Logiciels de facturation : la demande ne décolle pas
4 février 2019
Naoufel Darif (869 articles)
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Logiciels de facturation : la demande ne décolle pas

Des éditeurs locaux proposent des packages englobant logiciel, maintenance et monitoring d’utilisation à des prix moyens allant de 5 000 à 7 000 DH. Les entreprises ciblées par la mesure sont méfiantes.

Les éditeurs de logiciels de facturation sont dans la désillusion. L’obligation faite aux contribuables soumis à l’IS et l’IR professionnel, selon le régime du résultat net réel et résultat net simplifié, et à la TVA, d’utiliser des logiciels connectés à une centrale de facturation tenue par la DGI laissait entrevoir en 2018 le début d’un business juteux ! Ce n’est pas encore le cas. Editeurs de solutions informatiques, experts comptables et patrons de TPME affirment que la demande est encore très timide. Le patron d’un éditeur local informe que les commandes moyennes sont au même niveau que les années précédentes. Ahmed Chahbi, trésorier de l’ordre des experts comptables, relève que le marché est aujourd’hui très loin de la ruée attendue au lendemain de l’adoption de la mesure par la DGI. «Nous avons relevé un relâchement même de l’intérêt et des intentions d’achat après les récentes sorties des membres de l’Exécutif pour confirmer la suspension de la mesure et la réduction du périmètre des entreprises concernées», relate le responsable développement.

Impossibilité de manipuler l’historique des opérations commerciales

Dans les faits, les entreprises ciblées, les TPME en majorité (les grandes structures sont déjà équipées de logiciels performants achetés au prix fort), manifestent un sentiment de méfiance vis-à-vis de cet outil, qui, plus est, sera connecté au fisc. Ce qui veut dire que chaque opération passée serait immédiatement retrouvée au niveau du système d’information de la DGI. Ce dispositif réduit significativement les chances de fraude, du moins pour les transactions déclarées. Ceci, d’autant plus que «le logiciel fournit l’historique des opérations commerciales et ne peut être manipulé», explique M.Chahbi. Une source à la DGI déplore que les petites structures soient portées sur ces considérations au lieu de mesurer l’impact sur leur gouvernance et leur mise à niveau.
Cela dit, les éditeurs de logiciels ont commencé déjà à se positionner sur ce nouveau créneau. Il existe aujourd’hui une offre qui a le mérite de s’adapter à la capacité financière des TPME. Ahmed Chahbi informe que des éditeurs, des locaux en majorité, proposent des packages qui englobent le logiciel, la maintenance et le monitoring d’utilisation à des prix moyens allant de 5000 à 7000 DH. D’autres opérateurs proposent des modules de facturation uniquement (permettant le suivi des indicateurs d’activité, en plus de la génération simple de factures) à des prix moyens de 1500 à 2000 DH par an.
Un facteur rassurant néanmoins : l’entrée en vigueur de l’obligation de se doter d’un logiciel de facturation certifié sera à coup sûr progressive. Dans un premier temps, elle devrait concerner certains secteurs d’activités selon des critères définis par circulaire. Ce même texte fixera les spécifications techniques du système informatique.

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