PAM-USFP en mode attraction-répulsion

Dans un récent passage à  la télé, Driss Lachgar, le premier secrétaire de l’USFP, a affirmé que le «PAM a été créé pour combattre l’USFP».

Dans un récent passage à la télé, Driss Lachgar, le premier secrétaire de l’USFP, a affirmé que le «PAM a été créé pour combattre l’USFP». Rien de bien extraordinaire puisque la quasi-totalité des partis politiques a tenu le même discours à un moment ou à un autre, il y a deux ans, au firmament du phénomène du «20 Février». «Cela ne nous surprend pas puisque tous les partis de la Koutla (Istiqlal, USFP et PPS) ont tous essayé de rejeter leurs échecs politiques et leurs divisions internes sur le PAM. Cela est connu de tout le monde», note ce cadre du PAM. Ce parti n’en continue pas moins de préparer sereinement la prochaine étape, celle de l’après-2017.

Que l’USFP ait ressorti ce discours, «cela fait partie du jeu politique entre deux formations qui se trouvent en compétition dans l’opposition», observe le politologue Tarik Tlaty. Qu’il y ait donc un semblant de tension entre les deux formations n’a rien à voir avec le fait que l’USFP se soit précipité dans les bras de l’Istiqlal à peine celui-ci a-t-il mis les pieds dans l’opposition. «Que les choses soient claires, indique ce responsable socialiste, le PAM n’a jamais fait partie des premiers cercles d’alliances de l’USFP qui sont la famille ittihadie (les partis nés d’une scission de l’USFP), la gauche en général et l’Istiqlal». En effet, analyse Tarik Tlaty, le PAM ne deviendra jamais, en tout cas dans l’immédiat, un allié stratégique de l’USFP. Cela n’empêche pas que les deux formations puissent bien se retrouver dans une coordination conjoncturelle au Parlement ou même dans la rue pour défendre une cause commune. L’USFP, en adepte du pragmatisme politique, n’y voit d’ailleurs aucun inconvénient.

La nouvelle Koutla (Istiqlal-USFP) laisse, de même, la porte ouverte à une éventuelle coordination avec les autres forces démocratiques et progressistes. Mais, estime ce politologue, et jusqu’à nouvel ordre, les deux blocs, le PAM et la nouvelle Koutla, continueront à se livrer concurrence dans l’opposition.