L’apport de la chirurgie par laser dans le traitement des varices
26 janvier 2007
Lavieeco (26226 articles)
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L’apport de la chirurgie par laser dans le traitement des varices

Les 24, 25 et 26 mai 2007, le Maroc accueillera pour la première fois les travaux du Groupe d’évaluation en laser et échographie vasculaire (GELEV).

Au Maroc, l’utilisation du laser dans le traitement des varices comme alternative thérapeutique à  la chirurgie classique remonte à  la fin 2004. Selon le professeur Amira Benjelloun, chirurgienne vasculaire, spécialiste dans les traitements par laser et présidente du GELEV (Groupe d’évaluation en laser et échographie vasculaire) Maroc, cette technique est appliquée depuis 1998 aux Etats-Unis, en Espagne et Italie. La France a rejoint le peloton en 2000.

La chirurgie classique consistait à  extirper la veine malade. Cette veine dite insuffisante ne jouant plus son rôle de drainage et de retour veineux vers le cÅ“ur, cela favorise la stase veineuse.
La chirurgie classique nécessite hospitalisation et arrêt de travail de 15 à  30 jours. En plus, la cicatrice au niveau du pli inguinal risque de s’infecter, particulièrement chez les personnes obèses du fait de la macération. La chirurgie par laser, en revanche, est une chirurgie mini invasive, endovasculaire, pouvant se faire en 24 à  48 heures. Elle fait appel à  une fibre optique en intraveineuse véhiculant une énergie thermique, qui détruit les constituants de la paroi, finit par les scléroser et au bout de 6 mois le tout se fond dans le tissu avoisinant.

Le Pr Benjelloun insiste sur un fait important : on ne doit pas traiter une maladie variqueuse sans avoir au préalable fait un examen spécifique, l’échographie-doppler, qui permet de visualiser l’étendue de la maladie et le territoire atteint. La réussite du traitement au laser est par ailleurs tributaire d’un bon contrôle à  la première semaine, à  1 et à  6 mois puis à  1 et à  2 ans.

Quel que soit le traitement utilisé, il doit s’accompagner d’une contention-compression par des bas ayant une texture particulière, assurant de façon permanente un micro massage, afin de stabiliser le résultat. Car, il faut toujours avoir à  l’esprit, que les varices se traitent mais ne guérissent pas, tient à  remarquer le Pr Amira Benjelloun. Elle précise en outre que des varices mal ou non traitées peuvent mettre en jeu le pronostic vital du fait de l’émigration d’une phlébite provoquant une embolie pulmonaire.
Le Pr Benjelloun tient à  alerter les personnes à  risque du fait d’une station debout ou assise prolongées liées à  leur métier : coiffeur, chirurgien, enseignant, cuisinier, secrétaire et les personnes qui pratiquent des sports violents tels les avironneurs ou les rameurs de fond.

Questions
La pénurie d’infirmiers au CHU Ibn Sina ne peut que s’aggraver

Pr chefchaouni al mountacer
Nouveau directeur du CHU Ibn Sina de Rabat

Le CHU Ibn Sina de Rabat, le plus grand centre hospitalier au Maroc, connaà®t une restructuration. Depuis jeudi 21 décembre 2006, le professeur Charif Chefchaouni Al Mountacer, ancien directeur-adjoint de l’hôpital Cheikh Zaid, en est le nouveau directeur. Il nous explique les défis à  relever.

La Vie éco : Le projet de restructuration du centre hospitalier ne nécessite-t-il pas davantage de personnel infirmier ?
Charif Chefchaouni Al Mountacer : Oui, d’autant plus que d’ici 2010, 136 infirmiers seront atteints par la limite d’âge. Et du fait que le nombre de postes budgétaires créés annuellement avoisine 50, la pénurie en personnel infirmier ne peut que s’aggraver. Par ailleurs, du fait du développement des activités et de l’évolution des technologies médicales, le besoin est encore plus important. Le besoin est estimé actuellement à  868 infirmiers, tous profils et spécialités confondus. Il n’y a pas de solution à  court terme à  cette situation, ni pour le CHU Ibn Sina ni pour les hôpitaux du Royaume.

Quels sont les autres axes prioritaires ?
Outre le manque d’infirmiers qui risque de compromettre les plans de modernisation de l’établissement, un autre chantier majeur attend la nouvelle équipe dirigeante. Il s’agit de la mise à  niveau, et surtout de l’humanisation des urgences. 40 % des ressources de fonctionnement affectées à  certains hôpitaux du centre hospitalier sont consommés par les services des urgences. Plusieurs actions ont été entreprises courant 2006 et seront consolidées en 2007. Elles concernent d’abord la séparation des flux entre vraies et fausses urgences (consultations sans caractère d’urgence médicale mais ressenties comme telles par le patient ou sa famille). L’objectif ultime est que les cas graves ne souffrent pas d’une mauvaise utilisation des urgences et que leur soit réservé l’essentiel des moyens humains et matériels. 120 malades en 12 heures de garde, c’est trop pour un interne de garde, malgré toute la bonne volonté, la compétence et la disponibilité dont il peut faire preuve.

Un mot sur le climat social de l’hôpital.
Des mouvements de grève paralysent en effet de temps en temps cet établissement hospitalier, liés à  des conflits à  caractère revendicatif propres au CHU ou d’ordre national. Du fait de la disparité des statuts du personnel, autonome ou relevant du budget général de l’Etat, nos patients souffrent doublement en cas de détérioration du climat social. Ces conflits sont facilement évitables par une politique de concertation des partenaires et surtout par la charte sociale que le CHU Ibn Sina développe avec tous ses partenaires sociaux.

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