« Trois entreprises étrangères viennent tous les 15 jours au Maroc pour recruter des ingénieurs »

Pour booster l’offre des ressources humaines dans la filière numérique, et suite à la demande de l’APEBI, l’ANAPEC va accorder des mesures de flexibilisation aux entreprises actives dans le secteur des nouvelles technologies, membres de l’Apebi.

Pour les opérateurs de la filière numérique, le constat est sans appel : le marché souffre de la rareté des ressources humaines. Pour cause : la fuite des cerveaux, notamment les informaticiens, vers des destinations qui leurs sont plus attractives. Une situation “inquiétante” selon Abdelmounaïm Madani, directeur de l’ANAPEC. Un état de fait auquel il faut apporter des solutions “urgentes pour répondre aux enjeux de la transformation digitale dans laquelle le Maroc s’est engagé”, selon Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de la fédération des technologies de l’information de télécommunication et de l’offshoring (APEBI).

Les deux partenaires ont tenu, ce lundi 4 Mars 2019 au Technopark de Casablanca, une réunion d’information sur le renforcement et l’amélioration des compétences de la filière numérique. Objectif: débattre des solutions à mettre en place en vue de remédier à la rareté des ressources humaines, qui constitue un danger pour la compétitivité des entreprises marocaines.

En effet, selon les chiffres exposés par l’ABEPI et l’ANAPEC, “600 ingénieurs marocains quittent le pays chaque année” et que “les grands opérateurs IT estiment que trois entreprises étrangères viennent tous les 15 jours pour recruter une dizaine d’ingénieurs marocains”, ajoute la même source.

Flexibilisation du recrutement des compétences étrangères

Pour booster l’offre des ressources humaines dans la filière numérique, et suite à la demande de l’APEBI, l’ANAPEC va accorder des mesures de flexibilisation aux entreprises actives dans le secteur des nouvelles technologies, membres de l’Apebi. Ainsi, toute compétence étrangère, avec un diplôme bac+5 en informatique, pourra désormais être recrutée, de manière flexible. Dans ce sens, l’ANAPEC s’engage à délivrer une attestation d’activité non soumise à l’obligation de diffusion par annonce, en 48 heures, moyennant 1500DH, avec un plafond de 5 ressources pour le même emploi-métier par entreprise par an.

Précisons qu’avant l’annonce de cette mesure de simplification, les entreprises marocaines, qui recrutaient des compétences étrangères, avaient l’obligation de diffuser une annonce d’appel à candidature, en respect de la préférence nationale en matière des ressources humaines. Elles devaient en outre payer 5000 dh par profil étranger demandé afin d’obtenir cette attestation, en 20 jours de traitement.

CQP, une formation aux inscrits à l’ANAPEC

L’APEBI et l’ANAPEC s’allient également pour former les diplômés des filières scientifiques, qui ont un bac+3 des filières scientifiques et ce pour « renforcer les capacités d’emploi du marché« , dans le cadre d’une formation certifiée, conçue par les professionnels et validée par l’APEBI.

Dans ce sens, l’ANAPEC s’est engagée à effectuer le « sourcing », sélectionner les candidats ainsi le suivi de l’insertion des bénéficiaires de la formation. Mais, en particulier, de financer cette formation à hauteur de 40 DH par heure et 24.000 DH par personne. Pour sa part, l’APEBI se va se charger de valider les programmes, de certifier les centres de formations et des formateurs ainsi que de délivrer le certificat de qualification professionnelle en collaboration avec le centre partenaire.

Dénommé le CQP « développeur en nouvelles technologies », ce programme de formation a pour objectif d’«apporter une réponse immédiate aux besoins identifiés au sein des entreprises », il est étalé sur 9 mois dont 6 en formation et 3 au sein d’une entreprise adhérente au dispositif. Ouvert deux fois par an, il sera disponible dans les 12 régions du royaume, avec dans un premier temps Casablanca Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Sous-Massa, Fès Meknès et Tanger-Hoceima-Tétouan.

Le CQP comprend en outre 5 unités : systèmes d’information et langages ; méthodes, techniques et normes ; développement spécifiques et projet ; services (assistance, sécurité des systèmes d’information) ; ainsi qu’une unité transverse portant sur la veille technologique, le droit informatique et les soft-skills.