Gauche : Des tentatives d’union, mais toutes imposées par la hiérarchie

Certains regroupements se sont soldés par des succès : PSU, intégration du PSD dans l’USFP… D’autres, motivés par des considérations électorales, n’ont pas duré bien longtemps.

Les appels à l’unification de la gauche n’ont pas été que des slogans. Il y a bien eu des tentatives. Certaines ont donné leur fruit, d’autres sont restées au stade de tentatives. Ainsi, l’actuel PSU que préside Nabila Mounib n’est-il pas le fruit d’un rassemblement de plusieurs courants de gauche qui ont toujours droit de cité dans le parti ? C’est en 2002 que quatre composantes de la gauche, l’OADP, les Démocrates indépendants, le Mouvement pour la démocratie et des potentialités de la gauche ont décidé de s’unir dans une seule formation, la Gauche socialiste unifiée. Cette formation a été jointe en 2005 par les dissidents de l’USFP composant le courant «Fidélité et démocratie» pour donner le PSU. En parallèle, une autre formation, le Parti socialiste démocratique (PSD), né d’une scission de l’OADP, en 1996, a tenté un rapprochement avec le PPS. Le processus a démarré en 2002, mais tout s’est arrêté vers 2004/2005 quand il s’agissait de trancher si les deux partis fusionneraient ou formeraient un parti fédéral. Le même PSD s’est alors tourné vers l’USFP et cette fois tout s’est bien passé et la fusion a eu lieu en 2007.

Plus récemment, le Parti travailliste (PT), né également d’une scission de l’USFP en 2005, est entré en négociation, à la veille des élections du 25 novembre, avec l’USFP en vue d’une fusion. A la dernière minute, les amis d’Abdelkrim Benatiq, patron du PT, ont décidé de rejoindre le G8 avec le Parti socialiste (PS) d’Abdelmajid Bouzoubaâ, et le PGV. Bien sûr, il y a eu également des alliances électorales entre les partis de la gauche. Le CNI, le PADS et le PSU ont ainsi formé une alliance électorale à la veille des législatives de 2007. L’USFP et le PPS ont fait de même, par le passé, dans le cadre de la Koutla. Les deux partis ont d’ailleurs passé ces 13 dernières années côte à côte au gouvernement.

Le PPS vient, en outre, de reconduire l’expérience d’un groupe parlementaire avec le FFD, portant le nom d’Alliance des forces démocratiques. Si ces expériences et d’autres tentatives d’union n’ont pas atteint les objectifs escomptés c’est que, explique M’hamed Grine, «elles ont toutes été imposées par le sommet. On n’a jamais tenté une fédération par la base». Aussi, affirme-t-il, «il est temps d’agir autrement et dégager une tendance émanant de la base pour influencer le sommet».