Salaires du secteur automobile : Avis de Achraf Dahbi, Consultant senior chez LMS ORH

« Les niveaux des salaires de certains sont équivalents à ceux des pays d’Europe de l’Est. »

L’industrie automobile est en pleine mutation avec l’arrivée de nouveaux acteurs et surtout le lancement de plusieurs unités de sous-traitance. Ce passage à la vitesse supérieure a bien évidemment ses répercussions sur le marché de l’emploi mais aussi sur les rémunérations.

Il faut souligner d’emblée que les constructeurs se sont recentrés sur leur cœur de métier, à savoir la conception, l’assemblage final des véhicules et la fabrication des moteurs. Quant aux équipementiers, ils sont les moteurs des récentes innovations, en passe de changer le visage de l’automobile. Par rapport aux profils spécifiques au secteur, on observe un intérêt particulier pour les ingénieurs manufacturing ou ingénieurs de production qui sont aujourd’hui fortement soumis aux contraintes de coût, de qualité et de respect de l’environnement. Il en est de même pour les techniciens en électromécanique.

Autre profil très recherché, le technicien électromécanicien, les techniciens de montage, les spécialistes de l’emboutissage ou encore les soudeurs qualifiés qu’on n’arrive pas à trouver sur le marché. Certains constructeurs envoient même de tels profils se former à l’étranger.

Par rapport aux métiers support, la grande difficulté est de trouver de bons responsables RH ou des DRH, surtout que la ville de Tanger qui concentre l’essentiel de l’industrie automobile n’arrive pas à attirer les bons spécialistes des RH. Enfin, les profils de la supply chain sont également fortement demandés.

Il faut dire qu’on est loin des ratios en vigueur en matière de recrutement. Un candidat sur 12 est valable.
Cette raréfaction des profils pointus pousse les entreprises à s’arracher les plus expérimentés. Depuis quelques années, on assiste à une surenchère des salaires, ce qui remet en cause la compétitivité du pays. Les niveaux des salaires, surtout des ingénieurs, sont équivalents à ceux des pays d’Europe de l’Est.