Stages : comment chaque partie peut en tirer profit

L’entreprise doit considérer le choix d’un stagiaire comme un vrai recrutement de sorte à  pouvoir constituer une bonne banque de CV. Pour le stagiaire, le tuteur et les collègues peuvent être utiles pour la recherche d’un emploi.

La présence de stagiaires est devenue une affaire courante dans les entreprises. Une majorité d’entre elles, du moins les plus structurées, ont mis en place un processus précis pour recruter des stagiaires tout en laissant le soin à chaque service de s’organiser,  comme c’est le cas du Crédit Agricole. «Les CV et autres candidatures spontanées sont reçus au niveau de la DRH. Après la sélection, les stagiaires sont affectés aux différents départements, services et agences qui s’organisent selon leur planning pour les accueillir», explique Meriem Idrissi Kaitouni, directeur du capital humain du groupe.

Pour les étudiants et autres candidats au stage, il n’est pas toujours facile de tomber sur des entreprises du genre. Les stages sont encore loin de faire partie intégrante d’une politique de ressources humaines, même si des conventions commencent à se multiplier entre écoles et entreprises. Il y en a qui reçoivent des étudiants juste pour un renvoi d’ascenseur ou parce qu’ils sont cooptés par un cadre de l’entreprise. Le résultat est que la personne peut passer un à deux mois et rien apprendre.
En France, par exemple, la loi a mis en place quelques dispositions concernant le stage, même si le stagiaire n’a pas le statut de salarié. Le stage s’inscrit dans un projet pédagogique et n’a de sens que par rapport à ce projet. Il facilite le passage du monde de l’enseignement supérieur à celui de l’entreprise. C’est en principe ce qui est recherché partout.

C’est pourquoi en optant pour les conventions de partenariat, les entreprises ont l’assurance que leurs stagiaires sont d’abord bien encadrés au sein de leurs écoles.
C’est ainsi que chez les banques, par exemple, il n’y a pas de période prédéterminée pour les stages. Elles accueillent des stagiaires durant toute l’année même si la plupart des candidats postulent pour l’été. Dans cette logique de recrutement, priorité est donnée aux stages longs. Une majorité des entreprises proposent des missions d’une durée moyenne supérieure à trois mois. Cette moyenne est à rapprocher des durées de stage imposées ou proposées par les écoles.
Dans tous les cas, chaque partie doit tirer profit de l’expérience. Bref, un stage n’est pas une action routinière destinée à rendre service. Une fois accepté au sein de l’entreprise, le stagiaire doit donc être géré avec beaucoup de professionnalisme.
D’abord, la mission à confier au candidat doit être fixée à l’avance. Faute de quoi il peut lâcher prise et ne plus revenir dans les jours qui suivent sans même prévenir. De même, l’intégration doit être menée de manière progressive. Si le stagiaire développe une bonne capacité d’aptitude, on peut lui confier une mission plus sérieuse. Mais, peut-on tout lui confier ? «S’il prend des initiatives, il faut l’épauler constamment tant qu’il peut contribuer à sa mission. Plus il accède à l’information, plus il fait de son mieux», assure la DRH du Crédit agricole. Toutefois, les informations d’ordre stratégique doivent être fournies strictement en fonction du besoin et en sensibilisant la personne à leur importance.

En somme, il faut savoir les encadrer. Cette mission incombe au tuteur ou supérieur hiérarchique concerné qui doit susciter l’intérêt du jeune candidat. La mission remplit-elle les objectifs que vous recherchez ? Voyez-vous votre tâche autrement ? Voulez-vous essayer d’autres tâches ? Ce sont des questions de ce genre qu’il convient de poser régulièrement pour mesurer le niveau de motivation. «Recevoir notamment un feed-back de leur part améliore considérablement le travail», ajoute t-il.
Enfin, à la fin du stage, il faut penser à une rétribution ou au moins à rembourser les charges et autres frais engagés par le stagiaire. S’il en est informé à l’avance, il sera plus motivé et s’appliquera davantage. Par ce même biais, on peut aussi être plus exigeant vis-à-vis de lui. D’autre part, ce geste peut être très rentable si on a affaire à un bon profil. Quand arrivera le moment de chercher un emploi, l’entreprise sera très probablement privilégiée s’il en garde un bon souvenir.

Le stagiaire ne doit pas partager les informations confidentielles sur l’entreprise

En ce qui concerne le stagiaire, les consultants en ressources humaines sont unanimes : un bon stagiaire est celui que l’on remarque, par son enthousiasme, son sens de l’initiative, sa politesse et son sens de l’organisation.
En somme, il est important de laisser une bonne impression, de soi et de son établissement scolaire. Les bonnes relations entretenues avec son tuteur conduisent parfois à de précieuses lettres de recommandation. S’intégrer, c’est d’abord respecter les règles de l’entreprise. Le stagiaire doit ainsi se conformer aux horaires de travail, au code vestimentaire et autres usages. Il doit également bien se comporter dans son environnement de travail avec chaque membre de l’équipe : du directeur au coursier. Enfin, il va de soi que le stagiaire ne doit pas partager les informations confidentielles sur l’entreprise où il passe son stage. Si le tuteur ne donne pas de missions précises, le stagiaire peut en réclamer, parler aux collègues, offrir un coup de main sur tel ou tel dossier en fonction de ses compétences. En un mot : éviter d’être le «stagiaire fantôme».

Pour Laura Kakon, directrice commerciale et marketing de l’Université internationale de Casablanca, «réussir son stage, c’est lorsque l’étudiant parvient à gérer les projets qu’on lui a demandé de traiter, en étant performant. C’est aussi lorsque le stage permet au candidat de se révéler au sein de l’entreprise et surtout apprendre et démontrer son sens des responsabilités et de l’engagement».