Le retard de croissance chez l’enfant,  un problème médico-social au Maroc
15 mars 2010
Lavieeco (25812 articles)
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Le retard de croissance chez l’enfant, un problème médico-social au Maroc

Une petite taille chez l’enfant peut être d’origine génétique, en rapport avec une carence nutritionnelle, liée à  un retard de croissance intra-utérin, secondaire à  une insuffisance d’hormones ou un contexte psychoaffectif défavorable.

Le retard de croissance peut être le premier signe d’un processus pathologique qui peut mettre en jeu le pronostic vital ou fonctionnel de l’enfant. Il peut se compliquer d’une petite taille à l’âge adulte. Enfin, méconnaître un retard de croissance c’est risquer de ne pas identifier une situation potentiellement accessible à un traitement qui permettrait d’améliorer, voire de normaliser la taille.C’est ce qui est revélé par un travail réalisé à l’Hôpital des enfants de Rabat et coordonné par le Pr Naima Elhafidi. Jusqu’à présent ni les institutions scientifiques ni le ministère de la santé ne se sont vraiment attaqués à ce problème de santé crucial pour une partie importante des enfants au Maroc. De ce fait, le XXXIIIe Congrès national de la Société marocaine d’endocrinologie, diabétologie et maladies de la nutrition (SMEDIAN), qui sera organisé du 30 avril au 1er mai prochains à Saïdia, sera consacré au retard de croissance, indique Fatima Marouan, professeur d’endocrinologie et présidente de la SMEDIAN. Cette édition comportera des ateliers, des  symposiums auxquels vont prendre part des experts nationaux et internationaux. L’objectif est très ambitieux : la mise en place d’un programme médico-social national, visant à établir les principaux axes pour une meilleure prise en charge du retard de croissance. Pour essayer de débusquer l’origine d’un retard de croissance, tout médecin doit chercher à préciser quatre points fondamentaux : le développement psychomoteur, le niveau scolaire de l’enfant et surtout préciser l’existence ou non de maladies chroniques ou de prise de corticoïdes. Toutefois, l’analyse de la courbe de croissance staturo-pondérale reste la pierre angulaire pour étayer le diagnostic de retard de croissance. De même que l’obtention de l’âge osseux, qui consiste à faire une radiographie de la main et du poignet gauche.
L’âge osseux pour un individu correspond à l’âge réel de la majorité des individus de son sexe qui ont la même maturation squelettique. Il permet aussi d’approcher la taille adulte qui se calcule pour un enfant donné à partir de sa taille et de son âge osseux. Cependant, précisent les endocrinologues, plusieurs signes d’alerte peuvent orienter vers des causes spécifiques, les céphalées et les vomissements orientent vers un processus expansif intracrânien. Les troubles digestifs chroniques vers une malabsorption. Une polyuro-polydipsie (besoin incessant de boire et d’uriner) oriente vers une forme précise de diabète. Et, enfin, un infléchissement scolaire oriente vers une hypothyroïdie (insuffisance de production des hormones thyroïdiennes). Du reste, le retard de croissance staturale constitue un motif fréquent de consultation. De même, il faut savoir qu’un contexte psychoaffectif défavorable peut engendrer un nanisme psychosocial. Les causes d’un retard de croissance sont multiples, les données de l’examen clinique et de la maturation osseuse permettent dans la majorité des cas d’orienter le diagnostic vers un des grands cadres étiologiques connus, permettant de préciser le pronostic statural définitif, et surtout de ne pas laisser passer une éventuelle cause pouvant relever d’une thérapeutique spécifique : tel est le message-clé que veulent passer les organisateurs de cette édition de la SMEDIAN.

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