Dialogue Social : Mohamed Yatim définitivement out ?

Le ministre de l’intérieur a réussi à convaincre ses interlocuteurs d’accorder un «délai de réflexion» au gouvernement.

Les syndicats les plus représentatifs se sont réunis, mardi 8 janvier, avec le ministre de l’intérieur. La rencontre s’est tenue à l’initiative d’Abdelouafi Laftit, saisi une semaine plus tôt par les patrons des syndicats concernés. D’après les premières indiscrétions, le ministre a réussi à convaincre ses interlocuteurs d’accorder un «délai de réflexion» au gouvernement pour étudier leurs revendications concernant notamment les augmentation des salaires et l’accord du 26 avril. M. Laftit, qui s’est engagé auprès des centrales syndicales à institutionnaliser le dialogue social, semble ainsi avoir réussi là où son homologue du travail, pourtant ancien patron syndical, a échoué.

Contacté par des médias, Mohamed Yatim affirmait, en effet, ne pas avoir été mis au courant de cette réunion. Dans les coulisses, on soutient que les centrales syndicales, qui se sont retirées les unes après les autres des négociations du dialogue social, ne souhaitaient plus avoir affaire à ce ministre. Ce qui explique leur position quelque peu ambivalente sur la question. Les syndicats insistaient, en effet, sur leur attachement au dialogue tout en boycottant les réunions avec le gouvernement. Mais dès que le ministre de l’intérieur a pris les choses en main, ils se sont empressés de répondre présent. Le chef du gouvernement s’est attelé à réagir pour éviter d’éventuelles attaques. En effet, pas plus tard que lundi dernier lors de son passage mensuel devant les députés, il a expliqué qu’il avait, lui-même, confié au ministre de l’intérieur la mission de reprendre contact avec les représentants des syndicats. «Dans un premier temps, il a refusé d’assumer cette responsabilité, puis il l’a acceptée», a notamment déclaré El Othmani. De toutes les manières, a souligné le chef du gouvernement, «l’accord final entre le gouvernement et les syndicats sera signé sous ma présidence».