Dialogue social : El Othmani dans l’embarras

Les centrales syndicales, y compris l’UNTM, ont claqué la porte.

Que les trois centrales les plus représentatives, l’UMT, la CDT et l’UGTM, décident de ne plus participer aux réunions du dialogue social n’a rien d’inhabituel. Elles en ont déjà fait l’annonce. Mais que la direction de l’UNTM, le bras syndical du PJD, fasse de même et se désolidarise du patron de sa propre formation politique a de quoi inquiéter le chef du gouvernement. Le syndicat qui, alors sous la houlette de Mohamed Yatim, actuel ministre du travail et de l’insertion professionnelle, n’a jamais fait faux bond à l’ancien chef de l’Exécutif, même pour soutenir ses décisions les plus impopulaires, renseigne non seulement sur la qualité de l’offre du gouvernement, mais également sur le degré de division au sein du PJD. Voilà donc, observent certains analystes politiques, qu’El Othmani est lâché par le bras syndical et donc par un pan du clan des alliés de l’ancien chef du gouvernement puisque l’UNTM en fait partie.

Pour revenir au dialogue social, les quatre centrales se sont retirées de la réunion de la commission technique du lundi dernier. Du coup, la rencontre prévue ultérieurement avec le chef du gouvernement ne tient plus. Ce qui signifie, d’une manière plus large, que le dialogue social, malgré les positions encourageantes des uns et des autres, est définitivement à l’arrêt. Le gouvernement n’ayant, en effet, voulu rien changer à son offre qui consiste en une augmentation pour une certaine catégorie de fonctionnaires de 400 DH étalée sur trois ans ainsi qu’une revalorisation des allocations sociales. Il se voit donc, laisse-t-on entendre, obligé d’honorer ses engagements sans pour autant avoir obtenu un accord, et donc une paix sociale, des syndicats. Il devrait également, chose encore plus difficile, aborder la délicate réforme des syndicats, via une loi organique spécifique, sans en avoir concerté au préalable avec ces derniers. Tout comme il doit activer, dans les mêmes conditions, le projet de loi 97.15 relatif à l’exercice du droit de grève qui se trouve au Parlement depuis le 6 octobre 2016.