Député-maire, le pouvoir d’ubiquité des élus PJD

Les maires des grandes villes sont également députés, et, à ce titre, assument des charges au Parlement.

La Chambre des représentants est enfin passée à l’acte. La deuxième partie de l’article 147 a été activée pour la première fois, mardi dernier, et l’une de ses premières victimes n’est autre que Mohamed Sadiki, maire PJD de Rabat. L’article en question prévoit une retenue sur les salaires des parlementaires qui ont dépassé trois jours d’absence non justifiée. Là n’est pas le problème. Ce qui l’est, en revanche, c’est le fait de cumuler les mandats de député et de maire, surtout lorsqu’il s’agit d’une grande ville. Comment le législateur s’est-il permis de fermer l’œil sur une telle situation, s’interroge cet analyste politique, tout en relevant que c’est sous le gouvernement de Benkirane, et sur insistance de certains députés, que la proposition de rendre incompatibles les mandats de député (ou de ministre) et président de commune a été abandonnée par l’Exécutif. Le résultat est là, le maire de Rabat préfère mettre en veilleuse sa fonction de député pour s’occuper des affaires, au demeurant très prenantes, de la capitale.

D’autres députés du même parti ont fait le contraire. Le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, également vice-président de la Chambre, préfère de longues missions parlementaires à l’étranger. La dernière qui s’est déroulée en Pologne a duré une semaine. C’est le cas également de Driss El Azami, mobilisé ces jours-ci dans l’affaire Hamieddine et accaparé les autres jours par les multiples missions inhérentes à son statut de chef de groupe parlementaire dont l’obligation, entre autres, de participer aux travaux des commissions. C’est encore le cas d’Abdellah Bouanou, maire de Meknès et président de la commission des finances à la première Chambre. Les maires de Marrakech, Tanger, Tétouan et d’Agadir, tous du PJD, se retrouvent également dans la même situation que d’aucuns qualifient d’absurde.