Chômage des jeunes
9 novembre 2018
Nabila Fathi (41 articles)
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Chômage des jeunes

Les créations nettes d’emplois, quand bien même elles s’inscriraient à la hausse, n’arrivent pas à évoluer au même rythme que la progression enregistrée chaque année par la population des jeunes en âge d’activité.

Au fond, les chiffres se suivent et se ressemblent. Même si de trimestre en trimestre, des évolutions en dents de scie peuvent être remarquées (voir article page 17), sur le long terme, la tendance se confirme de manière inquiétante. Le taux de chômage des jeunes citadins augmente d’une manière structurelle, jusqu’à frôler les 45%. Les créations nettes d’emplois, quand bien même elles s’inscriraient à la hausse, n’arrivent pas à évoluer au même rythme que la progression enregistrée chaque année par la population des jeunes en âge d’activité. Ces derniers rejoignant, à leur corps défendant, la longue file d’attente des personnes en quête d’un contrat de travail.

Transformation de la société marocaine avec comme conséquence des jeunes de plus en plus exigeants-y compris dans le choix du métier à exercer-, urbanisation de plus en plus galopante avec un taux actuel de plus de 60%, phénomène mondial n’épargnant ni les économies développées ni celles à la traîne… les raisons de la hausse du chômage des jeunes sont diverses et variées. Mais un facteur demeure important à signaler : l’inexistence de recherches approfondies sur l’évolution démographique couplée à des variables sociologiques, économiques… et permettant de dégager des éléments de prévision notamment sur le nombre de jeunes qui atterriront dans le marché de l’emploi dans une dizaine d’années, voire une génération, en tenant compte de leur lieu de résidence (urbain ou rural). Ces recherches constituent une brique parmi d’autres qui permettraient de mieux apprivoiser le chômage.

Ce travail de prospective n’ayant jamais été fait en bonne et due forme, le Maroc se retrouve sans une idée précise des besoins et des problématiques qui surgiront au cours des décennies à venir. Ce qui l’empêche par ricochet d’avoir une vision globale sur la politique d’emploi qu’il doit mener, notamment au profit des jeunes citadins qui constituent le problème numéro1 en matière de chômage. En attendant, on naviguera toujours à vue et on s’étonnera encore face à des chiffres de chômage alarmants, au sein de cette jeunesse qui trouve toutes les difficultés du monde à décrocher le précieux sésame d’un premier job.

Nabila Fathi

Nabila Fathi