’Oujda, Abdelaziz Aftati, au secrétariat général, un deal entre le secrétaire général et ses détracteurs, mais également une volonté d’en découdre avec tout le monde. Abdelaziz Aftati, qui jouit d’une grande popularité et classé premier lors de l’élection des membres du conseil national, a été écarté, rappelons-le, du secrétariat général depuis 2012 en raison notamment de ses déclarations.

Difficile donc de ne pas lier cette nomination, l’une des prérogatives du secrétaire général, aux résultats du dialogue national. Cela d’autant que dix jours après cette rencontre interne qui s’est déroulée à huis clos aux environs de Khémisset, des vidéos des interventions de certains dirigeants du parti ont commencé à fuiter. Celle qui a le plus retenu l’attention et en même temps intrigué les analystes politiques concerne l’intervention d’Abdelali Hamieddine. Ce dernier n’y est pas allé de main morte en s’en prenant directement à la monarchie. Ses propos sont certes discutables à plus d’un titre. Mais ce qui intrigue les observateurs, c’est pourquoi le PJD, ou une aile du parti, a décidé de rendre publique une intervention dans un évènement qui s’est déroulé à huis clos. Cela, après que le PJD a essayé pendant ces six dernières années et avec tous les moyens de décrédibiliser tous ses adversaires politiques et réussi à faire le vide autour de lui. En plus de l’intervention de Hamieddine, celle de Mustapha Ramid, ministre d’Etat, a également été rendue publique, mais par ses proches collaborateurs. On retiendra de ses propos que le parti a fait beaucoup de concessions depuis le début du mandat de Benkirane, en 2011. L’ancien chef de gouvernement a renoncé à de nombreuses attributions pour gagner la confiance de la monarchie, est-il indiqué.