Communication politique…, «connaît pas»

Quand on est dans l’opposition, le discours populiste est plus rentable. Le PJD, malgré son passage à  la majorité, reste encore agité par ses réflexes populistes d’antan.

Pour les partis politiques, la communication semble être encore un luxe. «Ce n’est pas que nos partis ne soient pas conscients de l’importance de la communication politique, mais ils ne s’en donnent pas les moyens», affirme Mouslim Kabbaj, expert en communication.

L’universitaire Abdellatif Zaki estime, lui, qu’«une grande partie d’entre eux a en effet une conscience et une sensibilité à l’importance de la communication et alloue à la rubrique des sommes conséquentes, mais trop rarement et de manière ponctuelle». Ainsi, ils peuvent avoir des soubresauts communicationnels de temps en temps, mener des campagnes, faire des actions, entreprendre des actes, ajoute-t-il. Mais, «de là à y retrouver des politiques de communication, il y a du chemin à faire».

En effet, explique-t-il, pour avoir une politique de communication, «le parti doit être essentiellement démocratique et doit représenter des intérêts clairs et non ambigus et doit s’adresser à une tranche de la population qui a ces intérêts en partage, qui a une histoire et un héritage communs et qui a les mêmes ambitions sociales et économiques».
Or, la réalité est autre. Nos formations politiques ne se préoccupent de cet aspect communicationnel que la veille des élections. Pour la communication de l’opposition, «elle tombe plus souvent dans le populisme qu’autre chose», affirme Mohamed Darif. Une grande partie du discours des formatons de l’opposition est obligatoirement populiste, assure-t-il. C’est un mécanisme important de mobilisation et de recrutement. A fortiori pour les partis à référentiel islamiste. Ces derniers construisent leur discours sur l’éthique et «qui dit éthique dit populisme».

Quand un parti passe de l’opposition au gouvernement, il change sa stratégique. Il passe généralement d’un discours populiste à une stratégie de communication qui prend en compte la réalité telle qu’elle est et non comme il se la représente. Cependant, estime Mohamad Darif, il semble que le PJD n’a pas intégré cet élément et n’a pas encore pu rompre avec son discours de l’opposition. Car, soutient M. Zaki, «étant essentiellement à caractère populiste, ce parti ne peut avoir que des faits et gestes à caractère populiste». Toutefois, espère-t-il, la pratique de la gestion de la chose publique pourrait amener ce parti à «devoir prendre la réalité en compte, à se plier aux conditions de la gouvernance politique et à ajuster son discours à la mesure de ses propres capacités d’action sur les facteurs qui font la différence pour la population».