Jeunes et politique : pourquoi ça ne matche pas

Jeudi 23 mai, l’observatoire marocain de la participation politique a mis la lumière sur la participation, en particulier des jeunes, dans la politique. Un casse-tête pour lequel des solutions, déjà en marche, ont été exposées par les invités.

Deux mois après sa naissance, l’observatoire marocain de la participation politique a a tenu, dans la soirée du jeudi 23 mai 2019 à Rabat, sa première rencontre. Au menu : « la participation politique, entre contexte actuel et les prochaines élections ».

L’observatoire se veut « une plateforme de dialogue entre les acteurs politiques », selon Jaouad Echchafdi, son fondateur et ex militant du PJD. Et de préciser : « cet observatoire sera dédié, principalement, à l’échange scientifique autour de la scène politique du pays ».

Un état des lieux alarmant !

C’est Omar Cherkaoui, professeur-chercheur, qui a ouvert le bal. Ses constats sont parlants : « au Maroc, il n’est pas facile d’évaluer le degré de la participation politique. Des indicateurs, toutefois, s’imposent : 22 millions de Marocains ont le droit de voter. Or, au niveau des listes électorales, seuls 15 millions sont inscrits. Et, 6 millions participent effectivement aux élections. Ce qui donne lieu à un taux de participation de 22% ». Et d’ajouter, « nous sommes loin de conclure qu’il existe une participation politique ».

Le débat a vite dérivé de la participation politique de manière générale, à celle des jeunes de manière particulière. Mohamed Boudden, chercheur sur les questions de la jeunesse, abonde dans le même sens : « 1% des jeunes marocains adhérent aux partis politiques », alors que la jeunesse marocaine représente un tiers de la population. Et d’apporter un autre élément, se rapportant à la non implication des jeunes : « l’âge moyen au sein des partis politiques est de 63 ans. Ce qui n’est pas du tout représentatif de la société marocaine ».

El Hassan Essaadi de la jeunesse du RNI, a, pour sa part, cité l’un des principaux facteurs qui poussent les jeunes à se mettre à l’écart. « Notre diagnostic indique qu’il est très difficile, vu le discours politique régnant, d’inciter les jeunes à investir la scène politique », insiste-t-il. Un discours, poursuit-il, « imprégné par les promesses non-tenues et le populisme »

La participation politique, une nécessité

C’est en partant de ce dernier point, celui du discours politique, que la jeunesse du RNI a choisi de mener la bataille. « Nous nous sommes donc attaqués au changement du discours politique », indique El Hassan Essaadi, dans le but d’encourager les Marocains, en particulier les jeunes, à adhérer.

Selon Mohamed Amahjour, militant du PJD, «les Marocains n’ont pas le choix. Ils doivent investir l’arène politique, en profitant de la dynamique d’ouverture que le pays a choisie », développe-t-il.

Pour Salaheddine Nabigha, une des fondateurs du mouvement politique Maan, « la participation politique est un enjeu capital de notre mouvement », fait-il savoir, sans vouloir s’étendre sur les facteurs à l’origine de la non-participation. Car, selon lui, « ils sont connus et reconnus de tous ». C’est pourquoi, ajoute-t-il, « nous avons voulu créer un véhicule politique, qui soit adapté aux jeunes ». Comment ? « Grâce à une structure, où la hiérarchie verticale ne soit pas dominante, vu le caractère rebelle des jeunes », précise-t-il.