Trop de consignes de trois boss différents

Je suis dans une entreprise où beaucoup de choses se passent et j’adore ça. De plus, mes patrons (j’en ai 3) sont très actifs, mais voilà, ils me donnent aussi beaucoup de choses à faire et j’avoue que j’ai parfois du mal à prioriser leurs urgences. Je n’ose pas dire à l’un que l’autre m’a aussi demandé quelque chose «d’urgent» de peur de le blesser.
Bref, j’aimerais bien avoir votre avis sur ce problème ?
Que me conseillez-vous ?
C.P.- Rabat

Trois patrons !
Voilà un cas de figure particulier mais de plus en plus courant. En effet, le temps où chaque manager bénéficiant de son assistante personnelle est de plus en plus révolue. Et nous devons donc tous apprendre à travailler différemment.
Mais cela concerne autant vous-même que vos trois managers qui ne peuvent vous considérer comme «leur collaborateur à temps plein».
Maintenant, si vos trois «patrons» s’entendent bien entre eux, tout ira bien, car il vous suffira de mettre en place quelques idées pour stabiliser votre mode d’organisation.
Dans le cas contraire, les choses vont se compliquer, car, souvent, ce type d’organisation est un excellent prétexte pour délimiter son territoire et exprimer son ego afin qu’il prenne… toute la place.

C’est à eux de prioriser pour vous

Vous ne pouvez pas (du moins sur certains sujets) décider de la priorité de telle ou telle mission confiée à leurs places !
Tout simplement parce que vous n’avez sans doute pas toujours tous les éléments pour le faire. Aussi, lorsque la situation l’exige, n’hésitez pas à demander dans quel ordre de priorité vous devez lancer cette nouvelle requête.
C’est un exercice délicat, car selon la manière où vous vous exprimerez, on pourra croire que vous êtes en fait en train de «rechigner» au travail, aussi, prenez y garde. Ainsi, si une nouvelle requête urgente vient s’additionner à d’autres, répondez simplement : «Je dois terminer le dossier X22 également. Aussi, voulez-vous que j’arrête d’y travailler ou cela peut-il attendre deux heures/deux jours pour démarrer le vôtre ?»
Et n’ayez pas peur de «blesser» l’un de vos managers parce ce qui compte, c’est que vous puissiez tenir les délais. Mais vous en serez incapable si l’on vous demande tout en même temps !
Car, dans tous les cas, ils doivent prendre conscience de cette problématique et organiser une réunion pour savoir déterminer les modalités de répartition de la charge de travail. Le mieux serait aussi qu’ils vous donnent à l’avance une visibilité sur «leurs to do», parce que TOUT n’est pas urgent dans la vie professionnelle. Mais quand on ne le délègue pas à temps, effectivement tout DEVIENT urgent.

Managing up

Le concept du «managing up», c’est-à-dire «manager mon manager» est encore nouveau chez nous, mais il commence peu à peu à faire son chemin.
L’idée est de prendre conscience que tout collaborateur possède «un champ d’action» dans son relationnel avec son n+1. Il n’est pas dans un rôle passif, bien au contraire et peut/doit faire preuve de leadership, il sait bâtir un relationnel basé sur l’échange et le partage et crée le bon environnement pour que son manager accepte de le laisser innover et prendre des initiatives
Et il sait aussi dire «non» quand cela est justifié. Car bien sûr, nous sommes tous au service de «notre client interne» mais doit-on pour autant toujours dire oui à notre client ?
Si vous devez gérer la «cascade» de désorganisation de 3 managers, vous risquez en effet de ne pouvoir y arriver. Aussi, à vous de les «coacher» d’abord en leur présentant votre planification de votre semaine qui aura pris en compte tous les dossiers qu’ils vous ont confié. Cela les aidera à avoir une meilleure vue d’ensemble de la charge de travail et les inspirera sans doute à changer de mode de délégation qui semble, pour le moment, se faire sur «l’instant».
C’est cela aussi MANAGING UP, coacher son patron pour mieux travailler en équipe !

A vous de jouer !