Salaires du secteur automobile : Avis de Salah Sabik, président de la commission Emploi de la CGEM-Tanger

«Pour certains postes, les salaires progressent de 12 à 15%».

La Vie éco : Le secteur de l’automobile connaît un dynamisme actuellement. En tant qu’ancien DRH d’une multinationale de la place, quel regard portez-vous sur les ressources humaines dans ce secteur ?
Le secteur de l’automobile est en pleine mutation, de nouvelles technologies arrivent : le véhicule électrique, le véhicule autonome… Ces transformations vont avoir des impacts majeurs sur les métiers.
Grosso modo, les constructeurs sont en phase d’évoluer sur certaines niches qui touchent l’automatisme, l’électronique ou l’électrique qui représente l’avenir de l’industrie automobile. On va vers des métiers plus pointus qui demande de l’expertise.
Techniquement, nous avons de bons profils que ce soit des lauréats issus de la formation professionnelle ou des écoles spécialisées.
Malheureusement, pour la plupart d’entre eux, les soft skills manquent cruellement.
D’un autre côté, beaucoup d’entre eux sont peu ouverts à la gestion des relations sociales. Ils sont peu informés sur les représentations du personnel, sur les représentants syndicaux…

Quels sont les profils les plus demandés actuellement ?
Pratiquement tous les profils spécifiques au secteur sont sollicités. Cela va de l’ingénieur électronique, l’ingénieur systèmes automobiles, l’architecte logiciel automobile en passant par le géomètre, le chaudronnier, le soudeur, le responsable qualité…Même les métiers support sont également demandés sur le marché.
Les métiers liés à la motorisation (technologies hybrides, lois de commande, mise au point), aux applications mobiles, le développement logiciel… sont également sollicités.
Ainsi, un ingénieur en électronique de puissance sera plus sollicité qu’un ingénieur mécanique classique. Idem pour les experts en électronique embarquée.

Les salaires connaissent-ils une inflation aujourd’hui ?
Effectivement, pour certains profils pointus, les salaires sont importants. Le secteur connaît chaque année des augmentations de rémunération de l’ordre de 4 à 5% sans compter que certains postes connaissent des évolutions de 12 à 15% en termes de salaire.
Sinon, d’après les chiffres de l’Agence nationale de promotion du travail et des compétences (ANAPEC) et de TMSA, un opérateur touche vers les 2 400 DH, 4300 DH pour un chef d’équipe, près de 8 000 DH pour un technicien de maintenance et près de 4 000 DH pour un manutentionnaire.
Des ingénieurs débutants peuvent démarrer à 7 000 DH et ils peuvent doubler leur salaire après trois ans d’expérience.
Enfin, nous constatons une nette évolution du package social. De plus en plus, les entreprises accordent outre la couverture sociale, une retraite complémentaire, des bonus et même des participations au capital pour retenir les bons profils.