Rollande Allene : «Des responsables communaux bien formés prendront plus facilement des décisions»

Le temps d’un élu qui ignore tout du fonctionnement des institutions est dépassé. Il doit être mieux outillé pour parler au nom de la collectivité. La formation participe à  l’instauration des principes de bonne gouvernance.

Aujourd’hui, on enregistre une réelle demande émanant du gouvernement qui veut procéder à une mise à niveau des ressources humaines au sein des collectivités locales.
Je suis souvent amené à accompagner des élus locaux dans le cadre de leur prise de fonction. Cette démarche rentre dans le cadre de l’INDH (Initiative nationale de développement humain). Généralement, l’accompagnement porte sur des actions de sensibilisation sur la bonne gouvernance, à savoir comment mener un projet structurant, mettre en place une stratégie, établir des budgets… C’est important car des responsables communaux bien formés prendront plus facilement des décisions en connaissance de cause. Le temps d’un élu qui ignore tout du fonctionnement des institutions est dépassé. Il doit être mieux outillé pour parler au nom de la collectivité. La formation participe à l’instauration des principes de bonne gouvernance. Un élu bien formé pourra participer convenablement à la gestion des affaires publiques et prendre des décisions en toute connaissance de cause.

Le développement personnel n’est pas en reste. Dans ce cadre, il arrive qu’on travaille l’image de soi. De plus en plus, les élus recourent à des outils modernes pour corriger l’expression orale et physique. Pourquoi ? Manque de soi, confiance en soi, manque d’assurance, timidité…c’est ce qu’éprouvent généralement ces personnes compte tenu qu’ils sont amenés à entretenir diverses relations que ce soit avec les citoyens, les médias, les institutions…
Les élus ont recours également au coaching. L’attitude exemplaire, la finesse de la communication sur le fond comme sur la forme, la maîtrise des émotions et l’équilibre dans le jeu relationnel sont autant de paramètres qui leur permettent de s’affirmer aux yeux de leurs collaborateurs. Ce sont des pratiques qui s’installent de plus en plus. Il arrive que certains maires ou des présidents de commune recourent à des actions de coaching, mais à titre collectif, pour permettre une meilleure cohésion des groupes.

Toute cette dynamique peut s’expliquer par le fait qu’il y a des similitudes entre les managers du privé et les élus : ils ont toujours des objectifs à atteindre, des clients/citoyens à servir, une gouvernance à prendre en compte, des ressources humaines à diriger et à mobiliser et puis une éthique et des valeurs à mettre en œuvre. De plus, les enjeux de performance et parfois même de compétition locale existent, aussi bien dans le public que dans le privé.
Sous les pressions politiques de réforme et les pressions économiques en matière de restrictions budgétaires, les exigences de la globalisation et les pressions de la libéralisation, la nécessité de transparence et les contraintes de rendre des comptes, les élus sont aussi interpellés et sont amenés à créer de plus en plus de valeur pour le public. Comme dans le privé, les élus locaux n’ont plus d’autres choix que l’efficience, la performance et l’innovation.